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Accord de Washington : Tony Mwaba recadre Thomas Luhaka et défend la diplomatie congolaise

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Le député national Tony Mwaba Kazadi a publié une réponse ouverte à Maître Thomas Luhaka, ancien ministre des ITPR, à la suite de sa lettre du 4 juillet critiquant l’accord de paix signé à Washington entre la RDC et le Rwanda. Bien que la correspondance de Luhaka s’adressait directement à la ministre des Affaires étrangères, Mwaba explique intervenir en tant que député et citoyen, « pour défendre la cohésion nationale dans un contexte de guerre d’agression ».

Dans cette lettre, l’ancien ministre Thomas Luhaka dénonçait notamment ce qu’il considère comme un affaiblissement de la RDC, un recul par rapport à la résolution 2773 du Conseil de sécurité, et une légitimation implicite de la position rwandaise sur les FDLR.

Résolution 2773 et accord de Washington : mise au point

Tony Mwaba rappelle que la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée le 21 février 2025, reste pleinement en vigueur et juridiquement contraignante. Selon lui, l’accord de Washington ne l’annule pas mais en constitue une modalité de mise en œuvre, en fonction des réalités diplomatiques et sécuritaires actuelles. Il affirme qu’il s’agit d’une approche « cohérente avec le droit international », visant à avancer vers une paix durable.

Une critique jugée déséquilibrée

Le député reproche à Thomas Luhaka de ne pas avoir mentionné, dans sa lettre, le rôle du Rwanda dans le conflit, ni les accusations formulées contre le M23 dans divers rapports internationaux. Il estime que cette absence d’équilibre dans l’analyse pourrait affaiblir la position congolaise à un moment crucial.

« Ce que vous appelez honnêteté intellectuelle prend ici les traits d’une instrumentalisation politique », écrit Tony Mwaba, tout en affirmant ne pas vouloir alimenter de polémique personnelle.

Un accord présenté comme un outil de pression diplomatique

Tony Mwaba insiste sur les apports de l’accord signé à Washington, qu’il décrit comme un moyen d’encadrer les engagements des parties, tout en maintenant la pression sur les autorités rwandaises. Il note également l’implication d’acteurs internationaux comme les États-Unis et le Qatar, bien qu’ils ne soient pas signataires du texte, et évoque une dynamique internationale favorable à la RDC.

Un appel à l’unité

En conclusion, Tony Mwaba invite Thomas Luhaka à mettre son expérience au service du processus de paix. Il plaide pour un climat de responsabilité collective, au-delà des divergences politiques.

« Le vrai ennemi du Congo, ce n’est ni le Rwanda ni le M23. C’est la division de ses fils et filles », conclut-il.

Dorcas Ntumba

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Lutte contre les flux financiers illicites : La RDC muscle son arsenal judiciaire avec le projet LuCOFFI

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La RD Congo intensifie sa riposte contre les flux financiers illicites. Sous l’impulsion du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, un ambitieux programme de renforcement des capacités a été lancé dans le cadre du projet LuCOFFI (Lutte contre les flux financiers illicites). Cette initiative, mise en œuvre avec l’appui de la coopération allemande à travers la GIZ et financée par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), vise à renforcer durablement les compétences des autorités d’enquête et de poursuite dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

La RDC sous pression du GAFI

Depuis octobre 2022, la RDC est placée sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI) en raison de lacunes identifiées dans son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Dans ce contexte, le projet LuCOFFI s’inscrit directement dans le plan d’action exigé par cette organisation internationale, notamment au titre du Résultat Immédiat 7, qui concerne le renforcement des capacités des institutions chargées des enquêtes financières. À la fin de l’année 2025, près de 64 % des activités prévues avaient déjà atteint un niveau d’exécution compris entre 80 et 100 %, marquant des avancées significatives dans la modernisation des outils et méthodes d’enquête.

Former un noyau d’experts nationaux

Au cœur du programme figure la formation des formateurs (Train-the-Trainer) organisée à Kinshasa du 23 au 27 février 2026. Cette session intensive de cinq jours a réuni des membres sélectionnés de l’UNICEP ainsi que des représentants de la CENAREF, avec pour objectif de constituer un noyau national d’experts capables de transmettre à leur tour les compétences acquises.

Les participants ont été initiés à l’utilisation du manuel de procédure en enquête financière parallèle, un outil méthodologique destiné à structurer les investigations financières et à mieux articuler celles-ci avec les enquêtes pénales classiques.

L’entrée des technologies analytiques dans les enquêtes

L’une des innovations majeures de cette initiative est l’introduction du logiciel Tovek, un outil d’analyse et de visualisation avancée capable de traiter d’importants volumes de données financières. Grâce à ses fonctionnalités de cartographie relationnelle et de détection de connexions cachées, ce logiciel permet d’identifier des réseaux financiers complexes et de retracer des flux suspects souvent dissimulés dans des structures opaques.

Des démonstrations pratiques ont permis aux enquêteurs congolais d’expérimenter l’application de cette technologie sur des cas simulés inspirés de situations réelles, notamment dans les secteurs minier et financier.

Vers une meilleure coordination des institutions

Au-delà de la formation, le projet LuCOFFI prévoit plusieurs activités complémentaires entre février et avril 2026. Celles-ci incluent la finalisation et la validation des outils d’enquête, la supervision d’enquêtes pilotes, l’organisation de voyages d’étude dans des juridictions partenaires ainsi que la tenue d’un atelier consacré aux leçons apprises.

L’objectif est d’améliorer la coordination entre les différentes institutions impliquées dans la lutte contre les flux financiers illicites et de consolider les mécanismes de coopération nationale et internationale.

Un pas vers la sortie de la surveillance internationale

La phase actuelle du projet marque une étape décisive dans la consolidation des réformes engagées par la RDC. La création d’un pool national de formateurs, l’introduction d’outils technologiques avancés et l’amélioration des mécanismes d’enquête devraient contribuer à renforcer l’efficacité du système judiciaire face aux crimes financiers.

La soumission du rapport final du projet, prévue en avril 2026, dressera le bilan des avancées et proposera une feuille de route pour la poursuite des réformes. À terme, ces efforts pourraient permettre à la RDC de satisfaire aux exigences du GAFI et de sortir progressivement de la liste des pays sous surveillance renforcée.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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