Actualité
Kwango : Le prix amer de l’indifférence politique (Tribune de Fils Mwashipu Kapata, député provincial honoraire)
La province du Kwango, riche de ses ressources humaines et naturelles, demeure paradoxalement l’une des moins performantes en matière de gouvernance et de développement local. Cet immobilisme découle d’un dysfonctionnement profond entre les deux piliers de l’administration provinciale : l’organe législatif et l’exécutif. Plutôt que de travailler en synergie, ces deux entités fonctionnent en vase clos, sans coordination réelle ni obligation mutuelle de résultats.
Des édits votés, mais restés lettres mortes
Depuis plusieurs années, l’Assemblée provinciale du Kwango adopte, quoique timidement, plusieurs édits censés encadrer les politiques publiques. Ces textes couvrent des secteurs essentiels : gestion foncière, environnement, fiscalité locale, éducation, santé, développement rural, etc. Hélas, leur application reste quasi inexistante.
Un exemple frappant : l’édit sur la rétention des eaux de pluie, initié par l’honorable Mbangala Annicet lors de la législature précédente. Ce texte visait à lutter contre les érosions qui ravagent Kenge et d’autres localités. Un texte visionnaire,
il proposait des solutions concrètes à un problème bien réel. Pourtant, à ce jour, cet édit n’a jamais été mis en œuvre. Résultat : les efforts parlementaires sont réduits à néant, et les populations demeurent vulnérables face aux catastrophes saisonnières.

Pourquoi cette inertie ? Parce que l’exécutif provincial (gouverneur, ministres et administrations techniques) ne considère pas comme prioritaire l’application des lois provinciales. Par négligence, manque de moyens ou ignorance, ces édits sont enterrés dans les tiroirs de l’administration. La législation existe, mais elle est vidée de toute portée, faute d’appropriation institutionnelle.
Plus alarmant encore : un exécutif muet
Ce qui choque davantage, c’est l’absence totale d’initiatives législatives de la part du gouvernement provincial. Alors que la loi autorise tant les députés que l’exécutif à proposer des édits, aucun membre de ce dernier n’a soumis le moindre projet depuis le découpage territorial. Pourtant, ce sont ces acteurs de terrain qui connaissent le mieux les réalités quotidiennes et les besoins urgents des populations. Leur silence législatif est non seulement incompréhensible, mais surtout révélateur d’un profond manque de vision et de volonté politique.
Une Assemblée passive et peu productive
En parallèle, l’Assemblée provinciale souffre d’un déficit chronique de performance. Rares sont les députés qui prennent des initiatives fortes ou qui assurent le suivi des textes adoptés. L’activité parlementaire se limite souvent à des motions et à des querelles d’intérêts, sans orientation claire pour le développement.
Ce relâchement affaiblit encore davantage l’action publique. Quand le parlement ne légifère pas de manière utile et qu’il n’exerce aucun contrôle rigoureux, l’exécutif agit sans garde-fou ou choisit simplement de ne rien faire.
Résultats visibles : paralysie généralisée
Cette rupture entre les institutions a des conséquences lourdes sur la vie quotidienne : routes dégradées, infrastructures inexistantes, écoles délabrées, hôpitaux en ruine, agriculture abandonnée, jeunesse désœuvrée, etc.
Le Kwango souffre d’un manque cruel de politiques publiques concrètes et d’une absence de résultats tangibles.
En outre, le déficit de redevabilité entre les organes provinciaux a alimenté la méfiance populaire. Le peuple ne croit plus en ses dirigeants. L’indifférence s’installe, et l’inaction citoyenne devient la norme.
Relever le défi : une responsabilité partagée
Pour espérer un nouveau départ, il est indispensable de réformer en profondeur les relations entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif. Cela passe par :
- Un contrôle parlementaire effectif : l’exécutif doit rendre compte régulièrement de l’exécution des édits.
- Une stimulation de la production législative : les députés doivent initier des textes porteurs de changement concret.
- Une responsabilisation de l’exécutif : celui-ci doit jouer pleinement son rôle dans l’élaboration des lois provinciales.
- Une implication accrue de la société civile : chefs coutumiers, jeunes et organisations citoyennes doivent surveiller et évaluer les politiques publiques.
- Un renforcement des capacités institutionnelles : former élus et administrateurs pour une meilleure planification et exécution.
Le Kwango ne sortira de l’impasse qu’à travers une volonté politique affirmée, une administration compétente et un parlement engagé. Il est temps que les institutions provinciales cessent d’être des observateurs passifs et deviennent les véritables moteurs du changement.
Car, au bout du compte, c’est toujours le peuple qui paie le prix du silence institutionnel.
Actualité
DRC Mining Week 2026 : La présence d’Augustin Kibassa Maliba confirme le virage numérique du secteur minier congolais
À quelques jours de l’ouverture de DRC Mining Week 2026 à Lubumbashi, la confirmation de la participation du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, Augustin Kibassa Maliba, suscite un intérêt particulier. Sa présence témoigne de l’importance croissante du numérique dans la transformation et la compétitivité du secteur minier de la RD Congo.

Un secteur minier à l’ère de la révolution numérique
Aujourd’hui, l’industrie minière congolaise se trouve à un tournant stratégique. La traçabilité des minerais, la digitalisation des permis et licences, les systèmes de gouvernance électronique ainsi que les solutions technologiques appliquées à la gestion des ressources naturelles ne relèvent plus de simples projections. Ils constituent désormais des outils indispensables pour renforcer la transparence, attirer les investissements et améliorer la compétitivité du pays sur le marché mondial.
Dans cette dynamique, Augustin Kibassa Maliba apparaît comme l’un des principaux artisans des politiques publiques visant à accélérer la transformation numérique de la RDC.
Une convergence entre numérique et industrie extractive
La participation du ministre à DRC Mining Week 2026 envoie un message fort aux investisseurs et aux acteurs de l’industrie : l’économie numérique et le secteur minier avancent désormais dans une même direction.
Les discussions prévues à Lubumbashi porteront notamment sur les systèmes de traçabilité des minerais, les réformes liées aux permis numériques, les cadres d’investissement technologique et les mécanismes de gouvernance électronique susceptibles d’améliorer le climat des affaires dans le secteur extractif.
Ces enjeux sont considérés comme des leviers majeurs pour permettre à la RDC de consolider sa position parmi les principales juridictions minières du monde.
DRC Mining Week, un rendez-vous stratégique
DRC Mining Week 2026 réunira des membres du gouvernement, des investisseurs internationaux, des leaders technologiques, des opérateurs miniers et des experts du secteur autour des défis et opportunités qui façonneront l’avenir de l’industrie extractive congolaise.
La présence du ministre Augustin Kibassa Maliba renforce le caractère stratégique de cette édition, appelée à définir les grandes orientations de la compétitivité numérique du secteur minier congolais pour la prochaine décennie.
À Lubumbashi, les décisions et les partenariats qui émergeront de DRC Mining Week 2026 pourraient bien dessiner le futur numérique du secteur minier de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
