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Analyses et points de vue

Arrestation de FARDC à Komanda – Un coup de filet ou une énième déviation ?

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Le jeudi 18 juillet 2024, un événement marquant s’est déroulé à Komanda, dans la province d’Ituri, où plusieurs membres des Forces Armées de la RD Congo ont été arrêtés. Accusés d’avoir orchestré un vol à main armée dans cette région déjà en proie à l’insécurité, ces soldats soulèvent des questions cruciales sur l’état de la sécurité et de la justice dans une province souvent désignée comme un foyer de violence.

La province d’Ituri, et plus particulièrement le territoire d’Irumu, est depuis des années le théâtre de conflits armés et d’actes de banditisme. Les incursions répétées de groupes armés terrorisent la population et créent un climat d’angoisse. Dans ce contexte, l’annonce de l’arrestation de membres des FARDC pourrait être perçue comme un signe d’espoir.

Les services de sécurité semblent enfin vouloir faire preuve de rigueur face à une situation qui s’est souvent caractérisée par l’impunité. La population de Komanda, fatiguée par des mois de violence et de vols, a salué cette intervention des forces de sécurité. Toutefois, cet enthousiasme est teinté d’un certain scepticisme.

Les citoyens se demandent si ces arrestations ne sont pas qu’un coup de communication, une manière de masquer l’inefficacité chronique des institutions militaires et policières. Pour beaucoup, il est difficile de croire que ceux qui sont censés protéger la population sont devenus les prédateurs de cette même population.

L’arrestation de ces soldats met en lumière une réalité troublante : celle de l’armée nationale, censée être le rempart contre l’insécurité, qui se retrouve impliquée dans des actes criminels. Ce paradoxe soulève des questions sur la formation, la discipline et le moral des troupes. Comment une institution qui devrait incarner l’ordre et la protection peut-elle sombrer dans la délinquance ?

Une réflexion profonde s’impose sur les conditions de travail des FARDC, souvent sous-payés et mal équipés, qui peuvent ainsi se trouver dans des situations de désespoir. Cette affaire doit servir de catalyseur pour une réévaluation des stratégies de sécurité en Ituri. Les autorités doivent non seulement renforcer les mécanismes de contrôle interne au sein des FARDC, mais aussi s’attaquer aux racines des problèmes de sécurité.

Cela inclut une lutte contre la corruption, le renforcement de la confiance citoyenne envers les forces de sécurité et l’amélioration des conditions de vie des militaires. L’arrestation de membres des FARDC à Komanda est un événement révélateur des défis auxquels fait face la République Démocratique du Congo, et plus particulièrement la province d’Ituri.

Si ce coup de filet est une avancée, il ne doit pas être perçu comme un aboutissement. Au contraire, il doit inciter à une réflexion profonde et à des actions concrètes pour restaurer la confiance entre la population et ses protecteurs, et garantir que la sécurité ne soit pas un luxe, mais un droit fondamental pour tous les Congolais.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

RDC : Quid de la réinsertion familiale et la protection des enfants ? (Par Zagor Mukoko Sanda)

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Le profil social de Kinshasa est caractérisé par la pauvreté, les inégalités, les disparités dans les conditions de vie entre les différentes couches de la population. Dans la Ville de Kinshasa, on compte plusieurs catégories de groupes vulnérables : enfants et femmes en situation difficile, personnes du troisième Age, personnes vivant avec le VIH, personnes avec handicap, déplacés, malades mentaux, les personnes victimes de sinistres et calamités naturelles.

Les activités dans ce secteur sont assurées par le Ministère des Affaires sociales, en partenariat avec les Organisations non gouvernementales avec l’appui des organisations humanitaires internationales. Ces activités visent principalement l’assistance sociale, la récupération, la réinsertion socio-professionnelle.

En optant pour l’accompagnement des acteurs sociaux dans le travail social , le CEPEF s’est orienté principalement dans l’analyse des phénomènes sociaux et des pratiques professionnelles ,la vulgarisation des normes et standards de prise en charge des enfants en situation difficile et les activités de renforcement des capacités des acteurs sociaux dans le domaine de réinsertion et la protection des droits des enfants et leurs familles dont certaines ont élues domicile dans la rue.

CEPEF, structure de réflexion pour des pratiques innovantes

Il faut noter que le CEPEF est une organisation non gouvernementale initiée par les Chercheurs, les Experts en travail social qui œuvrent pour la promotion des droits et la protection de l’enfant et de la famille et la réinsertion socioéconomique des enfants et jeunes de la rue.

Le CEPEF a pour ambition de faire le point sur les savoirs et des pratiques professionnelles du travail social au profit de ses bénéficiaires. Il se focalise sur les rôles et les fonctions des travailleurs sociaux dans les structures publiques et dans celles du mouvement associatif congolais. Le CEPEF s’appuie sur les réalisations professionnelles dans une perspective actualisée qui permet d’entrevoir ce qui est effectivement reconduit aujourd’hui et ce qu’il faut impérativement faire advenir demain pour une coresponsabilité dans la protection de l’enfant dans la société.

Le Processus de Réinsertion

Un des objectifs du CEPEF est, d’une part, de renforcer les compétences de l’acteur social à mieux accompagner l’enfant en rupture familiale à s’intégrer réellement dans la société et rétablir la relation entre cet enfant et dans sa famille grâce au processus de réinsertion « IDMRS » à travers la scolarisation, l’intégration des enfants dans les différents mouvements de jeunesse.

A propos de l’aspect « rétablir la relation entre l’enfant et la famille « , il importe de faire remarquer qu’il renvoie au départ de la relation entre l’enfant et l’éducateur social ou l’assistant social. Le premier contact avec l’enfant, selon les acteurs sociaux, est très déterminant car il peut favoriser la réussite du processus en cas d’acceptation mutuelle. Pour parvenir l’acteur social utilise ses techniques professionnelles de base marquées par sa disponibilité à savoir : l’observation, l’entretien et l’écoute. Grace à l’identification de l’enfant, le travailleur social prend connaissance de l’enfant puisque ce dernier est appelé à décliner son identité, celle de ses parents, ses ambitions et son problème.

Par les enquêtes sociales, l’acteur social prend connaissance de la famille biologique ou élargie, jauge la possibilité de réunification familiale, établit un contact direct avec la famille, cherche l’implication effective de la famille au projet de réinsertion à court ou long terme de l’enfant.

Le processus de réinsertion demande beaucoup des moyens humains, matériels et psychologiques. Chaque enfant est un cas qui demande des moyens selon la gravité de sa situation car chaque enfant à son histoire spécifique.

Suivi psychologique pour les violences

Les cas les plus difficiles pour l’aboutissement de la réinsertion sont dans l’accompagnement psychosocial des enfants victimes des violences psychologiques, verbales ou physiques. L’apport des psychologues cliniciens est très déterminant pour redonner la confiance en soi annulée. L e CEPEF s’appuie l’expertise de l’équipe des psychologues cliniciens sous la responsabilité de la Sœur Professeur Jacky BUKAKA PhD et de la CT Etiennette Mukwanga.

La formation continue ou le renforcement des capacités est très indiqué, gage d’un bon résultat dans la protection de l’enfant dans les centres d’hébergement du territoire.

Zagor Mukoko Sanda

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