Diplomatie
Bruxelles : F. Tshisekedi plaide pour une coopération stratégique et un appui ferme de l’UE face à l’agression dans l’Est de la RDC
En marge de la 2ᵉ édition du Global Gateway Forum, à Bruxelles, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est entretenu avec Mme Ursula von der Leyen, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, autour d’une coopération stratégique axée sur la paix et la sécurité.

Cette rencontre intervient dans un contexte de tension accrue dans la région des Grands Lacs, alors que la République Démocratique du Congo s’apprête à siéger au Conseil de sécurité des Nations Unies comme membre non permanent pour la période 2026–2027. « Notre élection au Conseil de sécurité est une responsabilité que nous assumons avec gravité et détermination. Nous entendons y porter une voix africaine exigeante, lucide et constructive », a déclaré le Chef de l’État.
Le président Tshisekedi a réaffirmé la volonté de la RDC de compter sur le soutien politique et diplomatique de l’Union européenne, tant dans les efforts de paix en cours que dans la coordination des positions multilatérales face aux menaces à la sécurité collective.
Parmi les attentes exprimées figurent l’adoption de sanctions ciblées non seulement contre des individus, mais aussi contre des entités économiques et logistiques impliquées dans l’agression armée à l’Est du pays.
Le Chef de l’État a rappelé que plusieurs localités congolaises, dont Goma, Sake, Masisi, Rutshuru et Kalehe, demeurent occupées par le M23, un mouvement soutenu par un État voisin, en violation de la résolution 2773 du Conseil de sécurité. « Nous attendons de l’Union européenne une position claire et ferme, alignée sur les principes de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’un appui diplomatique fort aux processus de Lomé, Doha et Washington », a insisté le Président Tshisekedi.

Face à la plus grave crise de déplacements internes en Afrique, avec plus de 7 millions de déplacés, le Chef de l’État a plaidé pour une réponse humanitaire d’urgence. Il a dénoncé le blocage des aides consécutif à la fermeture des aéroports de Goma et Bukavu, appelant l’Union européenne à exiger leur réouverture immédiate, conformément aux engagements pris dans la résolution 2773 et les sommets régionaux.
Le président Tshisekedi a également exhorté l’Union européenne à soutenir l’activation rapide des couloirs humanitaires, en coordination avec les Nations Unies et la Croix-Rouge, et à appuyer les mécanismes de libération humanitaire et d’échange de prisonniers convenus dans les cadres de médiation régionaux.
Enfin, le Chef de l’État a évoqué la réforme en profondeur des Forces armées de la RDC, amorcée depuis 2024 pour en faire une armée républicaine, professionnelle et respectueuse des droits humains. « Nous saluons la coopération européenne déjà engagée, notamment à travers la formation des militaires à Kindu, et souhaitons l’amplifier. Nous appelons l’Union européenne à soutenir davantage cette réforme dans un cadre structuré, coordonné et conforme aux normes internationales », a conclu le Président Félix Tshisekedi.
Tchèques Bukasa
À la Une
8 mars 2026 : Bruno Lemarquis appelle à faire des droits des femmes une réalité en RDC
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars 2026, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo, Bruno Lemarquis, a lancé un appel pressant en faveur d’une action concrète pour garantir les droits des femmes et des filles. Placée sous le thème mondial « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et les filles », cette journée rappelle que l’égalité entre les sexes constitue non seulement un droit fondamental, mais aussi une condition essentielle pour bâtir une paix durable.
En RDC, la célébration se décline autour du thème national « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et filles ». Pour Bruno Lemarquis, ce choix reflète la réalité d’un pays où les femmes et les filles continuent de payer un lourd tribut aux conflits, aux violences et aux déplacements forcés. Il a insisté sur le fait que les droits des femmes ne peuvent être ni négociés ni relativisés et doivent être respectés, protégés et pleinement réalisés dans tous les domaines de la vie.
Le responsable onusien a également rappelé que de nombreuses femmes demeurent confrontées aux violences basées sur le genre, aux discriminations et aux difficultés d’accès à la justice et aux opportunités économiques. Dans ce contexte, le Système des Nations Unies appuie plusieurs initiatives en partenariat avec le gouvernement congolais, notamment le renforcement de la Commission nationale des droits de l’homme, la prise en charge multisectorielle des survivantes de violences, ainsi que l’organisation de cliniques juridiques et d’audiences foraines destinées à lutter contre l’impunité.
Enfin, l’autonomisation économique des femmes constitue un axe majeur de cette action. Selon Bruno Lemarquis, plus de 100 000 femmes ont déjà bénéficié de formations aux techniques agricoles améliorées et plus de 10 000 Associations villageoises d’épargne et de crédit ont été mises en place pour favoriser leur accès aux ressources financières. En cette Journée internationale des droits des femmes, il a appelé l’ensemble des acteurs – gouvernement, partenaires, société civile et communautés – à unir leurs efforts afin de garantir que chaque femme et chaque fille puisse vivre dans la dignité, la sécurité et l’égalité.
Benjamin Kapajika/CONGOPROFOND.NET
