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Abus chez les PCR : le ministre de l’Intérieur ordonne des arrestations immédiates
Le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, hausse le ton face aux dérives persistantes de la Police de circulation routière (PCR). Il a ordonné l’arrestation immédiate des agents véreux et corrompus, coupables d’abus et de pratiques mafieuses sur les routes congolaises, particulièrement à Kinshasa.
C’est au cours de la cérémonie d’ouverture d’un atelier de renforcement des capacités, organisé à l’intention des inspecteurs de la Police nationale congolaise (PNC) et des cadres de la PCR, que le ministre a lancé cet appel fort. Pendant trois jours, les participants échangeront autour des moyens de réprimer les antivaleurs – notamment les tracasseries, la corruption, les détournements d’amendes et les pratiques humiliantes envers les usagers de la route.
Dans un ton ferme, le ministre Shabani a dénoncé le comportement de certains policiers qui, loin de garantir l’ordre public, contribuent au désordre en provoquant embouteillages, stress et violences. « Il est inadmissible que des agents censés protéger la population soient à l’origine de tant de dérives », a-t-il lancé, insistant sur des sanctions exemplaires pour restaurer la discipline et la confiance dans la PCR.
Il a aussi déploré la présence d’agents en état d’ivresse sur la voie publique, l’usage excessif de la force, et les tentatives délibérées d’endommager des véhicules ou de confisquer illégalement des documents.

L’Inspecteur Général de la PNC, le Commissaire divisionnaire principal Patience Mushid Yav, a reconnu que la situation actuelle de la circulation routière, notamment à Kinshasa, est préoccupante. Il a souligné que cet atelier vise à renforcer les capacités opérationnelles de la PCR et à en finir avec les pratiques qui ternissent l’image de la police.
Selon lui, cette initiative s’inscrit dans la volonté de professionnaliser la police, conformément à la vision du Chef de l’État, qui place la restauration de l’autorité publique et la lutte contre les anti-valeurs au cœur de son action.

Tout en s’attaquant à la corruption policière, le VPM Shabani a également appelé les associations de chauffeurs et les conducteurs de motos à respecter le code de la route. Il leur a demandé de collaborer plutôt que de s’opposer au bon fonctionnement de la police.
« Cette bataille pour l’ordre et la discipline sur nos routes concerne tout le monde. Il en va de la sécurité, de la fluidité du trafic et du respect des principes de l’État de droit », a-t-il conclu.
Dorcas Ntumba
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Horreur à Kisenso : Josué Kaniki condamné à mort pour le meurtre et l’anthropophagie de sa mère
Le verdict est tombé comme un couperet. Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete, siégeant en audience foraine dans la commune de Kisenso, a condamné ce jeudi 26 février Josué Kaniki Kasongo à la peine capitale pour le meurtre suivi d’anthropophagie de sa propre mère. Une décision lourde, à la mesure de l’onde de choc provoquée par cette affaire macabre.

Un procès en flagrance sous haute tension
Organisé en procédure de flagrance, le procès s’est tenu devant une foule compacte, massée pour assister à cette audience hors norme. L’émotion était palpable dans la salle comme à l’extérieur du tribunal.
La juridiction a retenu deux infractions majeures :
– Le meurtre,
– L’anthropophagie, soit la consommation de chair humaine.
En appliquant la règle du cumul des peines, le tribunal a décidé de ne prononcer que la sanction la plus lourde : la peine de mort.
En outre, le condamné devra verser 50.000 dollars américains à la partie civile à titre de dommages et intérêts. Son arrestation immédiate a été ordonnée à l’issue du prononcé du verdict.
« Je n’ai jamais tué ma mère »

Tout au long de l’audience, Josué Kaniki Kasongo a plaidé non coupable. Visiblement agité, perturbé par les réactions bruyantes de la foule, il a dénoncé ce qu’il qualifie de « complot monté de toutes pièces » par le responsable de l’immeuble où il résidait avec sa mère, en complicité avec le ministère public.
Il a également rejeté l’existence d’une dette de 10.000 dollars qu’il aurait contractée auprès de sa mère, affirmant entretenir avec elle des relations harmonieuses.
« Je n’ai jamais tué ma mère et je ne pourrais jamais le faire », a-t-il déclaré à la barre, dénonçant une affaire fabriquée pour le discréditer.
Le tribunal a toutefois relevé plusieurs incohérences dans ses déclarations.
Une macabre découverte après l’alerte des voisins
Selon le responsable de l’immeuble R+4 où vivaient le prévenu et la victime, l’intervention policière a été déclenchée après les plaintes répétées des voisins, incommodés par une forte odeur émanant de l’appartement.
D’après les autorités, le corps de la victime aurait été découpé. Une partie aurait été brûlée, tandis qu’une autre aurait été conservée dans un congélateur.
L’opération policière aurait débuté aux alentours de 4 heures du matin, après l’alerte donnée par les habitants du quartier. Ces éléments ont été confirmés par le ministère public ainsi que par un officier de police judiciaire du commissariat de Kisenso 1.
La question des troubles mentaux
Au cours des débats, le prévenu a affirmé avoir souffert de troubles mentaux par le passé. Son avocate, Maître Joyce Isio, du barreau de Kinshasa/Matete, a plaidé l’irresponsabilité pénale pour cause de troubles psychiques.
Selon la défense, si ces troubles étaient établis, ils pourraient constituer une cause de non-imputabilité et exonérer son client de toute responsabilité pénale.
Un argument qui n’a manifestement pas convaincu le tribunal.
Une commune sous le choc
Âgé d’une trentaine d’années, Josué Kaniki Kasongo avait été interpellé mercredi dernier. Depuis l’éclatement de l’affaire, la commune de Kisenso reste profondément marquée par ce drame familial d’une rare violence.
Au-delà du quartier, c’est toute la ville qui s’interroge : comment un tel acte a-t-il pu être commis dans un immeuble d’habitation, sans que l’horreur ne soit immédiatement décelée ?
L’affaire, désormais tranchée en première instance, pourrait encore connaître d’autres développements judiciaires.
Glodi Bukasa Mawila/CONGOPROFOND.NET
