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Affaire John Numbi : des dépôts privés d’armes dans des maisons d’habitation

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A l’issue de longues tractations intervenues le week-end dernier à Lubumbashi, entre d’une part, une forte équipe des éléments de l’Auditorat militaire de garnison de Lubumbashi venus exécuter un mandat de perquisition, et de l’autre, les gardes de l’habitation privée du général John Numbi, ces derniers n’ont pas entendu la voix de la raison. Après une farouche résistance, les éléments de la justice militaire sauraient recourru à la force judiciaire. En fin de compte, leur exigence d’obtenir avant tout l’autorisation de leur chef pour laisser entrer les éléments de la justice militaire, faire leur travail, est tombée.

Recourir aux armes ne serait plus qu’une forme aggravée d’obstruction à la justice, c’est-à-dire à l’exécution d’un mandat de perquisition délivré par l’Auditeur militaire de garnison de Lubumbashi. Et les auteurs seraient alors poursuivis pour violation des consignes et entraves à l’exécution du mandat de perquisition. Cette mission périlleuse ayant entraîné des échanges de coups de feu, a abouti à la recherche et à la découverte des armes qui étaient dissimulées dans cette résidence, transformée en magasin d’armement.

Menée de mains de maître, l’opération a livré ses secrets après des heures de fouilles dans toutes les pièces et même dans les plafonds. Un lot important d’armes et de munitions de guerre a été saisi. Une source signale que parmi ces pièces, on a trouvé des AKA 47, des Kalaschnikovs, des Uzi et des fusils munis de «silencieux», ainsi que des caisses des munitions de divers calibres. Et la nouvelle s’est répandue aussitôt à travers toute la ville.

Il y a quelques mois auparavant, toujours à Lubumbashi, une autre perquisition était opérée au sein d’une église. C’était à la suite des rumeurs persistantes faisant état de la présence des armes dans des maisons d’habitation, dans des entrepôts et autres fermes de la ville de Lubumbashi. Personne ne pouvait s’imaginer que même certaines églises, pouvaient constituer des magasins d’armement. La preuve était donc donnée dans l’église du pasteur Ngoy Mulunda. Elle abritait une cachette des armes de la milice Bakata Katanga dont il était l’un des parrains, sinon l’aumônier principal.

Nécessité de lancer une opération de ratissage dans les grandes villes

Ces armes saisies par la justice militaire, répertoriées dans le lot des pièces à conviction, pourraient être brandies lors de futurs procès au cours desquels les responsabilités des auteurs de l’insécurité à Lubumbashi et de leurs parrains seront établies. Il a été donné aux enquêteurs de la justice militaire de procéder à la découverte d’un autre arsenal de guerre qui était dissimulé au siège de la milice de Bakata Katanga, ainsi qu’au domicile de son gourou Gédéon Kyungu. Ce n’était pas une petite quantité d’armes de différents calibres, mais un arsenal impressionnant qui avait permis à la redoutable milice de faire face aux interventions des forces de sécurité.

On se rappellera que forte de sa logistique de combat, les Bakata Katanga avaient affiché leur détermination à faire échec aux troupes gouvernementales, en marchant dans la ville et en posant leurs drapeaux sur certains lieux publics. Le feu de paille a été vite éteint.

En dehors de cette situation explosive vécue à Lubumbashi, notre pays regorgerait d’autres dépôts clandestins d’armes de guerre. Ces magasins d’armement seraient logés dans des maisons d’habitation, dans des fermes et dans certains champs appartenant aux trafiquants et autres galonnés de notre armée. Et le commun des mortels de se poser nombre des questions. Pourquoi constituer ces dépôts d’armes hors de leurs unités respectives ?

Pourtant, on peut rappeler qu’il y a quelques années, l’opération « une arme contre cent dollars » menée à travers les grandes villes de la RDC, avait permis de récupérer et de détruire des milliers d’armes aussi bien de petits calibres que de gros. La cérémonie de destruction de ces milliers de pièces faite devant la presse, avait suscité un élan de solidarité de certains partenaires qui avaient mis la main à la poche pour financer la poursuite de cette opération.

Qu’en est-il aujourd’hui ? De quantités incontrôlables d’armes se retrouveraient encore dans des maisons de particuliers. C’est le lieu de se poser des interrogations sur leur utilisation et d’exhorter nos services de sécurité de redoubler de vigilance pour tenter de détecter tous les lieux des caches d’armes, afin de réduire sensiblement l’insécurité et la capacité de nuisance de détenteurs d’armes ou de gestionnaires de ces fameux dépôts clandestins qui pullulent dans les grandes villes de notre pays.

La quiétude et la sécurité de nos populations en dépendent largement.

J.R.T./Le Phare

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Kenge : Des réactions contrastées à l’annonce du retour de 2 magistrats

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L’annonce du retour prochain à Kenge du magistrat Makwanza et du procureur Émile Ndjale continue de susciter des réactions au sein d’une partie de la population du chef-lieu de la province du Kwango, particulièrement parmi certains groupes de jeunes.

Selon plusieurs sources locales, des discussions seraient en cours au sein de la jeunesse afin d’évaluer les actions à entreprendre pour exprimer leur désaccord avec cette éventuelle réaffectation. Des consultations informelles se tiendraient notamment autour de l’organisation d’activités citoyennes destinées à faire entendre leur position.

D’après les informations recueillies, plusieurs options seraient envisagées. Certains jeunes évoqueraient la possibilité de profiter de la marche de l’opposition prévue le 3 juin pour faire connaître leurs préoccupations, tandis que d’autres privilégieraient une initiative distincte à une date ultérieure afin de démontrer leur mobilisation.

Un retour qui ravive des controverses passées

Le magistrat Makwanza et le procureur Émile Ndjale avaient déjà fait l’objet de critiques de la part d’une frange de la population locale concernant leur gestion de certains dossiers judiciaires. À l’époque, plusieurs accusations avaient été formulées à leur encontre par des citoyens et des organisations locales.

Ces allégations portaient notamment sur de supposés abus dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que sur des comportements jugés incompatibles avec leurs responsabilités. Toutefois, il convient de rappeler que ces accusations relèvent des dénonciations faites par leurs détracteurs et qu’elles n’ont pas nécessairement fait l’objet de décisions judiciaires définitives établissant leur responsabilité.

En juillet 2025, un mouvement de contestation populaire avait conduit à une forte tension dans la ville de Kenge, poussant les deux magistrats à quitter temporairement leur poste.

Entre interrogations et attentes

L’éventualité de leur retour suscite aujourd’hui diverses interrogations au sein de la population. Certains habitants estiment que cette décision risque de raviver des tensions encore présentes, tandis que d’autres appellent au respect des procédures administratives et judiciaires en vigueur.

Dans ce contexte, plusieurs observateurs plaident pour l’apaisement et le dialogue afin d’éviter toute escalade et de garantir le maintien de l’ordre public. Les autorités compétentes sont également attendues sur leur capacité à gérer cette situation avec sérénité et dans le respect de l’État de droit.

Alors que les spéculations se multiplient, l’attention reste désormais tournée vers les prochaines décisions administratives et les réactions qu’elles pourraient susciter au sein de la population de Kenge.

Émile Yimbu/CONGOPROFOND.NET 

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