Actualité
Tshangu toujours asphyxiée : Le boulevard Lumumba, cauchemar sans fin
Chaque jour, depuis plusieurs années, le district de la Tshangu, situé à l’est de Kinshasa, vit au rythme d’un supplice urbain : les embouteillages monstres sur le boulevard Lumumba. Cet axe stratégique, reliant Limete à l’aéroport international de N’djili, est devenu synonyme de perte de temps, de fatigue et de frustrations pour des milliers d’habitants.

Nombreux sont les travailleurs qui arrivent systématiquement en retard à leurs bureaux, tandis que le retour à la maison, en fin de journée, se transforme en un véritable parcours du combattant.
Une panne qui a tout bloqué
Vendredi dernier, la situation a tourné au cauchemar lorsqu’un poids lourd est tombé en panne à hauteur de l’arrêt Bitabe. Résultat : un embouteillage géant qui a paralysé la circulation du matin au soir. Certains voyageurs, coincés sur la route, ont même manqué leurs vols à l’aéroport de N’djili. De quoi alimenter la colère et la frustration d’une population déjà épuisée par ce mal récurrent.
Un problème ancien, sans issue durable
Si cet incident récent a mis en évidence l’ampleur du désastre, il ne fait que rappeler une réalité bien connue des habitants de Tshangu. Depuis des années, la congestion routière est devenue la norme. Faute d’alternative crédible, beaucoup ont fini par adopter la fameuse « ligne 11 » : marcher de longues distances pour contourner les blocages.
La colère des habitants monte
« Jusqu’à quand allons-nous supporter ce calvaire ? Quand les autorités prendront-elles enfin des mesures concrètes pour fluidifier la circulation ? », s’interrogent avec amertume les riverains.
Un appel pressant aux autorités
En attendant des solutions structurelles, qu’il s’agisse de la modernisation des infrastructures, du renforcement du transport public ou d’une meilleure régulation du trafic, les habitants de Tshangu restent prisonniers des embouteillages quotidiens. Une attente qui semble interminable.
Glody Bukasa Mawila
Actualité
Nord-Kivu : à la veille de la visite ministérielle, Clovis Mutsuva appelle les chefs coutumiers à « dire la vérité » face à l’insécurité
L’arrivée annoncée du ministre des Affaires coutumières, prévue ce vendredi 17 avril 2026 dans les villes de Beni et Butembo, continue de susciter de vives réactions au sein de la communauté locale. Dans un contexte marqué par une insécurité persistante dans le Grand Nord du Nord-Kivu, plusieurs voix s’élèvent pour interpeller les autorités coutumières appelées à rencontrer le membre du gouvernement.
Parmi elles, celle de Clovis Mutsuva, leader d’opinion dans la région, se distingue par la fermeté de son ton. À la veille de cette visite officielle, il adresse un message direct aux chefs coutumiers, communément appelés Mwami, les exhortant à assumer pleinement leur rôle face aux violences qui frappent la région depuis plus d’une décennie.
Dans une déclaration empreinte d’émotion et d’indignation, il rappelle l’ampleur des souffrances endurées par la population : « Je m’adresse à nos chefs coutumiers, nos Mwami. Voici plus de dix ans que nous mourons par décapitation. Ailleurs, les coutumiers mettent fin à la guerre dans ce pays. […] Mais ici chez nous, je ne veux pas revenir sur les petits conflits qui vous occupent souvent, comme la cession des terres… »
Au-delà du constat, Clovis Mutsuva dénonce les divisions internes et les luttes de pouvoir qui, selon lui, fragilisent l’autorité coutumière et détournent l’attention des véritables enjeux sécuritaires. Il pointe également la prolifération de faux chefs coutumiers :
« Il est vrai qu’il existe des vrais coutumiers, mais les faux existent aussi, et ils sont les plus nombreux. […] C’est une occasion importante qui ne doit pas servir à exposer encore vos querelles. »
Pour ce leader d’opinion, la visite du ministre représente une opportunité cruciale à ne pas gaspiller. Il appelle les autorités traditionnelles à privilégier l’intérêt général et à proposer des solutions concrètes pour mettre fin à l’insécurité, notamment face aux exactions attribuées aux ADF.
Il insiste sur le fait que les conflits entre chefs coutumiers n’ont jamais profité à la population : « Nous, la population, n’avons jamais vu le bénéfice de tout cela. […] Allez lui dire la vérité. Réfléchissez ensemble à comment mettre fin au phénomène ADF, comment utiliser votre pouvoir pour arrêter les massacres et récupérer nos territoires. »
Son message s’étend également à la société civile et à la jeunesse, qu’il invite à éviter tout opportunisme lors de cette visite et à privilégier la responsabilité collective.
Cette prise de parole traduit un ras-le-bol croissant au sein de la population du Grand Nord, qui attend des actions concrètes de la part des autorités, tant coutumières que politiques, pour mettre un terme à une crise sécuritaire qui perdure depuis trop longtemps.
Franck Kaky / CONGOPROFOND.NET
