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Réflexions sur le contrôle et l’empowerment : Leçons d’Épictète pour le peuple congolais
Dans un monde tourmenté par l’incertitude et l’adversité, les paroles intemporelles d’Épictète résonnent profondément. Lorsque les vicissitudes de la vie frappent, le peuple congolais est confronté à un dilemme éternel : où concentrer sa précieuse énergie ?
Inspiré par la philosophie stoïque, Épictète nous rappelle que le pouvoir réside dans notre capacité à distinguer ce qui dépend de nous de ce qui échappe à notre contrôle. Alors que les tourments politiques, économiques et sociaux continuent de défier la résilience du peuple congolais, la sagesse d’Épictète offre une boussole morale.
En se concentrant sur ce sur quoi ils ont du pouvoir, les individus peuvent transcender les circonstances extérieures et cultiver un sentiment profond d’autonomie. Cependant, cette dichotomie du contrôle exige un courage radical et une introspection honnête. Le destin ne décide pas de tout. Il choisit et la sagesse est de nous montrer dignes de son choix, quel qu’il soit.
En embrassant la responsabilité personnelle et en rejetant le fatalisme, les Congolais peuvent forger leur destinée avec détermination et lucidité. En se libérant des chaînes de la passivité et de la résignation, ils peuvent devenir les architectes de leur propre avenir. Le destin n’est pas une question de chance mais de choix individuel et collectif.
Ainsi, dans l’esprit d’Épictète, la clé du véritable pouvoir réside non pas dans la domination des autres ou des événements extérieurs, mais dans la transformation intérieure de soi-même. En embrassant cette philosophie de l’empowerment, le peuple congolais peut transcender les limites de l’oppression et de l’adversité, pour se hisser vers des sommets de dignité et d’autonomie.
La dichotomie du contrôle selon Épictète offre une voie vers la liberté intérieure et la résilience face à l’adversité. En se concentrant sur ce qui est en leur pouvoir de changer, les Congolais peuvent devenir les héros de leur propre récit, façonnant un avenir empreint de courage, de détermination et de dignité. Une destinée ne vaut pas plus qu’une autre, mais tout peuple doit respecter celle qu’il porte en lui.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Butembo : Me Sekera Kasereka relance le combat pour la salubrité et la dignité des balayeurs
Face à la problématique grandissante de l’insalubrité dans la ville de Butembo et aux conditions jugées précaires des balayeurs urbains, Me Sekera Kasereka Kivasuvwamo a lancé, ce dimanche 24 mai 2026, une pétition collective en faveur des agents de l’assainissement. L’initiative a été dévoilée lors d’une conférence-débat organisée au Centre d’accueil Joli Rêve, en présence de plusieurs intellectuels ainsi que des balayeurs de la ville.

Au cours de cette rencontre, le coordonnateur de la Dynamique Sekera a dressé un tableau alarmant de la gestion des immondices à Butembo, qu’il considère comme une menace sérieuse pour la santé publique, particulièrement dans un contexte marqué par la résurgence d’Ebola. Il a également plaidé pour une prise en charge responsable des membres de la brigade d’assainissement urbain, souvent contraints de travailler sans équipements adéquats.
Avocat au barreau du Nord-Kivu, Me Sekera affirme avoir déjà multiplié les démarches auprès des autorités urbaines, notamment à travers des correspondances, des mémorandums et deux précédentes pétitions restées sans suite. Selon lui, les balayeurs n’ont jamais obtenu l’audience sollicitée auprès du maire de ville afin d’exposer directement leurs revendications. « Aujourd’hui, une nouvelle pétition collective vient d’être signée par les balayeurs ainsi que par plusieurs habitants de Butembo », a-t-il expliqué, dénonçant l’absence de réponse aux recommandations formulées depuis plusieurs mois.
Dans cette nouvelle pétition, dont une copie est réservée au gouverneur du Nord-Kivu, plusieurs recommandations urgentes sont formulées. Les signataires réclament notamment la dotation immédiate des balayeurs en matériels de travail tels que gants, salopettes, cache-nez, bottes et brouettes. Ils demandent également que l’intégralité des recettes issues de la taxe “ville propre” soit affectée exclusivement au service d’assainissement, avec une répartition de 50 % pour la rémunération des balayeurs et 50 % pour l’achat des équipements et autres besoins du service.
Les pétitionnaires exigent par ailleurs la suppression des cautions imposées aux balayeurs, l’augmentation progressive de leur prime mensuelle au-delà de 20 dollars américains pour tendre vers le SMIG fixé par le gouvernement congolais, ainsi que le paiement régulier de cette rémunération. Ils souhaitent aussi voir la mairie doter la ville de dispositifs-poubelles, d’engins roulants suffisants pour l’évacuation des déchets et de dépotoirs officiels afin d’éviter les déversements anarchiques d’immondices.
Malgré l’échec des précédentes démarches, Me Sekera Kasereka Kivasuvwamo assure qu’il ne compte pas abandonner ce combat. Il promet de faire parvenir cette pétition aux autorités provinciales et nationales afin d’obtenir des solutions durables au problème de salubrité qui gangrène Butembo. Il a enfin appelé la population à s’approprier cette lutte citoyenne qu’il considère comme une question d’intérêt général.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
