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Affaire des » Enfants chilleurs » à Kinshasa : Au-delà du battage médiatique, de la victimisation et de la désinformation
L’affaire dite du « Chilling Gate » connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Après le rejet de la plainte déposée devant la Cour d’Ordre Militaire, le dossier serait transféré à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR), où plusieurs auditions, dont celle de Mme Marie-Ange Mushobekwa, auraient déjà eu lieu.
Ce développement invite à sortir du récit médiatique polarisé pour examiner la structure complexe des responsabilités en jeu. Loin de se résumer à un face-à-face entre deux parties (Marie-Ange Mushobekwa et Philemon Mambabwa), l’affaire implique en réalité 5 familles ( parents de 3 garçons et de 3 filles mineures ) dont le rôle dans la supervision des événements doit être interrogé. La version initiale d’une simple invitation est contestée, la jeune hôtesse affirmant ne pas connaître les 2 frères Mushobekwa, dont la présence résulterait d’une initiative tierce.

Les enfants Mushobekwa seraient donc arrivés non sur invitation de la jeune fille mais de leur ami c’est-à-dire le 3ème garçon de 18 ans. Un élément souvent passé sous silence est le rôle central de deux jeunes majeurs. Le premier, âgé de 18 ans, serait celui qui a conduit les 2 frères Mushobekwa sur les lieux. Le second est l’aîné de ces frères. Leurs actes, relevant de leur pleine capacité juridique, introduisent une dimension incontournable que toute enquête sérieuse se doit d’intégrer.
Cette judiciarisation extrême d’un incident privé soulève une question fondamentale : comment une problématique relevant du cadre familial et de la responsabilité parentale partagée (nous insistons ici sur la responsabilité de tous les 5 parents) est-elle devenue une affaire ouvertement politisée ? Ce glissement, opéré notamment par Mme Marie-Ange Mushobekwa qui en a appelé à la justice populaire « numérique » après avoir portée plainte exigeant un procès public pour un dossier impliquant 4 mineurs et 2 adultes, semble instrumentaliser une souffrance privée au profit d’un récit politique, éclipsant les responsabilités individuelles des différents acteurs.
Les méthodes employées suscitent de vives critiques. La publication des identités de mineurs et d’informations sensibles constitue une violation manifeste de la loi sur le numérique et de l’éthique journalistique. Ces actions, potentiellement préjudiciables pour la sécurité et très dommageables pour les enfants, contrastent fortement avec les devoirs de réserve et de protection inhérents aux anciennes fonctions de leur auteure qui est journaliste et ancienne Ministre des Droits Humains.
Le rebondissement procédural doit être l’occasion d’un recentrage indispensable. Pour comprendre les véritables enjeux, il faut se concentrer sur les acteurs réels : les 5 familles concernées et la responsabilité de 2 jeunes majeurs. Les 4 mineurs étant pénalement irresponsables. Les institutions doivent mener une enquête rigoureuse, équilibrée et à l’abri des instrumentalisations. Seule une approche respectueuse du droit et de la protection des mineurs pourra rendre une justice sereine et restaurer la primauté des faits.
Teddy Mfitu
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
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25 mai : L’ambassadeur Dr Jospin Lohanga présente le kimbanguisme comme un instrument du “soft power africain”
Le message livré le 25 mai 2026 par le Dr Jospin Lohanga Konga, ambassadeur itinérant de Sa Divinité Papa Simon Kimbangu Kiangani, dépasse largement le seul cadre religieux.
À travers une communication accordée à congoprofond.net à l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique et de la Noël kimbanguiste, le diplomate spirituel a développé une véritable vision géopolitique du kimbanguisme, présenté comme un outil d’influence culturelle et civilisationnelle africaine.

Le kimbanguisme comme levier stratégique africain
Dans son intervention, le Dr Lohanga a défendu l’idée d’un « soft power africain » fondé sur les valeurs spirituelles, culturelles et historiques propres au continent.
Trois axes majeurs ont été mis en avant :
– enseigner une histoire africaine complète et décomplexée ;
– faire du kimbanguisme un levier d’influence culturelle africaine ;
– bâtir des partenariats internationaux fondés sur des valeurs définies par les Africains eux-mêmes.
Cette orientation inscrit clairement le discours dans la perspective de l’Agenda 2063 de Union africaine, programme stratégique visant à construire « l’Afrique que nous voulons ».
La diplomatie des langues africaines
Autre élément marquant : le caractère multilingue du message.
Après le français et l’anglais, le discours a été relayé en Lingala, Kikongo, Kiswahili et Tshiluba. Pour le Dr Lohanga, cette démarche ne relève pas du simple symbole, mais d’une volonté affirmée de replacer les langues africaines au cœur de la renaissance continentale.
Dans un contexte où les institutions africaines demeurent encore largement dominées par les langues héritées de la colonisation, cette initiative apparaît comme un acte culturel fort.
Entre spiritualité et diplomatie
À travers cette communication, le Dr Jospin Lohanga Konga confirme son rôle de diplomate spirituel engagé dans le rayonnement du kimbanguisme et de l’Afrique.
Son discours conjugue foi, mémoire, identité et stratégie continentale dans une même vision intellectuelle et géopolitique.
Au moment où l’Afrique cherche de nouveaux repères dans un monde en mutation, cette parole venue de Nkamba rappelle que l’influence des nations se joue aussi dans les récits culturels, les symboles et les héritages spirituels.
Barca Horly Fibilulu Mpia/CONGOPROFOND.NET
