Liberté de la Presse
Agression à Gbadolite : La RTNC dénonce une attaque contre sa journaliste
Caroline Ndoba, Directrice provinciale de la RTNC/Gbadolite, a été violemment agressée ce samedi 29 novembre 2025 à Mwanda, un quartier situé à 5 km du centre-ville de Gbadolite, alors qu’elle couvrait les tensions liées à un accident tragique ayant coûté la vie à une fillette de cinq ans.
En pleine collecte de témoignages, la journaliste a été attaquée par des jeunes en colère, opposés à toute diffusion de l’information sur les ondes nationales. Elle a été grièvement blessée à la jambe et au dos et a perdu son téléphone professionnel ainsi qu’une somme de 350 000 francs congolais.

« Ils ont failli me casser la jambe. L’un d’eux a même levé sa machette. J’ai eu la vie sauve grâce à un autre groupe de jeunes de bonne foi », a-t-elle raconté.
La RTNC/Gbadolite condamne fermement cet acte et appelle les autorités provinciales et les organisations de protection des journalistes, dont JED, OLPA et CPJ, à intervenir pour garantir la sécurité de sa directrice et la liberté de la presse dans la région.
Cet incident met en lumière les tensions croissantes entre les médias et certaines communautés en RDC, où les journalistes sont de plus en plus exposés aux agressions pour leur travail d’information.
Blaise ABITA ETAMBE
À la Une
Désinformation, IA et Éducation numérique : Les nouveaux enjeux au cœur d’un sommet, du 30 au 31 mars, à Kinshasa
L’organisation indépendante de vérification des faits Eleza Fact a annoncé la tenue du tout premier sommet régional consacré à la lutte contre la désinformation en République démocratique du Congo.
Prévu les 30 et 31 mars 2026 à Kinshasa, cet événement majeur est coorganisé avec Afya Amani Grands-Lacs et le réseau FACTOSCOPE, autour du thème : « Repenser l’information, l’Intelligence Artificielle et l’Éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ».

Un contexte régional sous tension
Dans un contexte régional marqué par les conflits armés et les crises sanitaires, notamment en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, les organisateurs alertent sur le rôle amplificateur de la désinformation. Celle-ci contribue à attiser les tensions, fragiliser la cohésion sociale et entraver les efforts humanitaires.
À travers ce sommet, baptisé « Ukweli », les initiateurs entendent réunir près de 200 participants, dont des journalistes, experts, jeunes leaders, acteurs politiques et membres de la société civile, afin de construire une réponse collective face à ce phénomène.
Former, sensibiliser et responsabiliser

Selon Esdras Tsongo, directeur exécutif d’Eleza Fact, « en période de crise, la désinformation coûte des vies », soulignant la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de réponse face aux fausses informations.
Le sommet prévoit notamment des sessions de formation en fact-checking, l’usage responsable de l’intelligence artificielle, ainsi que la mise en place de campagnes de sensibilisation pour renforcer l’éducation aux médias et l’esprit critique des populations, en particulier des jeunes.
Une ambition régionale et stratégique

L’édition 2026 s’annonce ambitieuse avec 10 sessions thématiques, 10 panélistes internationaux et plus de 200 participants en présentiel, dont une cinquantaine venus de l’étranger, ainsi que la participation de plusieurs médias partenaires nationaux et internationaux.
À travers cette initiative, Eleza Fact et ses partenaires ambitionnent de faire de ce sommet un cadre stratégique pour restaurer la confiance dans l’information et renforcer la démocratie en RDC et dans toute la région des Grands Lacs.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net
