Education
Abbé Santedi aux nouveaux étudiants: » Je vous incite à un travail rigoureux pour mériter le diplôme de l’UCC ! »
L’Université Catholique du Congo a célébré, ce samedi 27 janvier 2024, la fête de Saint Thomas d’Aquin, patron des universités catholiques. A la même occasion elle a accueilli, sur son site de Mont-Ngafula, ses nouveaux étudiants inscrits pour l’année 2023-2024.
Tout a commencé par une célébration eucharistique présidée par Son Excellence Monseigneur Edouard Nsimba, Évêque auxiliaire de l’Archidiocèse de Kinshasa. Ce dernier a articulé son homélie sur 3 axes importants.
D’entrée de jeu, il a rappelé à toute la communauté universitaire : « En célébrant Saint Thomas, l’Eglise nous invite à célébrer une figure dont l’amour de la science demeure remarquable. La célébration de sa fête à l’UCC m’inspire 3 axes fondamentaux :
*1. La primauté de la sagesse* : La sagesse nous donne un art de vivre et nous conduit à connaître Dieu. Cela nous permet d’aimer la science et d’en vivre pleinement. La sagesse nous conduit au savoir pour le service de l’humanité, de nos frères. On ne fait pas la science pour la science. Malheur à la science égoïste. Travailler et étudier à l’UCC, c’est se laisser habiter par la science sacrée. Celle-ci nous rend bon et beau, pour lutter contre les anti-valeurs qui défigurent l’homme.
*2. La quête des valeurs spirituelles et humaines* : C’est la recherche de Dieu. En entrant à l’UCC on doit trouver des valeurs spirituelles et humaines, un espace propice pour chercher Dieu et remplir l’homme des qualités. Les universités catholiques doivent transmettre un système de valeurs. L’UCC comme toute université catholique doit faire la différence. Les anti-valeurs ne peuvent jamais et ne doivent jamais devenir des valeurs. Chacun de vous est appelé à se sanctifier et à se rendre digne dans tout ce qu’il fait. S’il vous plaît, chers administratifs et professeurs, soyez des modèles des vertus pour ces jeunes qui vous regardent. Aidez ces jeunes à être vertueux et porteurs des valeurs. À vous chers étudiants, sachez profiter du temps qui vous est imparti pour étudier. Sanctifiez-vous en menant une vie saine.
*3. L’idéal du service :* Dans la page de l’Évangile, notre Seigneur met en garde ses disciples contre la recherche des titres de noblesse et les invite à l’humilité. Retenez que, aimer le Père c’est reconnaître qu’on a besoin de Lui, c’est faire ce que lui veut et non ce que nous voulons. Jésus nous invite à adopter un idéal de service. Recherchez toujours la grandeur dans le service et l’humilité. Être placé au-dessus des autres ne donne aucun droit, mais c’est être à leur service. Nous sommes tous conviés à entrer dans la dynamique du service », s’est-il exprimé.
Il a conclu son propos en disant : « En cette fête de Saint Thomas d’Aquin, je confie à l’UCC la grande mission de former pour notre pays des hommes et des femmes qui travaillont dans la dynamique du service, les uns au service des autres, les uns pour les autres et non les uns au détriment des autres, les uns sans les autres », a-t-il conclu.
Prenant la parole à la fin de la célébration, le Recteur de l’Université Catholique du Congo, le Professeur Abbé Léonard Santedi s’est en ces mots : » Aujourd’hui est un jour de fête, un jour de joie. J’ai trois petits mots pour vous. De prime abord, j’adresse mes remerciements à Mgr Édouard : Excellence la famille UCC est heureuse, elle est comblée, elle jubile de vous accueillir dans notre Alma mater.
Mon deuxième mot est une exhortation pour la famille universitaire : célébrer Saint Thomas, c’est célébrer à la fois, la science, la sagesse et la vertu. Nous contemplons aujourd’hui un savant qui a marqué l’histoire de l’humanité. Je veux simplement vous redire que ce qui fait la hauteur et la grandeur de cet homme c’est l’équipe entre la science et la foi. C’est par la foi et la raison que nous apporterons notre contribution à la construction d’un monde prospère.
Aux nouveaux : Je vous salue, très chers amis. Aujourd’hui, c’est notre fête à nous tous, mais surtout votre fête d’appartenir à une université de référence qui a pour devise : Lumen super flumen. Vous êtes appelés à être des lumières pour notre nation. Je vous souhaite la bienvenue et vous incite à un travail rigoureux pour mériter le diplôme de cette grande université. Sentez-vous chez vous et apportez votre richesse à l’UCC. Je vous souhaite bonne fête et une belle réussite aux examens qui approchent », s’est-il exprimé.
La messe s’est clôturée par la bénédiction finale du président de l’Eucharistie, Monseigneur Edouard Nsimba. S’en est suivi une photo de famille, puis une conférence sur l’intelligence artificielle, animée par la Révérence Sœur Odette Sangupamba, Doyenne de la Faculté des sciences informatiques de l’UCC. Des activités culturelles s’en suivront pour clôturer cette journée festive et colorer la soirée.
Régis NGUDIE/Congoprofond.net
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TENASOSP en RDC : Entre test d’orientation et examen déguisé, la grande confusion qui scandalise les enseignants
Le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP) continue de susciter une vive polémique en République démocratique du Congo. Présenté comme un outil d’orientation destiné aux élèves finalistes de l’éducation de base, ce test national apparaît, dans la pratique, comme une véritable épreuve certificative. Une ambiguïté qui alimente l’incompréhension des enseignants, des parents et des spécialistes de l’éducation.
Au cœur de cette controverse, une question fondamentale demeure : le TENASOSP a-t-il été institué pour orienter les élèves ou pour sanctionner la fin d’un cycle scolaire ? Pour plusieurs observateurs, sa finalité reste floue et nécessite des clarifications urgentes de la part du pouvoir organisateur.

Le professeur Jean-Paul Yawidi dénonce une confusion dangereuse
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, le professeur Jean-Paul Yawidi Mayinzambi, de l’Université Pédagogique Nationale, est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une grave confusion autour du TENASOSP.
Docteur en psychologie, l’universitaire rappelle qu’un test est fondamentalement différent d’un examen.
Selon lui, un examen sert à mesurer les acquis scolaires d’un apprenant, à évaluer les connaissances reçues durant la formation, avec à la clé une logique de réussite ou d’échec.
En revanche, explique-t-il, un test vise essentiellement à identifier les aptitudes, les potentialités et le profil d’un individu afin de l’orienter vers une filière d’études ou une profession adaptée. Dans ce cas, il n’existe ni réussite ni échec.
« Le comportement à adopter face à un test est totalement différent de celui d’un examen », insiste le professeur Yawidi, avant de dénoncer une dérive inquiétante :
« Ce qui se passe chez nous, cette confusion entre examen et test, risque même de pousser certains à rejeter le TENASOSP. »
Quand le test devient une condition de passage
Dans la pratique, le TENASOSP est désormais intégré dans le calcul des points des élèves. Les résultats obtenus sont combinés avec ceux de l’école pour déterminer le passage des élèves de la 8ᵉ année de l’éducation de base vers les humanités.
Une situation qui, pour plusieurs professionnels de l’éducation, transforme un simple test d’orientation en examen sanctionnant la fin du cycle.
Cette réalité choque davantage l’opinion publique que le système éducatif organise déjà l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP) au cours du même parcours scolaire.
Pour beaucoup de parents et d’enseignants, la coexistence de ces deux évaluations certificatives dans un même cycle apparaît comme une surcharge inutile pour les élèves.
Des questions qui dérangent
Face à cette situation, plusieurs interrogations reviennent avec insistance :
– Pourquoi entretenir la confusion entre test et examen ?
– Pourquoi les autorités éducatives gardent-elles le silence ?
– Le TENASOSP sert-il réellement l’orientation scolaire des élèves ?
Certains responsables scolaires vont encore plus loin. Un chef d’établissement estime que les organisateurs seraient conscients de cette confusion, mais choisiraient volontairement de la maintenir.
Selon lui, derrière le TENASOSP se cacherait également une importante question financière.
Les frais de participation pointés du doigt
Officiellement, le TENASOSP est organisé moyennant des frais de participation fixés par les autorités. Mais dans la pratique, plusieurs parents dénoncent des frais additionnels imposés dans certains établissements scolaires.
À Kinshasa, les frais de participation sont récemment passés de 26.000 à 36.000 francs congolais, provoquant la colère de nombreuses familles déjà confrontées à des difficultés économiques.
Les syndicats des enseignants réclament aujourd’hui la suppression de ces frais qu’ils jugent « asphyxiants » pour les parents.
Une réforme devenue sensible
Dès la première édition du TENASOSP, plusieurs députés nationaux avaient dénoncé la double organisation des épreuves certificatives dans le cycle de l’éducation de base.
Cependant, toute suppression du TENASOSP nécessiterait une modification de la loi-cadre de l’enseignement national, ce qui complique davantage le débat.
Lors d’une conférence organisée le 5 juillet 2024 à l’Université du Lac Albert, le professeur Jean-Paul Yawidi Mayinzambi n’avait d’ailleurs pas hésité à qualifier le TENASOSP d’« escroquerie », relançant ainsi une controverse qui continue de diviser le monde éducatif congolais.
À mesure que les critiques se multiplient, la pression monte désormais sur le pouvoir organisateur, appelé à clarifier définitivement le rôle réel du TENASOSP dans le système éducatif congolais.
Jules Kisema Kinkatu/CONGOPROFOND.NET
