Provinces
Butembo : Les membres de CFCL Asimia et Bamasoba outillés en résolution pacifique des conflits
Les membres de la Concession Forestière des Communautés Locales (CFCL) Asamia et Bamasoba ont été à l’école du savoir, ce jeudi 10 octobre 2024 en ville de Butembo, au Nord-Kivu-Kivu, à l’Est de la RDC. Ils ont bénéficié des notions sur la résolution pacifique des conflits. L’objectif est de doter les participants desdites notions afin qu’ils deviennent experts sur la résolution pacifique des conflits entre les communautés, surtout qu’on a affaire aux membres de CFCL Asimia et Bamasoba, selon le superviseur terrain de l’Union pour l’Émancipation de la Femme Autochtone (UEFA), Amuli Fidèle Kirachenga.
« Nous attendons des participants d’être experts sur la résolution des conflits entre les communautés, simplement puisque nous avons affaire aux membres de la communauté CFCL Asimia et Bamasoba et supposons qu’entre les membres de la communauté on peut y avoir quelques soucis et avec ça, on suppose qu’ils seront en mesure de résoudre pacifiquement les conflits entre les membres », a-t-il dit.
Amuli Fidèle Kirachenga a profité de cette occasion pour lancer un message de réconciliation et de résolution à l’amiable du conflit qui risquerait d’éclater il y a peu, en secteur de Bapere à Manguredjipa en territoire de Lubero entre les originaires et les non-originaires de cette partie du Nord-Kivu. Ils invitent à un dialogue social sincère pour régler définitivement les différends qui semblaient les diviser.
Il sied de signaler que c’est l’autorité urbaine, le commissaire supérieur principal, Mowa Baeki Telly Roger, qui a ouvert cette formation. Il a appelé les bénéficiaires de cette capacitation à l’assiduité pour qu’ils deviennent des véritables acteurs en résolution pacifique des conflits.
Cette formation qui allait se tenir à Munguredjipa, chef-lieu du secteur des Bapere, en territoire de Lubero, a été délocalisée en ville de Butembo suite à la situation sécuritaire qui prévaut dans cette région. Ladite formation s’inscrit dans le projet « Tenure Facility ».
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
