Politique
Engagement tenu pour Congo Airways : Félix Tshisekedi surprend avec 10 nouveaux avions au lieu de 7 promis en 2019
Dans le monde aéronautique, le choix d’un avion peut faire ou défaire une compagnie. À l’heure où Congo Airways se trouve à un carrefour décisif, l’analyse objective et comparative entre le Boeing 737-800 et l’Airbus A320-200 Néo, notamment dans le cadre d’une location AMI (Appel à Manifestation d’intérêt), s’impose.
Avec l’annonce d’un partenariat public-privé (PPP) BOT pour l’acquisition de trois Airbus A320-200 Néo flambant neufs, il est temps d’explorer les avantages que cette décision pourrait apporter à la compagnie nationale nationale Congo Airways et à son avenir. Beaucoup ne le savent pas encore mais Congo Airways a acquis des Airbus A320-200 Néo.
Tout d’abord, concentrons-nous sur l’Airbus A320-200 Néo. Ce modèle est connu pour son efficacité énergétique, avec des moteurs Pratt & Whitney GTF qui réduisent la consommation de carburant de 15 % par rapport à ses prédécesseurs. En optant pour ces appareils, Congo Airways s’engage non seulement à moderniser sa flotte, mais aussi à réduire ses coûts d’exploitation à long terme.
À une époque où chaque centime compte, cet aspect est crucial. De plus, l’A320 Néo offre un confort inégalé pour les passagers avec un espace cabine optimisé et des caractéristiques acoustiques supérieures. Dans un secteur où l’expérience client est primordiale, ce choix pourrait bien faire la différence. C’est un atout inestimable et une fierté nationale.
L’aspect esthétique et fonctionnel de l’A320, associé à une réputation de fiabilité, constitue un atout pour renforcer l’image de marque de la compagnie. En comparaison, le Boeing 737-800, bien qu’étant un appareil éprouvé, présente des limites. Sa consommation de carburant est moins compétitive face au Néo, et en matière d’innovations technologiques, il semble accuser un certain retard.
De plus, le modèle de leasing ACMI (Aircraft Crew Maintenance Insurance) c’est-à-dire Avion, Équipage, Maintenance et Assurance actuellement en vigueur avec le B737-800 ne permet pas à Congo Airways de capitaliser sur ses investissements. Les avions restent la propriété de la société de leasing, et les investissements dans l’entretien et les réparations se font au bénéfice d’un tiers.
C’est un modèle qui, à terme, étouffe le potentiel de développement de la compagnie. L’aspect innovant du partenariat proposé réside également dans la structure de financement. Avec l’option d’achat intégrée, Congo Airways peut considérer chaque paiement comme un investissement dans son avenir. Les paiements effectués seront déduits du prix d’achat total.
Ce qui permet à la compagnie de devenir propriétaire de ses appareils et d’en assurer l’entretien. Cela représente un tournant radical par rapport au modèle ACMI, qui, en fin de compte, n’offre aucune voie vers la propriété. Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a exprimé sa volonté de doter la compagnie nationale de nouveaux avions en s’engageant dans cette direction.
La promesse faite à la nation congolaise en décembre 2019 lors de son premier discours sur l’état de la nation commence à prendre forme. En plus de ces trois Airbus déjà arrivés sur le sol congolais, quatre autres avions neufs devraient être disponibles d’ici juin 2025 et les trois derniers au mois de décembre 2025, consolidant ainsi la vision stratégique de renforcement de la flotte nationale avec 10 avions neufs.
Il est clair que l’avenir de Congo Airways dépend d’un choix éclairé entre le B737-800 et l’A320-200 Néo. En optant pour ces derniers, la compagnie ne fait pas seulement un choix d’avion, mais elle embrasse une nouvelle philosophie de gestion qui lui permettra de croître, de se moderniser et de consolider son rôle sur le marché aérien africain.
Congo Airways se doit de regarder vers l’avant, d’investir dans des appareils qui lui donneront les moyens de ses ambitions. Avec une flotte modernisée, la compagnie pourra non seulement répondre aux attentes de ses passagers, mais également contribuer au développement économique du pays. Le ciel n’est pas la limite, c’est seulement le début.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
À la Une
395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
