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Appel au Président : Pour sauver le Secteur du Tourisme, John Katumba propose un Expert à la tête du Ministère

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Alors que la République démocratique du Congo multiplie les initiatives diplomatiques et les projets d’envergure (accord de paix RDC-Rwanda aux États-Unis, Corridor vert entre le Kivu et Kinshasa, Corridor de Lobito, autant de leviers potentiels de tourisme durable), le pays reste invisible sur la carte mondiale du tourisme.

Malgré des promesses politiques répétées, aucune stratégie cohérente ne permet aujourd’hui d’attirer massivement les visiteurs internationaux, selon l’expert congolais John Katumba, qui alerte sur l’urgence d’un virage technique dans la gouvernance du secteur. « Sans experts, la RDC ne vendra jamais son vrai visage. »

Un secteur miné par l’amateurisme politique

Depuis plusieurs années, le ministère du Tourisme a été confié à des collaborateurs politiques dénués d’expertise sectorielle, tournant essentiellement autour du Fonds de Promotion du Tourisme (FPT). Résultat : – la RDC reste à la traîne, incapable d’atteindre les performances de ses voisins :

– Afrique du Sud : 8 millions de touristes/an

– Kenya : 6 millions

– Ouganda : 4 millions

– Égypte : 16 millions

RDC : Aucune donnée significative, malgré les investissements

Les grands événements sectoriels (Salon International du Tourisme, Semaines Congolaises du Tourisme, Festivals divers) se soldent par des dépenses sans résultats. Les millions engagés n’ont pas conduit à une seule arrivée notable de touristes internationaux par les canaux gouvernementaux.

« Tant que la RDC ne vendra pas une image positive et cohérente d’elle-même, elle continuera de passer à côté de milliards en revenus touristiques », martèle Katumba.

Le problème : absence d’experts et de stratégie

Selon John Katumba, le vrai problème se trouve au sommet de l’État : aucune expertise en tourisme ni au ministère, ni à la primature, ni à la présidence. Pour lui, cette carence freine toute initiative sérieuse. « Le tourisme n’est pas un slogan : c’est une activité professionnelle avec des exigences claires ».

Dans les pays performants, les gouvernements coopèrent avec des tours-opérateurs internationaux, organisent des educ tours, labellisent des circuits touristiques et disposent d’un personnel formé en marketing touristique.

En RDC, malgré neuf parcs nationaux et 63 réserves naturelles, la richesse écologique et culturelle demeure sous-exploitée. Le manque de communication digitale, d’identité visuelle forte, de coordination entre ministères et surtout d’un site officiel cohérent empêche la construction d’une image touristique solide.

Des slogans creux, des millions perdus

John Katumba critique fermement les projets récents :

– Le slogan « RDC, Cœur d’Afrique », affiché notamment sur le site de l’AS Monaco, n’a aucun ancrage technique.

– Le projet « Explore DRC », pourtant doté de moyens importants, reste vide de contenu et sans impact visible.

– Le remplacement précipité de « Visit Congo » par des campagnes mal ficelées reflète une absence totale de stratégie nationale cohérente.

« Une identité touristique ne se copie pas, elle se construit avec méthode, compétences et vision », affirme l’expert.

Appel à la rupture : une révolution numérique et technique

John Katumba plaide pour une réforme structurelle du secteur :

– Intégration d’experts au sein des ministères.

– Création d’un site web officiel avec banque d’images de qualité.

– Labellisation des circuits touristiques par province.

– Coordination interinstitutionnelle.

– Digitalisation massive avec du matériel audiovisuel professionnel.

Un grand point de presse est en préparation, et Katumba entend rencontrer le Chef de l’État Félix Tshisekedi pour lui exposer directement sa démarche. « Ce pays ne peut pas continuer à gaspiller des millions dans le vide pendant que nos voisins engrangent des milliards en recettes touristiques », conclut-il.

 

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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