Sécurité
Sombre début de semaine en Ituri : Sa Majesté Henri Juga Krilo Tchele et 5 militaires FARDC tués à Nizi
Début de semaine triste dans la province de l’Ituri. Le chef de chefferie de Mambisa et 4 autres civils ont été tués dans une attaque armée à Nizi, chef-lieu du territoire de Mambisa, en territoire de Djugu, en province de l’Ituri, dans la soirée du dimanche 1 septembre 2024.
En attendant une communication officielle sur l’identité des hommes armés auteurs de cette tuerie, des sources concordantes abordées par nos confrères de buniaactualie.cd ce lundi 02 septembre confirment le décès de cette autorité coutumière.
«Il a été tué aux environs de 20 h, heure locale, dans une attaque surprise. Nous ignorons encore les auteurs de cet acte odieux», confie une source locale sous couvert d’anonymat.
«Nous avons la profonde douleur d’annoncer à toute la population de la province de l’Ituri en général et plus spécialement à toute la population du territoire de Djugu, la mort inopinée du chef de chefferie des Mambisa, Sa Majesté Henri Juga Krilo Tchele, tué ce dimanche 01 septembre 2024 par des hommes armés non autrement identifiés », écrit pour sa part, Jean-Pierre Bikilisende, président du Caucus des députés provinciaux de Djugu.
Le chef n’était pas le seul à être tué. Sur la liste des personnes assassinées, cette même soirée-là, il y a également le président de la jeunesse locale et d’autres personnes.
L’administrateur du territoire de Djugu parle de 5 militaires des Forces armées de la RDC tués, eux qui seraient déployés pour stopper l’hémorragie.
Consterné par ce nouveau carnage à Djugu, le Conseil provincial de la jeunesse de l’Ituri appelle au calme et insiste sur la collaboration de la jeunesse locale en vue de permettre aux services de sécurité de mettre la main sur les auteurs de ce drame. Deogratias Bungamuzi espère que les auteurs seront « traduits devant la justice dans les plus brefs délais ».
À l’heure actuelle, à Nizi, la population est inconsolable. Ce chef-lieu de Mambisa est situé à moins de 40 kilomètres de Bunia, capitale provinciale de l’Ituri. Les prochaines heures pourraient clarifier davantage les choses, notamment sur les raisons ayant conduit à ce nouveau carnage, mais aussi et surtout, l’identité des auteurs dans un territoire de Djugu où opèrent les groupes armés Zaïre et CODECO.
Dans le territoire de Djugu, outre l’assassinat des officiers militaires et des chefs des villages ou encore des groupements par des hommes armés, c’est pour la toute première fois qu’un chef de chefferie soit tué depuis le début des atrocités en 2017.
Vérité Johnson/CONGOPROFOND.NET avec buniaactualite.cd
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
