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Bahati à Kimbuta : » Nous sommes des privilégiés de la République, nous devons être les derniers à nous plaindre… «
Au cours de la plénière de ce lundi 17 avril à la chambre haute du parlement, le sénateur André Kimbuta Yango a soumis une motion au président du sénat séance tenante au sujet du non paiement de leurs salaires.
En effet, l’ex gouverneur de la ville province de Kinshasa a déclaré : «Nous tendons vers le 2èmes mois sans salaire. S’il arrive qu’au courant de ce mois nous percevons un seul mois de salaire, nous n’aurons rien en mains car nous avons des crédits bancaires».
Une information qui a poussé ses collègues à réagir spontanément en lui disant que c’était un problème à gérer à huis-clos. Cependant, c’était sans compter avec le franc-parler du sénateur Kimbuta qui a répliqué en affirmant : « Vous vous êtes tous plaint à ce sujet et là vous ne voulez pas que j’en parle durant la plénière ? Pourquoi vous avez peur ? Il n’y a rien de secret à cacher… »
En guise réponse, le président du sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a fait savoir que le problème d’impaiement ne concerne pas seulement les sénateurs mais aussi les députés, les ministres et tous les fonctionnaires de l’Etat. » La population considère les sénateurs, ministres et députés comme les personnes les mieux payées de la République. Donc des privilégiés. Si nous devons nous plaindre, nous devons être les derniers à le faire ! », a conclu le speaker du sénat.
Benjamin Kapajika/CONGOPROFOND.NET
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Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
