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65 ans de la commémoration de Lumumba : une cérémonie sans faste, loin de la tradition qui a marqué des décennies
Ce samedi 17 janvier 2026 a marqué les 65 ans de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba et de ses compagnons à Tshitalambo, près d’Élisabethville — aujourd’hui Lubumbashi — le 17 janvier 1961. Une mort épique, héroïque et tragique d’un jeune Sankurois du clan Onalua Esaïe Okitasombo Tasumbu, devenu mondialement connu sous le nom de Patrice Emery Lumumba.
Depuis 1966, année où son ancien élève, le président Mobutu, le déclare Héros national le 30 juin, cette date devient fériée. Plus tard, sous Laurent-Désiré Kabila, un autre lumumbiste arrivé au pouvoir, le 17 janvier prend une dimension de souvenir, de méditation et de célébration du plus grand héros africain, selon les mots de l’écrivain centrafricain Mambote dans Chant funèbre pour un héros d’Afrique, ou encore d’Aimé Césaire dans Une Saison au Congo.
Pendant des décennies, cette journée fut marquée par des cérémonies d’envergure, réunissant les hautes personnalités du pays à la Place Échangeur de Limete.
Mais cette année, la commémoration s’est déroulée sans faste, sans fanfare, presque en marge.

Peu de membres du gouvernement ont pris part à la cérémonie, à l’exception notable de Yolande Elebe, ministre de la Culture et des Arts. La célébration semble avoir été portée principalement par les enfants de Lumumba, quelques petits-fils, ainsi que des membres du Palu et de l’Association des Akantsu Anamongo (A.A.A.).
Un haut dignitaire de cette association n’a pas caché son amertume :
« Nous sommes ici à Limete. Cette cérémonie avait autrefois de l’ampleur. C’est une injure au combat de Lumumba. »
Même son de cloche du côté du PALU.
Aile Mayobo lâche, désolé :
« C’est comme si l’on veut effacer le combat de Lumumba. »
La cérémonie a également été marquée par des tensions internes entre les ailes Mayobo et Mazenga du Palu, chacune revendiquant la légitimité de l’héritage politique transmis par Gizenga, lui-même présenté comme le dépositaire des arcanes de Lumumba.
À noter qu’en 2025, la famille Lumumba avait refusé de participer à la cérémonie officielle, réclamant des éclaircissements sur le procès de la dent de Lumumba, présentée à l’Échangeur. Une forte pluie avait alors interrompu toute activité, donnant une impression de rupture avec la tradition.
Cette année encore, la froideur persiste :
aucune cérémonie officielle à la hauteur de la grandeur du combat de Lumumba n’a été organisée, laissant un goût d’abandon pour beaucoup de ceux qui continuent de porter sa mémoire vivante.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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Ebola en RDC : Félix Tshisekedi convoque une réunion de crise face à une nouvelle souche inquiétante
Face à la résurgence de la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé dans la nuit du lundi 18 mai une réunion de crise à sa résidence du Mont Ngaliema. Autour du Chef de l’État étaient réunis la Première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministres sectoriels ainsi que le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe.
Au cours de cette rencontre d’urgence, le Président de la République a reçu le rapport préliminaire du ministre de la Santé publique, le Dr Roger Kamba, fraîchement revenu de la province de l’Ituri, considérée comme l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. Selon les autorités sanitaires, six zones de santé sont actuellement touchées : Mongbwalu et Rwampara, principaux foyers de l’épidémie en Ituri, ainsi que Bunia et Nyankunde dans la même province. Au Nord-Kivu, les zones de Butembo-Katwa et de Goma sont également concernées.
Le rapport présenté au Chef de l’État fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les différentes zones affectées. Toutefois, le ministre de la Santé a tenu à préciser que ces décès restent pour l’instant “suspects”, des investigations étant toujours en cours afin de déterminer lesquels sont effectivement liés au virus Ebola. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein des autorités sanitaires congolaises, alors que les populations locales redoutent une propagation rapide de la maladie.
Face à l’urgence, le Président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour contenir la pandémie et interrompre la chaîne de transmission. Le Chef de l’État a notamment insisté sur le renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées, tout en appelant la population au calme et au strict respect des mesures barrières afin d’éviter une aggravation de la situation.
De son côté, le directeur général de l’INRB, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a révélé que le séquençage complet du génome viral confirme la présence d’une variante Bundibugyo, génétiquement distincte des précédentes épidémies de 2007 et 2012. Selon l’épidémiologiste, cette souche proviendrait directement d’un réservoir animal et ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique approuvé. Le célèbre virologue congolais a été chargé d’activer sans délai le protocole médical qui avait permis à la RDC de juguler les précédentes flambées d’Ebola.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
