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À 69 ans, Koffi Olomidé réinvente la scène et rallume la flamme congolaise
Il aura fallu 16 longues années. 16 ans d’absence, de silence scénique, de nostalgie pour un public resté fidèle. Mais ce samedi 6 septembre 2025, à l’ING Arena de Bruxelles, le « Grand Mopao » a brisé ce long jeûne artistique, livrant une performance monumentale digne des plus grandes légendes. Une soirée à inscrire dans les annales de la rumba congolaise et de la scène internationale.

Comme César franchissant le Rubicon
À l’image de Jules César traversant le Rubicon, Koffi Olomidé a franchi le seuil de l’oubli imposé par les années, retrouvant la scène belge comme un conquérant retrouve ses terres. L’arène bruxelloise, pleine à craquer, a été témoin d’un retour en fanfare du roi du Tchatcho, entouré de ses proches, de ses musiciens et d’un public conquis d’avance.
« Il est venu, ils l’ont vu, il a vaincu. » Tel pourrait être le résumé de ce concert-événement, véritable leçon de scène, d’élégance et de transmission.
Une entrée familiale, entre émotion et symbole

La soirée s’est ouverte sous le signe de la famille. Cyndi Le Cœur, muse et complice artistique du Quadrakoraman, a fait son entrée aux côtés de Manolo Olomidé, fils biologique de l’artiste. Mais c’est l’apparition de Kenaya Olomidé, sa cadette, qui a déclenché les premières salves d’émotion. Quelques instants plus tard, Mopao entrait en scène, majestueux, accueilli par une ovation digne des grands gladiateurs.
À 69 ans, l’énergie intacte

Il n’a rien perdu de sa verve ni de sa flamboyance. À 69 ans, Koffi Olomidé défie les lois du temps. Voix posée, gestes précis, charisme intact : l’artiste a offert un spectacle d’une intensité rare. Les classiques ont fusé : « Papa Mobimba », « Fouta Djallon », « Selfie », « Effrakata »… autant de titres repris en chœur par une foule transgénérationnelle, transportée dans une communion quasi spirituelle.
Didistone à l’honneur, le public en liesse

Moment fort de la soirée : le vibrant hommage rendu à sa fille Didistone Naike. Une dédicace inattendue, portée par l’émotion d’un père, qui a électrisé la salle. Dans ce geste, toute la tendresse, la fierté et la dimension humaine d’un artiste souvent perçu comme « larger than life ».
Une scène partagée, une fête totale

Comme à son habitude, Koffi n’a pas gardé la scène pour lui seul. Il a été rejoint par des invités de marque : Fabregas, Gally Garvey et Éric Tutsi, venus prêter main forte au maître pour faire monter la température. La complicité entre Koffi Olomidé et Cyndi Le Cœur, pilier consolidé avec le temps, a été l’un des sommets de cette soirée d’anthologie.
Plus qu’un concert : une page d’histoire
Ce n’était pas un simple concert. C’était un retour triomphal. Une renaissance artistique. Une déclaration d’amour à un public fidèle, à une musique toujours vivante, à une culture qui ne meurt jamais.
Certes, la formule orchestrale « étoiles en constellation » qui avait fait les grandes heures du Quartier Latin International dans les années 1990 et 2000 n’a plus la même vigueur depuis les départs de Fally Ipupa et Ferré Gola. Mais Mopao, dans son ingéniosité, a su s’appuyer sur Cyndi Le Cœur, figure controversée mais indéniablement consolidée au fil du temps, et désormais perçue par beaucoup comme l’héritière naturelle de son empire musical.

Au-delà des scandales, des procès et des rumeurs d’une fin de carrière, Koffi Olomidé a prouvé que sa musique reste étanche au temps et que son aura dépasse les frontières. À travers ce concert, c’est une page d’histoire qu’il a écrite. Bruxelles, ce soir-là, a vibré au rythme du Tchatcho, célébrant un monument africain qui, à 69 ans, n’a rien perdu de sa grandeur.
Un pari risqué, mais un pari gagné.
Barca Horly Fibilulu Mpia
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Corridor de Lobito : Tshisekedi mise sur un projet clé pour connecter l’Afrique au monde
Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi , a présenté le projet du corridor de Lobito comme un levier stratégique d’intégration économique et de consolidation de la paix en Afrique centrale, lors du 5ᵉ Forum diplomatique d’Antalya, ouvert ce vendredi en Turquie.
Intervenant au panel des Leaders consacré au thème « le rôle de l’appropriation régionale dans un monde en transformation », le Chef de l’État congolais a mis en avant cette initiative comme un projet structurant appelé à renforcer les connexions entre l’Afrique et les marchés internationaux.
« Je fais ici référence, par exemple, au projet majeur qui suscite actuellement un intérêt partagé en Afrique centrale : le corridor de Lobito. Ce corridor d’intégration économique permettra d’acheminer les productions vers des centres de consommation situés sur d’autres continents », a déclaré le Président Tshisekedi.
Selon lui, cette infrastructure illustre l’importance d’une coopération régionale renforcée et traduit la volonté des États concernés de promouvoir un environnement fondé sur la stabilité, la paix et le respect mutuel des intérêts.
Le corridor de Lobito, en cours de développement, est ainsi perçu comme un axe stratégique majeur pour faciliter les échanges commerciaux, désenclaver certaines zones de production et positionner davantage l’Afrique centrale dans les chaînes de valeur mondiales.
Dorcas Ntumba
