Politique
Affaire « ECC/57e CPCO » au Kasaï 2 : Le député Jean Calvin Mingashanga interpelle le Proved pour gestion chaotique et insubordination
Le député provincial Jean Calvin Mingashanga, élu du territoire de Mweka, a adressé une question orale avec débat au directeur provincial de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté (EDU-NC Kasaï 2), Jean-Pierre Babisha Ntwaranyi. Cette interpellation fait suite à une série de dysfonctionnements graves dans la gestion du secteur éducatif dans cette province.
Dans une déclaration exclusive à Congoprofond, le jeudi 8 mai à Tshikapa, le député a dénoncé ce qu’il qualifie de « gestion hors normes administratives » de la part du Proved. Le point de départ : la suspension controversée de M. Kwete Bushabu Daniel, coordinateur sous-provincial des écoles de l’Église du Christ au Congo (ECC/57e CPCO), pourtant reconnu par l’autorité compétente.
Selon Jean Calvin Mingashanga, le Proved Babisha Ntwaranyi aurait permis à Willy Wishiye-un prétendu coordinateur provincial dépourvu de mandat légal-de poser des actes officiels. Pourtant, une décision nationale lui a retiré ce pouvoir à cause d’un conflit de succession opposant Wishiye à Mutshiawudi Kotombe, après la mort de l’Archevêque Bakatushipa.
Le député reproche également au Proved d’avoir sciemment ignoré deux décisions formelles du ministre provincial de l’Éducation, Maître Frédéric, en faveur de la réhabilitation de Kwete Bushabu Daniel. Dans sa correspondance n°372 du 26 mai 2023 et n°063 du 29 avril 2025, le ministre avait ordonné le retour en fonction de ce dernier. Or, ces instructions ont été « délibérément foulées aux pieds », déplore-t-il.
Le document parvenu à congoprofond.net évoque des faits graves : insubordination, trafic d’influence, corruption, abus de pouvoir, sanctions arbitraires sur les listes de paie, remplacement illégal d’agents, perception de pots-de-vin, et violations flagrantes des textes légaux régissant l’enseignement. Autant de griefs qui, selon le député, compromettent la paix sociale et vont à l’encontre de la vision du Chef de l’État.
La représentation provinciale est donc appelée à faire toute la lumière sur ces dérives administratives qui minent l’éducation dans le Kasaï 2.
Le Proved, désormais interpellé, devra venir s’expliquer devant l’Assemblée provinciale.
Faustin Nkumbi/CONGOPROFOND.NET
Politique
États inquiétants des routes dans le Haut-Uele : l’A.Ch Blaise Omunyepa remet en cause la politique provinciale de Jean Bakomito
L’état préoccupant des routes dans le Haut-Uele relance le débat sur la politique des infrastructures menée par le gouverneur Jean Bakomito Gambu. Face à des axes routiers jugés dégradés et peu durables, Blaise Omunyepa, président fédéral de l’Alliance pour le Changement (Haut-Uele 2), critique ouvertement les choix opérés par l’exécutif provincial.

Le gouvernement provincial met pourtant en avant plusieurs travaux de réhabilitation réalisés sur fonds propres, présentés comme un effort pour désenclaver les territoires et faciliter les échanges vers Isiro. Ces initiatives sont perçues par les autorités comme un pas important vers le développement économique de la province.
Mais pour Blaise Omunyepa, l’enjeu ne réside pas dans le nombre de kilomètres réhabilités, mais dans la qualité des infrastructures. Il estime que privilégier des routes en terre, souvent impraticables en saison des pluies, ne répond pas aux besoins réels des populations.

Cette critique rejoint le ressenti de nombreux usagers qui dénoncent la dégradation rapide de certains tronçons à peine aménagés. L’opposant plaide pour une politique axée sur l’asphaltage et des ouvrages durables, capables de soutenir les activités économiques sur le long terme.
Au-delà de l’aspect technique, Blaise Omunyepa soulève aussi la question de la gouvernance et de la gestion des ressources publiques. Un débat de fond s’installe ainsi dans le Haut-Uele : faut-il miser sur la quantité des réalisations ou sur la qualité des infrastructures pour impulser un développement durable ?
Junior Kasamba
