Politique
Détournement de deniers publics en RDC : L’affaire des forages et la lutte contre la corruption
Au cœur d’une affaire retentissante, l’analyse minutieuse des contrats révèle un schéma troublant de détournement de deniers publics en RD Congo. Certains politiques congolais sont passés « maîtres » dans l’art du détournement de deniers publics, vivant au crochet du contribuable et multipliant des stratagèmes de corruption.
Le ministère du Développement Rural, dirigé par l’ancien Ministre Guy MIKULU POMBO, a conclu un accord lucratif avec le consortium STEVER CONSTRUCT CAMEROUN SARL et SOTRAD WATER pour l’installation de 1000 unités solaires de pompage et de traitement d’eau, mais les détails suggèrent des pratiques frauduleuses.
Alors que le coût initial des forages était déjà jugé excessif, les négociations ultérieures ont abouti à l’augmentation du nombre d’unités sans réduction des coûts, soulevant des doutes légitimes sur la transparence de l’affaire. La nécessité d’entendre les inculpés, y compris François RUBOTA MASUMBUKO et Nicolas KAZADI, pour clarifier leur implication dans cette affaire trouble est impérieuse.
Malgré les signes évidents de surfacturation, le ministre des Finances, Nicolas KAZADI, a admis un paiement de 71 millions de dollars pour un nombre inférieur de stations d’eau que celui déclaré, sans même disposer d’une évaluation technique adéquate. Les révélations des syndicalistes et les déclarations contradictoires des parties prenantes pointent vers une possible infraction.
C’est ni plus ni moins un détournement des deniers publics, un crime sévèrement sanctionné par le code pénal congolais. Cette affaire, portée à la lumière publique, met le Président Félix Tshisekedi à un carrefour crucial. C’est l’opportunité de briser le cycle de la corruption endémique et de réaffirmer un engagement ferme contre le détournement de fonds publics en RDC.
Il est temps que la transparence, la responsabilité et l’intégrité reprennent leur place au cœur de la gouvernance, faisant de la lutte contre la corruption une norme et non une exception dans le pays. Certaines langues pointeraient clairement vers la première institution de la république indiquant que le manque de sanction est une forme de caution morale.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
Actualité
Joseph Kabila : “Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC”
Dans un communiqué non signé daté du 30 avril 2026, mais confirmé par plusieurs cadres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), l’ancien Président de la République, Joseph Kabila, réagit avec étonnement et fermeté à la décision du gouvernement des États-Unis le visant personnellement. Il qualifie cette mesure de profondément injustifiée, politiquement orientée et dénuée de preuves irréfutables. Loin de l’affaiblir, affirme-t-il, cette décision renforce sa détermination à lutter contre ce qu’il décrit comme une dérive autoritaire en République démocratique du Congo.

Un héritage revendiqué au sommet de l’État
Joseph Kabila met en avant son bilan à la tête du pays entre 2001 et 2019, période durant laquelle il affirme avoir œuvré pour la réunification nationale, la pacification progressive du territoire et la réconciliation entre Congolais. Il souligne également la reconstruction des institutions étatiques et la stabilisation de la région des Grands Lacs.
Parmi les acquis majeurs revendiqués figure la sortie de la RDC d’une guerre régionale dévastatrice, ainsi que l’organisation de la toute première alternance pacifique au sommet de l’État. Un héritage qu’il estime inaltérable, quelles que soient les pressions extérieures.
Des accusations jugées sans fondement
L’ancien chef de l’État conteste vigoureusement la base des sanctions américaines, qu’il accuse de s’appuyer exclusivement sur le discours du pouvoir en place à Kinshasa. Selon lui, aucune preuve tangible n’a été présentée devant les juridictions nationales, notamment la justice militaire, pour étayer les accusations portées contre sa personne.
Dans ce contexte, il dénonce une instrumentalisation de la diplomatie américaine à des fins de règlement de comptes politiques internes. Il met en garde contre le risque que ces sanctions soient perçues comme un soutien implicite à une gouvernance qu’il qualifie de prédatrice et répressive.
Un appel à une approche globale de la crise congolaise
Joseph Kabila réaffirme son attachement à l’unité nationale, à l’intégrité territoriale et à la paix, tant en RDC que dans la région des Grands Lacs. Il plaide pour une solution politique inclusive, insistant sur le fait que la crise congolaise ne se limite pas aux enjeux sécuritaires dans l’Est, mais trouve aussi ses racines dans des défis de gouvernance politique et économique.
Il appelle ainsi les partenaires internationaux, notamment les États-Unis, à jouer un rôle constructif en faveur d’une résolution durable, plutôt que de contribuer à la polarisation politique.
Vers une riposte judiciaire et politique
Déterminé à défendre son honneur, Joseph Kabila annonce envisager des actions légales pour contester la décision américaine. Il entend exiger la transparence sur les éléments ayant motivé ces sanctions et rétablir, selon ses termes, la vérité sur son parcours et son action à la tête du pays.
S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution de la République démocratique du Congo, qui autorise tout citoyen à faire échec à un pouvoir jugé contraire à la Loi fondamentale, l’ancien président affirme sa volonté de poursuivre son combat politique.
Il se dit résolu à œuvrer pour le rétablissement de la démocratie, de l’État de droit et de la cohésion nationale. Pour lui, ces trois piliers constituent les fondements essentiels d’une paix durable. Malgré les pressions, Joseph Kabila assure que son engagement reste intact : « le combat continue ».
Tchèques Bukasa / CONGOPROFOND.NET
