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Accueil triomphal de Fatshi : une jolie mixture entre le bureau et la rue !
Alors que, pour plusieurs observateurs, il semblait inapproprié au président de la République Félix Tshisekedi de descendre dans l’arène maintenant, au regard des plusieurs revers qu’auraient connus son gouvernement, notamment sur le dossier de la grève des enseignants et des critiques acerbes sur ses multiples voyages, c’est plutôt une démonstration de popularité qui a été servie à l’opinion tant nationale qu’internationale.
Il faut dire aussi qu’il n’y avait d’ailleurs aucune urgence sociale ou politique qui l’obligerait à le faire. Ni sa légitimité ni sa popularité ne sont remises en cause à ce stade.
Les récents sondages, même les pires, le donnant encore pour vainqueur de la prochaine présidentielle, le Président de la République a souhaité tout de même clôturer en beauté sa tournée constituée d’une visite d’Etat en Israël, la participation au G20 à Rome et à la COP26 à Glasgow où il a glané 500 millions des dollars pour la protection de la forêt congolaise dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
« Balle à terre, » a dit Jeannot Sheji, analyste en communication. « On fait tourner et on attend l’adversaire. »
Le bain de foule tant souhaité par le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, et par son vice-président, Jean Marc Kabund, est bien sure discutable quant au temps. Mais irréprochable quant à l’effectivité.
Il faut dire que la grande marche prévue par la coalition Lamuka – FCC et Ensemble pour la République tend à l’horizon et chaque camp doit jouer sa carte au maximum.
Déjà un avant goût a été donné par Christophe Mboso au stade Vélodrome de Kintambo où il a drainé grand monde et prêché Félix Tshisekedi, se voyant déjà rempiler au même poste à la chambre basse en 2023.
Une recette au goût inhabituel
Toutefois face aux kamikazes politiques, c’est le guerrier qui décide quand larguer la bombe atomique pour en finir avec la guerre.
La fumée anatomique qui a envahi les rues de Kinshasa ce jeudi 4 novembre 2021, est une volonté manifeste de Félix Tshisekedi d’écourter les hostilités sans être hostile.
Du Sun Tzu sans doute ou peut être les gênes tshisekedistes étant transmissibles. Sauf que, la recette de ce jour a eu un goût inhabituel.
Des militants de l’UDPS qui suffoquent ce boulevard Lumumba, c’est de l’habituel. Chacun se souvient du retour triomphal du duo « Fatshivit » lors de la campagne électorale 2018.
Mais voir des députés nationaux et des officiels qui longent le tarmac de l’aéroport de N’djili pour accueillir le fils du « Sphynx », c’est l’inhabituel : une jolie mixture entre le bureau et la rue.
« La douce symphonie entre les institutions et la population., » poétise Jeannot Sheji.
Il ne fait aucun doute, le président Félix Tshisekedi s’arroge la Majorité parlementaire et la Majorité populaire. Message au national et à l’international d’où il a hissé très haut les tricolore de la RDC.
Un endigment. Qui réduit la marge de manoeuvre de ses adversaires politiques : j’ai décidé, nous avons décidé avec les élus, et nous restons populaires. Difficile qu’un président détienne les institutions et contrôle la rue. Mais il le fait quand-même. Dans une articulation du leadership par le haut et par le bas.
Que faut-il dire de plus ? Lorsqu’on lui pose la question sur sa présence à l’aéroport de N’djili pour accueillir le Président de la République alors que les spéculations sur les 500 dollars perçus par chaque Député vont bon train, l’ancien Ministre de la communication, Lambert Mende, a répondu: « A qui devrais-je demander la permission pour venir accueillir Félix Tshisekedi à l’aéroport ? Jeudi, un jour où à l’Assemblée Nationale il n’y a pas de plénière. C’est une activité théoriquement privée. Je pouvais aller à ma ferme ou à la bibliothèque ».
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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Sous pression américaine, l’AFC/M23 annonce un retrait conditionnel d’Uvira
Alors que Washington intensifie, depuis le vendredi 12 décembre, sa pression diplomatique sur le Rwanda accusé de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, le mouvement armé a publié un communiqué dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 décembre annonçant son retrait unilatéral de la ville d’Uvira, deuxième agglomération de la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Moins d’une semaine après la prise de cette ville stratégique, l’AFC/M23 affirme répondre à une « demande des États-Unis » en décidant de retirer ses forces. Dans son communiqué, le mouvement présente cette décision comme un « geste de confiance » destiné à soutenir le processus de paix en cours, notamment les discussions de Doha, alors que les combats se sont intensifiés ces dernières semaines dans la région.
Cependant, ce retrait est assorti de plusieurs conditions. Le groupe rebelle exige la « démilitarisation de la ville d’Uvira », la « protection de la population civile » ainsi que le « contrôle effectif du cessez-le-feu à travers le déploiement d’une force neutre ». Autant de préalables que l’AFC/M23 juge indispensables pour éviter une reprise des hostilités et garantir la sécurité sur le terrain.
Cette annonce intervient dans un contexte de pression internationale accrue sur Kigali. Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, avait déclaré le vendredi 12 décembre que le Rwanda contribuait à entraîner la région « vers davantage d’instabilité et vers la guerre ». Le week-end suivant, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a renforcé ce ton en accusant Kigali de violer l’accord de paix signé récemment à Washington.
Lundi 15 décembre, quelques heures avant la publication du communiqué de l’AFC/M23, l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a également averti que son pays examinait « tous les outils à sa disposition », y compris des sanctions, afin de s’assurer que les engagements pris par les différentes parties soient respectés.
Dans l’attente de réactions officielles de Kinshasa et des partenaires régionaux, l’annonce de ce retrait conditionnel suscite autant d’espoirs prudents que d’interrogations sur sa mise en œuvre effective et sur l’évolution de la situation sécuritaire au Sud-Kivu.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
