Politique
AFDC-A au Kasaï-Central : Fronde interne et désaveu du président fédéral Sylvain Bakajika
Une crise interne secoue l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) dans la province du Kasaï-Central, où des cadres et militants ont annoncé le désaveu du président fédéral, Sylvain Bakajika.
Dans une déclaration rendue publique samedi 11 avril 2026 à Kananga, les signataires justifient leur décision par une série de griefs liés principalement à la gestion du parti au niveau provincial. Ils dénoncent notamment un dysfonctionnement des structures fédérales, marqué par l’absence répétée de réunions statutaires et un manque de coordination entre les organes du parti.
Les cadres pointent également une gestion jugée défaillante, évoquant une « mauvaise marche du parti en province », ainsi que des pratiques décriées telles que le tribalisme et le clientélisme, qui auraient contribué à fragiliser la cohésion interne.
À ces critiques s’ajoutent des accusations d’alliances politiques jugées inappropriées avec des acteurs opposés aux mandataires du parti dans la province. Une situation qui, selon eux, aurait davantage affaibli l’implantation de l’AFDC-A à la base.
Dans ce contexte déjà tendu, la position de Sylvain Bakajika sur la marche de soutien à la révision constitutionnelle organisée le même jour à Kananga a exacerbé les divergences. Les cadres lui reprochent notamment d’avoir interdit aux militants de prendre part à cette mobilisation et d’avoir empêché le port des insignes du parti, une décision mal perçue par la base.
Face à cette situation, les membres et cadres de la formation politique chère à Modeste Bahati Lukwebo ont décidé de mettre en place un comité de crise chargé d’assurer la gestion intérimaire de la fédération.
Ce comité est dirigé par Frédéric Tshibona, assisté de deux adjoints, avec pour mission de restaurer la discipline interne, réorganiser les structures du parti et relancer ses activités conformément aux orientations de l’autorité morale.
Les signataires de la déclaration réaffirment par ailleurs leur soutien aux actions du Président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi qu’à la dynamique de révision constitutionnelle portée par l’Union sacrée de la Nation.
Ils indiquent attendre de nouvelles orientations de leur hiérarchie nationale, tout en affirmant que leur démarche vise à préserver l’unité, la crédibilité et l’efficacité du parti dans la province.
Cette crise intervient dans un contexte politique national marqué par de fortes tensions autour de la question de la révision constitutionnelle, un sujet qui continue de diviser la classe politique congolaise.
Mike Tyson Mukendi
Actualité
Isolé politiquement, Laddy Yangotikala maintient la pression : « Le VPM Jacquemin Shabani doit s’expliquer devant le Parlement ! »
Exclu de son regroupement politique et abandonné par plusieurs de ses soutiens, le député national Laddy Yangotikala refuse de retirer sa motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Dans une déclaration publiée ce vendredi 17 avril sur ses plateformes numériques, il a réaffirmé sa détermination à aller jusqu’au bout de sa démarche parlementaire.
À l’origine de cette initiative, déposée le 13 avril à l’Assemblée nationale, l’élu accuse le VPM d’inefficacité face à l’insécurité grandissante à Kinshasa et dans plusieurs autres villes du pays. Malgré les pressions politiques et les désistements enregistrés parmi les signataires, il campe sur sa position.
« Je prends acte de mon exclusion du regroupement. Je remercie le président Jean-Michel Sama Lukonde pour m’avoir permis d’être libre d’exercer le pouvoir de contrôle sur un membre du gouvernement. Je n’ai pas violé la Constitution ni le règlement intérieur. Je n’ai fait que demander au VPM de protéger les électeurs du président Félix Tshisekedi », a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Laddy Yangotikala insiste : « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout ». Il dénonce également des tentatives d’entrave à la procédure parlementaire : « Toutes les manœuvres dilatoires qu’ils ont lancées pour protéger le VPM de l’Intérieur et Sécurité, comme le report de la plénière, n’aboutiront pas car le règlement intérieur est clair ».
Cette posture de fermeté intervient dans un contexte politique tendu. L’Union sacrée de la Nation, par la voix de son secrétaire permanent André Mbata, avait désavoué cette motion, évoquant l’absence de quitus préalable. De son côté, l’AFDC-A a exigé de ses deux députés signataires de retirer leurs signatures, tandis que plusieurs parmi les 56 signataires initiaux se sont désistés.
Malgré cet isolement progressif, Laddy Yangotikala se présente comme un élu déterminé à exercer pleinement son rôle de contrôle parlementaire. En résistant aux pressions politiques et aux désaveux, il affirme son refus de céder, martelant un message clair : pour lui, la question sécuritaire mérite un débat public au Parlement, sans compromis ni abandon de sa motion.
Njila Mule/CONGOPROFOND.NET
