Actualité
Nord-Kivu: OLPA stupéfait par les actes d’intimidation contre une journaliste à Goma
L’Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), ONG de défense et de promotion de la liberté de la presse, exprime sa grande stupéfaction après des actes d’intimidation contre Yvonne Kapinga, directrice de la radio Go FM, station émettant à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Yvonne Kapinga également correspondante du média en ligne Actualite.cd, a été victime d’actes d’intimidation, le 17 juin 2024, de la part de trois individus arborant la tenue de DGM (Direction générale des Migrations).
C’était au moment où elle se trouvait dans l’enceinte de l’école primaire Kalangala au quartier Volcans à Goma, pour y effectuer un reportage sur l’écroulement de la façade de l’école après une forte pluie ayant causé plusieurs blessés graves parmi les écoliers.
Les agents de la DGM ont intimé l’ordre à la journaliste de supprimer les images du reportage, lui reprochant de filmer les enfants en détresse.
Un agent de DGM a appelé la foule à lyncher la journaliste sous prétexte qu’elle était au service du Rwanda. Heureusement qu’Yvonne Kapinga a été reconnue par des habitants du quartier comme journaliste.
Eu égard à ce qui précède, OLPA condamne vigoureusement ces actes d’intimidation ayant mis en danger la vie d’une journaliste en plein exercice de sa profession. Il s’agit manifestement d’une entrave à la libre circulation de l’information garantie par la législation congolaise et les instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme.
En conséquence, OLPA invite les responsables de DGM/Goma à diligenter une enquête pour identifier les auteurs de cet acte et les sanctionner conformément à la loi.
Politique
RDC : Andy Bemba appelle à une refondation de l’État congolais « Le problème du Congo dépasse les hommes »
Le président national du parti Nouvelle Pensée(NP), Andy Bemba, a plaidé pour une rupture profonde avec le système politique actuel en République démocratique du Congo. Dans une déclaration faite ce samedi 23 mai 2026, il invite pouvoir et opposition à « réfléchir sérieusement à notre avenir » et à engager une refondation de l’État.
« Il est temps de marquer un arrêt et de réfléchir sérieusement à notre avenir. Reconnaître que notre système politique a montré ses limites », a déclaré l’homme politique. Pour lui, la crise congolaise ne peut plus être réduite à une alternance entre majorité et opposition. « Pouvoir comme opposition, nous devons penser à refonder notre État. Repartir à zéro pour ouvrir une nouvelle voie, celle du changement, de la responsabilité et de la révolution des mentalités. »
Le leader de la Nouvelle Pensée critique directement les slogans politiques simplistes. S’adressant aux opposants, il affirme : « “Art.64 Tshisekedi doit partir” ne peut pas être un projet politique ». Une manière de dire que la contestation centrée sur la personne du président Félix Tshisekedi ne suffit pas à porter une vision d’avenir pour le pays.
Andy Bemba insiste sur la profondeur des maux congolais. « Le problème du Congo dépasse les hommes. Il touche à la solidité de l’État, à l’unité nationale et à notre capacité à défendre nos intérêts. » Il met ainsi l’accent sur la nécessité de reconstruire les institutions, de renforcer la cohésion nationale et de doter le pays d’une stratégie capable de protéger ses ressources et sa souveraineté.
L’appel intervient dans un contexte marqué par les défis sécuritaires dans l’Est du pays, les tensions politiques, les débats sur la gouvernance et un malentendu sur le changement de la constitution.
Pour Andy Bemba, attendre reviendrait à aggraver la situation : « Pensons-y avant qu’il ne soit trop tard. »
La Nouvelle Pensée, formation politique encore jeune sur l’échiquier national, se positionne depuis sa création comme un mouvement prônant la transformation des mentalités et une rupture avec les pratiques du passé. Avec cette sortie, son président cherche à déplacer le débat public : au-delà des querelles de personnes, il propose de remettre à plat le contrat social congolais.
Reste à savoir si cet appel à « repartir à zéro » trouvera un écho auprès des autres acteurs politiques, au pouvoir comme dans l’opposition. Pour Andy Bemba, l’urgence est d’ouvrir une voie nouvelle, fondée sur la responsabilité collective et une révolution culturelle capable de redonner confiance aux congolais dans leur État.
Blaise ABITA ETAMBE
