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Bukama sous tension : « Ensemble pour la République » exige une Commission d’enquête parlementaire après de graves allégations contre les FARDC
Le Groupe parlementaire Ensemble, conduit par Christian Mwando Nsimba Kabulo, a officiellement saisi, ce mercredi 14 janvier 2026, le président de l’Assemblée nationale afin d’obtenir la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences survenues à Bukama, dans la province du Haut-Lomami.
Des événements meurtriers au quartier Kisanga Bioni
Les faits remontent à 3 jours plus tôt, dans le quartier Kisanga Bioni, où des troubles d’une rare gravité ont été signalés. Selon les informations relayées par le Groupe Ensemble, une dizaine de civils auraient trouvé la mort, plusieurs autres auraient été grièvement blessés, tandis que des centaines de personnes auraient été arrêtées de manière arbitraire lors d’opérations menées par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Des versions contradictoires, la vérité attendue
Ces allégations contrastent fortement avec les versions officielles avancées par certaines autorités, alimentant un climat de confusion et de suspicion autour des événements. Pour le Groupe parlementaire Ensemble, seule une enquête indépendante et parlementaire est à même d’établir les responsabilités, de faire toute la lumière sur les faits et de garantir que justice soit rendue aux victimes.
Un appel à la responsabilité de l’État
En saisissant le président de l’Assemblée nationale, Ensemble entend rappeler le rôle de contrôle du Parlement et interpeller l’État sur son obligation de protéger les populations civiles, y compris dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre. La création d’une commission d’enquête apparaît ainsi comme un test majeur pour la crédibilité des institutions et le respect des droits humains en République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Affaire des « Enfants chilleurs »: “Je suis choqué”, le prévenu Philémon Mambabwa rejette les accusations de Mushobekwa et crée le doute
La 7ème audience de l’affaire des « Enfants chilleurs » a été marquée, ce jeudi 9 avril, par la prise de parole de Philémon Mambabwa, qui a d’emblée affiché son indignation face aux accusations portées contre lui. Devant la cour, ce haut cadre de l’ANR s’est dit « choqué » par les faits qui lui sont reprochés, notamment la séquestration et les violences présumées sur les enfants Mushobekwa.
Selon lui, ces accusations ne reflètent en rien la réalité de la situation vécue cette nuit-là.

Une version des faits contestée
Revenant sur le déroulement des événements, Philémon Mambabwa affirme avoir simplement demandé que les jeunes garçons soient conduits à la guérite en attendant leurs parents. Il explique avoir été surpris de recevoir, peu après, des appels de certaines autorités l’accusant de séquestration, alors même que la mère des enfants n’était pas encore arrivée sur place.
Dans ce contexte, il indique avoir contacté John Kanyoni Nsana, présenté comme un proche de la famille Mushobekwa, afin de lui exposer sa version. Il rejette catégoriquement toute tentative d’arrangement à l’amiable, qualifiant les affirmations de la partie civile de « fausses ».
La question sensible des violences
L’un des points centraux du débat a porté sur les événements survenus au cours de la nuit. Le prévenu affirme avoir découvert plusieurs jeunes dans sa résidence, y compris dans les espaces privés de ses filles. Face à cette intrusion, il dit avoir demandé à ses policiers de « maîtriser » les concernés.
Un terme qui a suscité de vifs échanges à l’audience. Mambabwa insiste : « Il ne s’agissait pas de recourir à la violence, mais d’empêcher toute fuite, certains jeunes ayant opposé de la résistance ».
Il nie toute responsabilité dans les blessures évoquées, allant jusqu’à suggérer que certains jeunes étaient dans un état d’ivresse avant leur arrivée.
Une gestion “familiale” de la situation ?
Se présentant comme un père de famille confronté à une intrusion nocturne, Philémon Mambabwa soutient n’avoir ni frappé les enfants ni donné l’ordre de le faire. Il affirme que la situation a été gérée avec retenue.
Il ajoute avoir reçu la mère des enfants le lendemain matin dans un climat apaisé, sans incident notable, les échanges s’étant déroulés de manière cordiale dans sa résidence.
Sur fond de ces explications, l’audience a mis en évidence plusieurs divergences entre les versions de la défense et celles de la partie civile.
Pour tenter d’éclaircir ces zones d’ombre, la cour attend désormais des témoignages jugés déterminants. Parmi eux : John Kanyoni Nsana, ainsi que Sakina, amie de la fille Mambabwa, et Claudian, le fils Mushobekwa, tous absents lors de cette dernière audience.
Leurs dépositions pourraient s’avérer décisives dans une affaire qui continue de captiver l’attention judiciaire et publique.
Dorcas Mwavita/CONGOPROFOND.NET
