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Avortement sécurisé : « Amour Afrique Congo » éclaire les journalistes
Dans le but de briser les obstacles qui rendent la mise en œuvre les services d’avortement sécurisé inaccessibles en République démocratique du Congo, la plateforme « Amour Afrique Congo » a organisé deux jours d’atalier, soit du 17 au 18 mars 2021, en faveur des journalistes. Objectif : permettre aux chevaliers du micro et de la plume de mieux vulgariser sur le droit d’avortement sécurisé.
À cet effet, l’atelier organisé par « Amour Afrique Congo » dans son siège situé au quartier GB/Diplomate dans la commune de Ngaliema, a réuni près 20 Journalistes, médecins et bloggeurs avec comme objectifs, comprendre l’ampleur de l’avortement sécurisé en RDC et les concepts des soins complets d’avortement ; présenter le cadre légal national, région et international sur les soins de santé de reproduction (SSR) et tout particulièrement du Protocole de Maputo et ses avancées ; améliorer la communication des journalistes sur l’avortement…
Dans le but également d’éviter les avortements clandestins qui sont à la base de plusieurs décès maternels, « Amour Afrique Congo » veut pousser les preneurs de décisions à rendre accessible le protocole de Maputo dont la RDC est signataire, mais également adhérente.
Pendant deux jours, le coordonnateur Don Momat, la formatrice Asina Kalasa ainsi que d’autres membres d’Amour Afrique Congo ont montré aux journalistes les techniques de communication en droit à la santé sexuelle et reproductive. Et cela, dans le but de contribuer au respect et à l’application de l’article 14 du Protocole de Maputo en RDC qui, depuis qu’il a été publié au journal officiel, souffre en application.
Il faut noter que le protocole à la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo) est le principal instrument juridique de protection des droits femmes et des filles. Il garantit de façon spécifique, en son article 14, le droit a la santé et au contrôle des fonctions de reproduction.
Les droits des femmes à la sante sexuelle et reproductive comprennent notamment : le droit pour elles d’exercer un contrôle sur leur fécondité ; le droit de décider de leur maternité ; du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances; le droit de choisir librement une méthode de contraception ainsi que le droit à l’éducation sur la planification familiale.
A l’Alinéa 2 (c) de l’Article 14, le Protocole de Maputo engage les États – parties à prendre toutes les mesures appropriées pour protéger » les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère et du fœtus ».
Il est important de relever que le Protocole de Maputo est le tout premier traité à reconnaître l’avortement, dans certaines conditions, comme un droit humain des femmes, dont elles devraient jouir, sans restrictions ni crainte de poursuites judiciaires.
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
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Exclu pour avoir défié Jacquemain Shabani : Lady Yangotikala, le député qui prive le VPM de sommeil
L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple. L’Honorable Lady Yangotikala Senga, élu de Kisangani sous les couleurs du regroupement AB, a été frappée le 1er avril 2026 d’une exclusion temporaire pour “dérogation à la règle de solidarité” au sein de l’Union sacrée. Son crime ? Avoir simplement exigé du Vice-Premier Ministre Jacquemain Shabani Lukoo qu’il assume son devoir de protection envers les électeurs de la circonscription PR 05.
Une requête aussi légitime que dérangeante, qui a visiblement troublé les nuits du patron de l’Intérieur et de la Sécurité. Mais loin de plier sous le poids de la sanction disciplinaire, le député de la Tshopo l’a reçue avec la sérénité des justes, prenant acte de cette mise au ban sans en reconnaître le fondement. Dans une déclaration empreinte d’une ironie mordante, l’élu a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères… au Président du Sénat, Sama Lukonde.
“Je le remercie de m’avoir permis d’être libre d’exercer mon pouvoir constitutionnel de contrôle”, a-t-il sobrement fait savoir. Un rappel cinglant du principe fondamental de la séparation des pouvoirs et de l’immunité d’action parlementaire. Lady Yangotikala n’a violé ni la Constitution ni le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il le martèle avec force. Il n’a fait que tendre le micro des sans-voix de Kisangani vers les oreilles d’un membre du gouvernement sourd aux grondements de l’insécurité.
Cette exclusion révèle au grand jour l’inconfort grandissant d’un exécutif allergique à la moindre question gênante, préférant museler ses propres élus plutôt que de répondre de ses actes. En assumant cette exclusion comme un brevet de liberté, Lady Yangotikala Senga s’impose désormais comme un symbole d’intrépidité. Là où les calculs politiciens du Regroupement AB espéraient éteindre une voix critique, ils ont allumé un contre-feu médiatique dont Jacquemain Shabani aura bien du mal à se dépêtrer.
Pendant que le VPM Jacquemain Shabani Lukoo cherche un sommeil qu’on devine agité, l’intrépide député de Kisangani Lady Yangotikala continue de veiller. Cette affaire rappelle cruellement que sous la coupole du Palais du Peuple, il est encore permis de préférer la défense de sa population aux soubresauts disciplinaires d’un présidium aux abois.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
