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Affaire « Mwant Jet » :  Le sort d’une centaine de familles entre les mains de la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete !

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Dans notre article du 08 avril dernier, nous nous sommes penchés sur les efforts fournis par l’Administrateur Provisoire de la Société MWANT JET Sarl et l’Associé Michael YAV, tendant à relancer les activités de ladite société. Nous avions noté que pour l’Administrateur Provisoire et l’Associé Michael YAV, Mwant Jet allait coute que coute reprendre ses activités à moins qu’il y ait une main noire qui empêche cette reprise.

Votre rédaction est entrée en possession d’un arrêt rendu par la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete, qui semble constituer un coup d’arrêt aux efforts tendant à relancer les activités de la Société MWANT JET Sarl.

En effet, par son arrêt rendu le 03 avril 2024 sous RCEA 264, la Cour d’Appel de Kinshasa /Matete a décidé de ne pas renouveler le mandat de l’Administrateur provisoire, Monsieur Jean-Pierre Pfingu, à la tête de la compagnie d’aviation Mwant Jet. Et pourtant, par son jugement rendu le 21 février 2024 sous RCE 2175 le Tribunal de Commerce de Kinshasa/Matete l’avait prorogé pour une durée supplémentaire de six mois.

Le juge d’Appel a estimé que le mandat de l’administrateur provisoire ne pouvait pas être renouvelé pour défaut de qualité. Il indique que son mandat avait déjà expiré étant donné que l’arrêt le désignant Administrateur Provisoire lui avait été signifié le 21 juillet 2023 et au 21 janvier 2024 il avait terminé son mandat de 6 mois.

Il ressort de la motivation de la Cour que la remise et reprise entre Monsieur Pfingu et son prédécesseur est intervenue en date du 03 aout 2023. Comment peut-on dans ce cas admettre que son mandat ait débuté le 21 juillet 2023 ? Comment pouvait-il débuter son mandat à partir de la signification de la décision alors qu’il n’avait pas encore le contrôle effectif de la Société ? Des questions qui, visiblement auraient échappé au juge d’Appel.

Pourquoi le premier juge (Tribunal de Commerce) avait-il prorogé le mandat de l’Administrateur Provisoire ?

Le juge du premier degré s’est basé sur les différents efforts réalisés par l’Administrateur Provisoire, et allant dans le sens de remettre la Société sur le rail en vue de la reprise de ses activités. Ceci, en dépit d’énormes difficultés rencontrées dans la réalisation de ses missions et tout en tenant compte des mesures qu’il comptait mettre en place.
Il a donc décidé de proroger le mandat de l’Administrateur provisoire.

En fait, pourquoi faut-il nécessairement un Administrateur provisoire à la tête de Mwant Jet ?

Depuis janvier 2022, des différends sont nés entre Gueda Yav Amani, Gérante de l’époque et associée détenant 60% du Capital social, et Michael Yav Tshikung, directeur financier et associé détenant 40% du capital social.

Au cœur de ce conflit, l’insistance de Michael Yav Tshikung qui demandait inlassablement l’audit des comptes de la Société depuis sa création et la mise en place des manuels de procédures de gestion, concernant notamment les entrées et les sorties de fonds de la société. Cette insistance lui a couté son licenciement de son poste de Directeur Financier.

Il faut noter que durant les trois ans de mandat de Gueda Yav comme gérante de MWANT JET Sarl, elle n’a convoqué aucune Assemblée Générale ordinaire qui est la seule instance compétente pour approuver les comptes sociaux de la Société.

Afin de sauvegarder les intérêts de la société, le Tribunal de Commerce de Kinshasa Matete, par son jugement RCE 1947 rendu en date du 21 février 2022, à la requête de Michael YAV TSHIKUNG, a décidé de mettre Mwant Jet sous administration provisoire.

Des sources proches du dossier confient que « Gueda Yav n’a cessé de multiplier les embûches pour éviter l’audit des comptes de la Société durant la période de sa gestion ».

En fait, il est question de savoir, comment a-t-elle géré la société ? Quelle a été la situation financière de la Société à ses débuts jusqu’à son dessaisissement intervenu le 31 mai 2022, date de la prise de fonction du Premier Administrateur Provisoire ?
Depuis plus de deux ans, les différents Administrateurs provisoires à la tête de Mwant Jet buttent sur la malice de l’associée Gueda YAV et ses appuis à différents niveaux, qui fait tout pour empêcher la réalisation effective de l’audit.

« Depuis que la Société est placée sous Administration Provisoire, les Administrateurs provisoires qui se sont succédés, n’ont jamais eu accès aux documents et registres comptables et administratifs de Mwant Jet. Gueda Yav les a tous dissipés. Elle n’a jamais fait des remises et reprises », glisse une autre source.

Sur cette question (de l’audit) pourtant essentielle, curieusement, la justice semble faire l’impasse ou passer outre. Comment cela s’explique ? Y aurait-il des interférences politico-judiciaires dans l’affaire Mwant Jet ? Comment expliquer que parfois les différentes instances judiciaires se contredisent sans s’appesantir sur le fond du dossier à savoir : l’audit des comptes et mettre tout en œuvre pour la relance des activités de cette société qui apportera certainement une bouffée d’oxygène dans le ciel congolais.

Au lieu de cela, Mwant Jet est contrainte d’aller de procédures en procédures. Le tout ressemble à une fuite en avant pour que la lumière sur la gestion de l’ancienne gérante ne soit jamais faite. A qui cela profite ? Dans l’appareil judiciaire et politique, qui aurait intérêt à ce que la gestion d’une entreprise d’aviation privée ne puisse être connue de l’un des associés ? Des questions légitimes qu’on pourrait se poser vu la longueur des procès et des procédures.

La convocation de l’assemblée générale et l’audit des comptes de la Société sont entre autres les missions confiées à l’Administrateur provisoire afin de faire le point et la lumière sur la gestion de l’entreprise et la relance, dans la mesure du possible, sur la bonne gouvernance de cette entreprise. L’administrateur provisoire travaille aussi dans le but de préserver les emplois desquels dépendent plusieurs familles des agents.

En fait, c’est à cette mission que l’Administrateur provisoire Jean-Pierre Pfingu et l’associé Michael Yav se sont investis pour relancer les activités de Mwant Jet.

En effet, depuis le départ de Gueda Yav de l’entreprise à la suite notamment de l’opacité dans sa gestion, aucun appareil de la compagnie n’était à Kinshasa et en mesure de voler. Dans la foulée, des conflits avec son associé, l’ancienne gérante a lancé une nouvelle compagnie d’aviation pour se mettre en concurrence avec Mwant Jet. Des sources proches de la RVA indiquent même qu’elle a résilié et ce, sans qualité, certains contrats de bail de Mwant Jet au profit de la compagnie We Airways créée en mai 2022.

Aujourd’hui, Mwant Jet, avec l’effort de l’Associé Michael Yav, au travers d’un crédit que ce dernier a obtenu d’une Banque Commerciale, a réussi à ramener l’un de deux avions abandonnés en Afrique du Sud par l’ancienne gérante.

Que chercherait-on à dissimuler ?

Depuis 2022, plusieurs forces travaillent pour empêcher la relance de Mwant Jet. La décision de la Cour d’appel irait-elle dans le sens d’entraver les efforts fournis par l’actuel Administrateur provisoire, dont la motivation est de remettre Mwant Jet sur les rails ?

En plus de travailler pour préserver les emplois des agents, l’Administrateur provisoire et l’associé Michael Yav ont permis à Mwant Jet de se mettre en conformité avec les normes édictées par l’Autorité de l’Aviation Civile. La société a obtenu le renouvellement de sa licence d’exploitation, désormais valable jusqu’en 2028.

La société est passée à la dernière phase en vue de sa certification par l’Autorité de l’Aviation civile afin d’obtenir son certificat de transporteur aérien (CTA). Une dynamique positive qui risque d’être anéantie du fait de l’arrêt de la Cour d’Appel de Kinshasa/ Matete qui n’aurait visiblement pas pris en compte ces acquis et réalisations de l’Administrateur provisoire.

Depuis le retour en date du 04 avril 2023 de l’avion Ambraer ERJ-145, immatriculé 9S-AYE, ce dernier est cloué au sol à Kinshasa à la suite des différentes saisies fantaisistes opérées par Gueda YAV. Et pourtant, l’équipe dirigeante actuelle l’a ramené dans l’optique de reprendre les activités.

L’appareil aura passé avec succès les différents tests et se trouve en état de reprendre les airs, ainsi qu’en témoigne le certificat de navigabilité renouvelé par l’Autorité de l’Aviation Civile.

A ce jour, l’Administrateur Provisoire a été accepté par l’Autorité de l’Aviation Civile comme dirigeant responsable de la Société MWANT JET Sarl. Du fait de la décision de la Cour d’Appel, non seulement que MWANT JET Sarl n’a plus de dirigeant responsable et non plus de dirigeant à sa tête, car la Cour d’Appel a créé un vide au sommet de la Société.

Tout porterait à croire que cette décision est la résultante des interférences politico-judiciaires des acteurs de l’ombre qui tireraient les ficelles pour profiter de la faillite de Mwant Jet Sarl afin de reprendre les acquis et actifs de la compagnie.

Les prochains jours sont décisifs pour Mwant Jet qui est déterminé à reprendre ses activités dans le secteur aérien, un secteur qui a besoin d’une entreprise qui a une expertise et qui a fait ses preuves.

Du développement ci-haut, nous sommes tentés de confirmer que l’arrêt de la Cour d’Appel voudrait mettre un coup d’arrêt aux efforts consentis par Mwant Jet et ainsi, saper le moral notamment des agents qui attendent la reprise des activités et des milliers des congolais qui peinent pour se déplacer d’un bout à l’autre de la République.

Espérons que d’éventuelles voies de recours à initier contre cette décision suicidaire rendue en défaveur de la Société , la sauveront ce cette espèce de complot qui ne dit pas son nom.

La destinée et le sort de la Société sont aujourd’hui entre les mains de la Justice. En fait, l’avenir de plusieurs familles en dépend.

Dorcas Ntumba/CONGOPROFOND.NET

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DIGI’TALK Douala 2026 : « L’Afrique doit passer de consommatrice à créatrice du digital », affirme Estelle Essame ( Interview exclusive )

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Fondatrice du magazine INNOV’TECH AFRICA et initiatrice de DIGI’TALK, plateforme stratégique dédiée aux acteurs du numérique, Estelle Essame œuvre à structurer et valoriser les écosystèmes technologiques africains. À la croisée des médias, du digital et du développement, elle porte une ambition claire : positionner l’Afrique comme un acteur crédible sur la scène technologique mondiale.

Dans cette interview exclusive accordée à CONGOPROFOND.NET, elle décrypte les enjeux de la transformation digitale et les ambitions de DIGI’TALK.

CONGOPROFOND.NET : On parle de plus en plus de transformation digitale dans le contexte africain. Selon vous, pourquoi ce sujet est-il devenu incontournable pour les entreprises ?

Estelle Essame : Parce que le monde n’attend plus. Aujourd’hui, une entreprise qui n’intègre pas le digital ne perd pas seulement en performance, elle perd en pertinence.

Mais au-delà de la compétitivité, il y a un enjeu encore plus profond en Afrique : le digital est un accélérateur de développement. Il permet de contourner certaines limites structurelles et d’ouvrir des marchés autrefois inaccessibles.

La vraie question n’est plus : “faut-il y aller ?”, mais “à quelle vitesse et avec quelle stratégie ?”.

CONGOPROFOND.NET : Quelle est la vision derrière l’organisation de DIGI’TALK ?

Estelle Essame : DIGI’TALK est né d’un besoin simple : créer des conversations utiles. Pas des panels passifs, mais des espaces d’échanges réels, où les participants se challengent et se connectent.

Ma vision est claire : transformer les discussions en opportunités, et les rencontres en collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi avoir choisi Douala comme ville hôte ?

Estelle Essame : Douala est un hub économique majeur en Afrique centrale. C’est une ville dynamique, portée par une forte culture entrepreneuriale et une concentration d’acteurs économiques clés.

Positionner DIGI’TALK à Douala, c’est s’ancrer au cœur de l’activité économique réelle.

CONGOPROFOND.NET : À qui s’adresse principalement cet événement ?

Estelle Essame : DIGI’TALK s’adresse à ceux qui font : entrepreneurs, décideurs, startups, professionnels du digital, investisseurs, mais aussi jeunes talents.

Ce qui nous intéresse, ce ne sont pas les profils, mais les dynamiques. Créer des ponts entre ces mondes, c’est là que se crée la vraie valeur.

CONGOPROFOND.NET : Quelles thématiques majeures seront abordées lors de cette édition ?

Estelle Essame : Nous avons choisi des thématiques à la fois tendances et stratégiques : la transformation digitale des entreprises, l’intelligence artificielle et les opportunités business dans le numérique.

Mais surtout, nous allons parler concret : cas réels, retours d’expérience et opportunités immédiates.

CONGOPROFOND.NET : Qu’est-ce qui distingue DIGI’TALK des autres rencontres sur le digital ?

Estelle Essame : Son positionnement hybride et orienté résultats. Ce n’est ni un événement institutionnel classique, ni une simple conférence.

C’est un format immersif, conçu pour favoriser des échanges directs, qualitatifs et stratégiques, avec un objectif clair : déboucher sur des collaborations concrètes.

CONGOPROFOND.NET : Quel impact concret attendez-vous pour les participants et les entreprises ?

Estelle Essame : DIGI’TALK doit générer des connexions stratégiques, faciliter l’accès à des opportunités business et accélérer la compréhension des enjeux digitaux.

Pour les entreprises, c’est un levier de veille et de développement. Pour les participants, un accès à des réseaux qualifiés et à des insights de haut niveau.

Notre objectif est clair : créer de la valeur tangible.

CONGOPROFOND.NET : Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui hésitent encore à amorcer leur transformation digitale ?

Estelle Essame : Le principal risque aujourd’hui, c’est l’inaction.

La transformation digitale doit être progressive, structurée et alignée sur les objectifs business. Il ne s’agit pas de tout transformer, mais de prioriser les leviers à fort impact.

Il est aussi essentiel de s’entourer des bonnes expertises et d’adopter une culture d’adaptation continue.

CONGOPROFOND.NET : Quelles tendances digitales marqueront les prochaines années en Afrique ?

Estelle Essame : L’intelligence artificielle va accélérer beaucoup de choses. En parallèle, la cybersécurité deviendra critique.

Je crois également à la montée des solutions africaines, pensées pour nos réalités. Nous allons passer progressivement d’un modèle d’adoption à un modèle de création.

CONGOPROFOND.NET : Comment les jeunes et les startups peuvent-ils tirer parti de cette dynamique ?

Estelle Essame : Les opportunités sont considérables. Ils doivent se positionner rapidement, développer des compétences solides et miser sur la collaboration.

Des plateformes comme DIGI’TALK leur permettent de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires et d’accélérer leur croissance.

CONGOPROFOND.NET : Pourquoi faut-il absolument participer à DIGI’TALK Douala 2026 ?

Estelle Essame : Parce que DIGI’TALK est un catalyseur d’opportunités.

C’est un espace où se rencontrent les acteurs qui façonnent l’avenir du digital en Afrique centrale. En une seule expérience, les participants accèdent à un réseau qualifié, à des insights stratégiques et à des opportunités concrètes.

C’est un rendez-vous à forte valeur ajoutée.

CONGOPROFOND.NET : Un dernier message aux acteurs du numérique et aux décideurs africains ?

Estelle Essame : Nous sommes à un tournant décisif. L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un marché de consommation technologique.

Elle doit s’affirmer comme un acteur de création, d’innovation et de production de solutions adaptées à ses réalités.

Cela exige une mobilisation collective : institutions, secteur privé, talents et entrepreneurs.

C’est à ce prix que nous construirons une Afrique qui ne subit pas la transformation digitale, mais qui la façonne.

Propos recueillis par Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET

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