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Assassinat de Lumumba : La promesse de vérité de Jonas Mukamba toujours en suspens !
Avec l’inhumation officielle de la relique de Patrice Emery Lumumba, une étape symbolique majeure de l’histoire congolaise a été franchie. Pour la première fois depuis son assassinat le 17 janvier 1961, le héros de l’indépendance dispose d’un lieu de recueillement reconnu par l’État. Mais cette sépulture, si elle apaise partiellement la mémoire nationale, ravive aussi une exigence longtemps différée : celle de la vérité.

Une promesse publique, jamais démentie
Au cœur de cette attente figure une déclaration restée gravée dans les archives médiatiques. Jonas Mukamba Kadiata Nzemba, dernier témoin vivant direct du transfert de Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito vers Lubumbashi, avait affirmé publiquement, au micro de Christian Lusakueno sur Top Congo FM, qu’il parlerait « après l’enterrement de Lumumba ». Une promesse claire, solennelle, jamais rétractée.
Un témoin clé de la dernière trajectoire
Jonas Mukamba reconnaît avoir été à bord de l’avion ayant transporté les trois leaders nationalistes le 16 janvier 1961. Il a évoqué les conditions du voyage, les prisonniers aux yeux bandés, les violences subies, le changement inexpliqué de destination et l’arrivée à Lubumbashi sous l’autorité du pouvoir sécessionniste katangais. Ces éléments font de lui un détenteur d’informations cruciales pour reconstituer la chaîne des faits.
Responsabilité morale, non pénale
Aucune juridiction congolaise n’a condamné Jonas Mukamba pour l’assassinat de Lumumba. La présomption d’innocence demeure entière. Mais l’enjeu aujourd’hui n’est pas judiciaire : il est historique, moral et mémoriel. Détenir une part décisive de vérité sur un crime fondateur de la nation impose une obligation de parole envers le peuple congolais.
La sépulture comme déclencheur de vérité
L’argument avancé par Mukamba ( le respect dû à l’esprit de Lumumba tant qu’il n’était pas enterré ) ne tient plus. La promesse est désormais arrivée à échéance. Le silence prolongé risquerait d’être perçu comme un renoncement, voire comme une fracture supplémentaire dans la mémoire nationale déjà meurtrie par six décennies d’opacité.
Chose promise, chose due
Pour l’activiste et penseur Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé, activiste, l’histoire du Congo ne peut se satisfaire de symboles sans vérité. » Lumumba est enterré, mais la nation attend encore la parole annoncée. En honorant son engagement, Jonas Mukamba contribuerait non pas à se juger lui-même, mais à éclairer une page essentielle de l’histoire congolaise. Car sans vérité partagée, il n’y a ni justice mémorielle, ni réconciliation durable », a conclu ce Notable de Madimba.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Kinshasa : Un policier abattu à Masina, un militaire de la Garde Républicaine devant la justice
Une audience publique s’est tenue ce mardi 10 mars 2026 à Kinshasa dans l’affaire du décès du policier Ngetadidi Juslain, connu sous le surnom de « Me Rouge ». L’agent avait été tué le 14 février 2026 alors qu’il était en service au sous-commissariat Révolution, situé dans la commune de Kimbanseke.
Le principal prévenu dans ce dossier est Kaseba Katembwe, un militaire appartenant à la Garde Républicaine, poursuivi notamment pour meurtre.

Une affaire liée au vol présumé d’une moto
D’après les éléments présentés par la partie civile, les faits remonteraient au 13 février 2026. Ce jour-là, l’accusé aurait participé au vol d’une moto en compagnie de son ami Félicien Itani, également militaire.
Le lendemain, 14 février, ce dernier aurait été arrêté par les policiers du sous-commissariat Révolution et placé au cachot.
Une altercation qui tourne au drame
Toujours selon la partie civile, Kaseba Katembwe se serait ensuite rendu au poste de police afin d’exiger la libération immédiate de son ami. Une vive altercation aurait alors éclaté avec le policier Ngetadidi Juslain.
Au cours de cet échange tendu, le militaire aurait sorti son arme et tiré à bout portant sur l’agent, avant de procéder à la libération de son ami détenu.
Une tentative de manipulation de l’information
Après les faits, les deux hommes auraient transporté la victime vers l’hôpital Sino-Congolais. Parallèlement, ils auraient diffusé une information erronée présentant le policier comme un criminel, selon les déclarations rapportées par la partie civile.
Un suspect arrêté, un autre toujours recherché

Arrêté le 17 février pour meurtre et vol de moto, Kaseba Katembwe aurait été formellement reconnu par le plaignant du vol de moto. Ce dernier a expliqué devant le tribunal les circonstances dans lesquelles les deux militaires lui auraient ravi son engin. Quant à son présumé complice Félicien Itani, il serait actuellement porté disparu. Le tribunal a exigé sa comparution afin d’éclairer davantage les circonstances de cette affaire.
L’instruction se poursuit et le dossier reste en examen devant la justice.
Glody Bukasa/CONGOPROFOND.NET
