Société
Lutte contre l’insécurité sur la route de Kimwenza : La PNC installe deux nouveaux postes
La Police Nationale Congolaise a érigé deux postes le long de la route de Kimwenza, entre l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Kinshasa (ISTM/KIN) et le Triangle Campus. Cette initiative vise à protéger la population et ses biens, ainsi qu’à lutter contre l’insécurité persistante alimentée par le phénomène communément appelé Kuluna.
Ces gangs armés exerçaient leur emprise sur les habitants des quartiers de Kindele à Mont-Ngafula et de Mbanza Lemba à Lemba, qui ressentent maintenant un sentiment de sécurité.
« Le danger était constant. Dès la tombée de la nuit, nous étions obligés de rester chez nous, portes fermées. Les motocyclistes évitaient souvent cet itinéraire en raison de l’insécurité. Maintenant, nous pouvons pleinement profiter de nos quartiers », s’est réjoui un résident local dans une interview accordée à CONGOPROFOND.NET.
Outre les habitants des quartiers mentionnés précédemment, les étudiants de l’Université de Kinshasa et de l’Institut Supérieur des Techniques Médicales (ISTM) bénéficient de la présence de ces forces de l’ordre à proximité de leurs établissements publics.
« Nous remercions nos autorités pour cette initiative. Après les cours supplémentaires, il nous arrive parfois de devoir participer à des séances d’encadrement, ce qui fait que nous nous retrouvons libres autour de 20 heures. Rentrer seul n’était pas une bonne option, il fallait former un groupe de 10 ou 20 personnes pour se sentir en sécurité », a déclaré un étudiant de l’ISTM avec un sourire aux lèvres.
Il convient de signaler qu’un autre poste de police sera bientôt installé sur la même route, à Zahabu, une avenue située entre l’Université de Kinshasa et l’ISTM Kinshasa.
Exaucé Kaya/CONGOPROFOND.NET
Société
Entrepreneuriat féminin en RDC : Grâce Shako appelle les femmes à « oser agir sans attendre les conditions parfaites »
Grâce Shako Kibushi, coordonnatrice de l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM) et coach en leadership stratégique, a accordé, samedi 2 mai 2026, à Kinshasa, une interview à CONGOPROFOND.NET, autour du thème : « Comment l’entrepreneuriat contribue à l’émancipation économique des femmes ». Elle a appelé les femmes à prendre leur place sans demander la permission, les encourageant à oser entreprendre, à croire en elles et à ne plus attendre les conditions parfaites pour agir.
Journaliste de formation à l’UNISIC ex IFASIC, Grâce Shako Kibushi est également conférencière et consultante engagée en République démocratique du Congo. Depuis 2022, elle travaille dans les médias (radio et télévision) à Kinshasa et intervient comme conférencière sur le leadership féminin, les médias et l’engagement citoyen. Elle accompagne plusieurs organisations dans la gestion des projets liés aux droits des femmes et coordonne l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM), qui promeut un journalisme sensible au genre.

Son engagement pour l’autonomisation des femmes et la justice sociale lui a valu, en 2023, le prix Mwasi Motomboli Mboka, d’où sa devise « le leadership n’est pas qu’une question de positionnement, mais d’influence. »
CONGOPROFOND : Est-ce que l’entrepreneuriat renforce la place des femmes dans la société ?
Grâce Shako : Franchement oui. Je ne parle pas de manière théorique. Je le vois tous les jours.
Une femme qui commence à entreprendre, même petit… déjà dans sa tête, il y a quelque chose qui change. Elle ne se voit plus de la même manière. Elle commence à prendre des décisions, à gérer, à négocier… et ça, ça change tout.
Et puis en RDC surtout, soyons honnêtes, quand une femme a de l’argent ou une activité qui tourne, son entourage ne la regarde plus pareil. Elle est plus écoutée. Même dans la famille.
Moi j’aime bien dire que l’entrepreneuriat, ce n’est pas seulement gagner de l’argent… c’est aussi prendre sa place sans demander la permission.
CONGOPROFOND : Quelles qualités une femme doit avoir pour entreprendre ?
Grâce Shako : il y en a beaucoup. Mais si je dois parler simplement…Déjà, il faut être forte mentalement. Parce que ce n’est pas facile. Il y a des jours où rien ne marche.
Il faut aussi accepter d’apprendre. Beaucoup de femmes pensent qu’elles doivent déjà tout savoir avant de commencer… alors que non. Tu apprends en avançant. Et puis franchement… la confiance en soi. Ça, c’est un gros problème chez nous. Il y a des femmes très capables, mais elles doutent tellement qu’elles n’osent même pas se lancer.
Et aussi, il faut savoir demander de l’aide. Aller vers les aînés, vers celles et ceux qui ont déjà de l’expérience, qui ont déjà fait le chemin… chercher des conseils, des retours, même des corrections. Ça fait gagner du temps et ça évite beaucoup d’erreurs.
Et un point que moi je défends beaucoup, surtout avec mon ong LFM : savoir parler de ce que tu fais. Parce que tu peux avoir un bon projet… si personne ne sait que tu existes, ça ne sert à rien.
CONGOPROFOND : partant de votre expérience, quels peuvent être des obstacles en RDC ?
Grâce Shako : Il y en a beaucoup. Déjà, l’argent. Ça c’est clair. Accéder au financement, c’est compliqué. Mais moi je vais être honnête… ce n’est pas seulement ça le problème.
Il y a aussi le regard des autres. Une femme qui entreprend, on va toujours trouver quelque chose à dire : “elle est trop visible”, “elle néglige ceci”, “elle fait trop, elle se prends la tête, ce n’est pas la place d’une femme, elle dirige les hommes, etc… ce genre de stéréotypes
Et puis il y a le manque de réseau. Beaucoup de femmes sont seules dans leur coin. C’est pour ça que moi je crois beaucoup aux communautés. Quand tu es entourée, tu avances différemment. Tu as des infos, des opportunités, du soutien. Parce que seule… tu peux tenir un moment, mais tu t’épuises vite.
Propos recueillis par Suzanne Ngulandjoko
