« Un accord politique existe bel et bien, il a précédé la publication des résultats définitifs. J’en suis l’un des corédacteurs », déclare l’ancien président de la Céni. « Cet accord a été signé, devant témoins, par le président Tshisekedi et son prédécesseur [Joseph Kabila, dont Corneille Nangaa était proche, NDLR] et qu’il a été certifié et validé par trois chefs d’État africains qui l’ont félicité du fait qu’il a permis la première passation du pouvoir sans effusion de sang en RDC », poursuit l’ancien président de la Céni.

De bonne source, les États en question seraient l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya. C’est la première fois que des échanges sur ce sujet sont fait publiquement par les protagonistes supposés de cet accord.

Le rôle de la Céni questionné

« Ce sont des balivernes (…) de la part de personnes habituées à une gouvernance de l’ancien régime », a répondu dimanche Déo Bizibu Balola, le secrétaire général adjoint du parti présidentiel UDPS.

S’il y a eu pacte, estime Fred Bauma, le directeur exécutif d’Ebuteli, un institut congolais de recherche, il a volé en éclat depuis longtemps, après que le président congolais a rebattu les cartes dans le gouvernement, l’armée et la justice. Selon lui néanmoins, le fait que Corneille Nangaa se déclare co-auteur de cet accord indique que la Céni est sortie de son impartialité, lors d’un scrutin dont les résultats ont été remis en cause par de nombreux observateurs : « Que le président de la Céni se soit mêlé à une négociation pour la formation d’une majorité au Parlement et pour la formation d’un gouvernement, cela questionne le rôle de l’indépendance de la Céni », remarque-t-il, ajoutant que cela mériterait une enquête.

L’ancien président de la Céni, toujours sous sanctions des États-Unis pour corruption et entrave au processus démocratique, est exilé en Belgique après s’être proclamé, il y a sept mois, candidat au prochain scrutin présidentiel et avoir créé son propre parti, l’Action pour la dignité du Congo et de son peuple (ADPC).

RFI