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EPST : *Contrôle financier à la DINACOPE, Tony Muaba Kazadi entre le marteau et l’enclume*
Le Ministre de l’Enseignement Primaire, secondaire et Technique, Tony Muaba Kazadi, se retrouve actuellement devant une équipe de contrôle bicéphale, composée d’Inspection Générale des Finances et de la Cour des Comptes, pour le contrôle de l’utilisation des frais de fonctionnement alloués à la Direction Nationale de Contrôle et de Préparation de la paie, la Maitrise des effectifs des Enseignants et du Personnel Administratif des Etablissements scolaires (DINACOPE, ex. SECOPE) et ce, après son altercation fin janvier dernier avec trois Inspecteurs des Finances.
En effet, à travers une correspondance datée du 14 février 2024 et dont copie est parvenue à la rédaction de CONGOPROFOND.NET, la Présidence de la République demande à la Cour des Comptes de désigner une équipe qui doit se joindre à celle de l’Inspection Générale des Finances, pour contrôler la gestion de la DINACOPE.
« Je vous demande de bien vouloir designer une équipe des Magistrats et Auditeurs de la Cour des Comptes pour travailler avec les Inspecteurs des Finances déjà à l’œuvre, afin de contrôler la gestion de la Direction Nationale de Contrôle de la Paie des Enseignants (DINACOPE, ex. SECOPE),… », a écrit le Directeur de Cabinet du Président de la République, Guylain Nyembo Mbwizya, à monsieur le Premier Président de la Cour des Comptes.
Et d’ajouter : «A la fin de cette mission, un rapport conjoint assorti des recommandations devra être soumis à Son Excellence Monsieur le Président de la République ».
D’entrée de jeu, il sied de rappeler que dans le cadre de leurs missions, trois Inspecteurs de l’Inspection Générale des Finances avaient reçu mandat de leur hiérarchie, pour procéder au contrôle financier à la DINACOPE et à l’Inspection Générale de l’EPST, une opération d’une durée de 180 jours à dater du 24 janvier dernier.
Arrivés à la DINACOPE, ces derniers étaient malheureusement butés à l’opposition du Ministre de l’EPST, Tony Muaba Kazadi, qui les avait empêchés de poursuivre leur mission dans la sérénité et qui a dénoncé, puis condamné, devant les caméras, la procédure utilisée par ces derniers, avant de solliciter le concours du parquet qui, contre toute attente, avait donné raison aux Inspecteurs des Finances, car après les dépositions de toutes les deux parties, le procureur avait déduit des indices sérieux de détournement d’argent.
A travers des vidéos devenues virales dans les réseaux sociaux, Tony Muaba Kazadi, s’est insurgé contre l’Inspecteur Général des Finances, Jules Alingete, qui, selon lui, complote contre sa personne.
Au lendemain de cet incident entre Tony Muaba et l’équipe de l’IGF, les réactions ont fusé de partout et ce, dans tous les sens.
D’un côté, il y a ceux qui estiment que l’IGF était allée au-delà de ses missions et de l’autre côté, se trouvent ceux qui soutiennent que le Ministre ne devrait pas s’interposer car n’ayant pas la gestion directe de la DINACOPE.
Le journaliste Joél-Cadet Ndanga, Conseiller du Ministre Tony Muaba, était monté au créneau, à travers les medias, pour stigmatiser la manière de faire des Inspecteurs des Finances, car affirme-t-il, ce n’est pas la DINACOPE qui paye les enseignants, mais plutôt le Ministère des Finances. Son rôle étant réduit à la préparation et au suivi de cette paie.
Ayant attiré l’attention de plus d’un congolais et alimenté la presse, les politiques s’en sont mêlés. C’est le cas d’un cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, qui a commenté, travers Télé 50, sur cette affaire en critiquant sans ambages le comportement du Ministre Tony Muaba.
Pour ce jeune cadre et responsable au niveau du parti, le Ministre avait manqué à ses devoirs d’homme d’Etat. Il aurait mieux fait de laisser les Inspecteurs faire leur travail, car ils étaient porteurs d’un ordre de mission en bonne et due forme, au lieu de se donner en spectacle.
Du côté des enseignants, les voix s’étaient également élevées pour demander à l’IGF d’aller jusqu’au bout de son enquête. Le Secrétaire Général du Syndicat des Enseignants catholiques (SYNECAT), Jean-Bosco Puna, avait saisi l’occasion pour dénoncer les maux qui gangrènent le sous-secteur de l’EPST, en proposant directement au Président de la République de nommer, dans le prochain Gouvernement, un technicien càd quelqu’un du domaine, à la tête de ce Ministère, tout en encourageant l’IGF de continuer sa mission, jusqu’à l’éclatement de la vérité au grand jour.
Soulignons que l’affaire était mise à nue lors du passage des Inspecteurs des Finances à l’émission «Bosolo na politik », à travers laquelle ils ont donné leur version de fait et expliqué le but de leur mission.
A en croire à leur discours, le Trésor public alloue mensuellement 700 mille dollars américains des frais de fonctionnement au profit de ce service technique de l’EPST et leur mission consistait à avoir des justifications sur l’utilisation cet argent, ce qui est normal au nom de la transperence.
Aux dernières nouvelles, le compte bancaire de la DINACOPE serait bloqué, son comptable porté disparu et son bureau scellé par l’IGF.
Cependant, il sied de se poser un certain nombre des questions concernant l’attitude qu’avait adoptée, Tony Muaba Kazadi, dans cette affaire.
Pourquoi devrait-il s’interposer alors que cette mission d’enquête visait la DINACOPE, qui bien sûr est sous sa tutelle, mais qui a une autonomie de gestion ? Où serait passé le Directeur National de la DINACOPE, Papy Mangobe, qui gère au quotidien ce service, pour apporter des éclaircissements aux Inspecteurs des Finances ? Le Ministre ne se reproche-t-il pas quelque chose dans la gestion de ces frais ? Est-ce que le Directeur National de la DINACOPE a réellement les mains libres dans leur utilisation ? Pourquoi le Ministre qui fait de la lutte contre les antivaleurs, son cheval de bataille, devrait-il empêcher une telle mission qui prône la transparence ? Puisque l’enquête se poursuit jusqu’à l’Inspection Générale de l’EPST (IGE), Tony Muaba descendra-t-il encore sur place pour s’interposer ? En cas de détournement avéré, quelles sanctions à infliger à l’endroit des détourneurs ?
Bref, attendons l’issue de cette mission mixte, IGF et Cour des Comptes, pour avoir des réponses à toutes ces questions. Qu’à cela ne tienne et en tant qu’expert de l’EPST, nous ne pouvons nous empêcher de souligner que la DINACOPE est un Service inutilement budgétivore, en dehors des soupçons de détournement.
Elle emploie des effectifs pléthoriques dans ses Antennes disséminées à travers tout le pays, notamment à Kinshasa, qui coûtent énormément chers au Trésor Public.
La plupart d’agents qui y sont affectés, ne viennent au travail que deux à cinq fois par mois, mais touchent plus que les enseignants qui souffrent dans les écoles.
Aussi, convient-il de souligner, que ces antennes n’obéissent plus au cadre organique qui fixe le nombre d’agents autorisés par bureau. Les effectifs varient entre 40 et 150, au détriment des écoles.
Concernant les frais de fonctionnement, une Antenne DINACOPE reçoit un montant supérieur, à celui de la Sous-Division qui est son autorité administrative. Un PROVED reçoit moins qu’un DIPROSEC.
Considérant les services que l’on doit rendre à la Nation pour l’intérêt général, en bénéficiant de l’appui financier du Trésor Public, tel que les écoles sont censées le faire, il y a lieu de conclure que la DINACOPE, et même la Direction Générale de communication de l’EPST, sont des cas de dilapidation des deniers publics.
Le Gouvernement de la République ferait mieux de dissoudre ces services, en construisant de nouvelles écoles où tous ces agents pourront être redéployés pour rendre effectivement service au pays.
En guise de conclusion, le Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, Tony Muaba Kazadi, qui vient d’être réélu député national à Kinshasa-Mont/Amba, dans le cadre des élections générales du 20 décembre 2023 et qui a encore quelques jours pour faire le choix entre rester au Gouvernement et siéger à l’Assemblée Nationale, son mandat parlementaire ayant été validé, se trouve actuellement entre le marteau et l’enclume, pour cette affaire dans laquelle il n’est pas directement concerné.
Jules KISEMA KINKATU/CONGOPROFOND.NET.
Politique
Andy Bemba charge Joseph Kabila : « Une incohérence politique au service d’intérêts cachés »
Dans une sortie médiatique au ton incisif, Andy Bemba, président national du parti « Nouvelle Pensée » (NP), s’est exprimé ce vendredi 1er mai 2026 à la suite du discours de Joseph Kabila, intervenu après les sanctions qui lui ont été infligées par les États-Unis. Cette réaction s’inscrit dans un contexte politique particulièrement délétère, marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo. « Ces sanctions américaines renforcent ma détermination à défendre la RDC », a déclaré l’ancien chef de l’État.
Selon Andy Bemba, les propos de Joseph Kabila traduisent une contradiction manifeste, voire une duplicité politique difficilement défendable. « Lorsque le président honoraire parle de dictature tout en semblant s’aligner avec une rébellion impliquée dans les violences à l’Est, cela révèle une incohérence majeure dans son discours », a-t-il affirmé, dénonçant une posture qu’il juge à la fois ambiguë et stratégiquement orientée.
L’ancien président, qui a dirigé le pays durant près de deux décennies, se retrouve aujourd’hui au cœur de vives critiques, notamment en raison de positions jugées paradoxales. Pour Andy Bemba, cette attitude est d’autant plus problématique qu’elle émane d’une figure ayant longtemps incarné l’autorité suprême. « Un patriote, et plus encore un ancien président après 18 ans de pouvoir, ne peut agir de la sorte », a-t-il martelé, soulignant une dissonance entre les discours et les actes.
Au-delà de la critique politique, Andy Bemba va plus loin en prêtant à Joseph Kabila des motivations moins avouables. « Derrière le discours sur la dictature se cache en réalité la défense d’intérêts personnels », a-t-il soutenu, évoquant une instrumentalisation du registre démocratique à des fins stratégiques.
Cette charge, aux accents particulièrement sévères, met en lumière les fractures profondes qui traversent la scène politique congolaise. Elle interroge également la crédibilité des prises de position des anciens dirigeants, surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans des dynamiques perçues comme contraires à l’intérêt national.
Dans un climat politique où les discours rivalisent avec les non-dits, la frontière entre conviction et calcul semble plus que jamais ténue, laissant planer le doute sur la sincérité des engagements affichés.
Blaise Abita Etambe / CongoProfond.net
