À la Une
Congo Hold-up : Patrick Muyaya confirme la saisine de la Justice par le gouvernement à des fins d’enquêtes et de poursuites
En marge d’une conférence de presse organisée, ce lundi 22 novembre dans l’enceinte de la télévision nationale ( RTNC) sur la tenue prochaine à Kinshasa du DRC Africa business forum, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est revenu sur les récentes révélations de la presse internationale sur les détournements des deniers publics dénommée « Congo Hold-up ».
D’entre de jeu, le ministre de la communication et des médias estime que ces révélations ne sont pas surprenantes concernant la BGFi-Bank du fait qu’il y a, depuis le mois de mai dernier, un dossier judiciaire qui est ouvert. » Des faits ont été reconnus par la banque précitée ; des discussions entre l’Inspection générale des Finances, la Banque centrale du Congo et la BGFI banque ont abouti à un accord dans lequel la banque d’origine gabonaise s’est engagée à rembourser une somme d’environ 43 millions de dollars sur des faits de malversations qui datent d’il y a plus de deux ans », a martelé le ministre.
Puis de poursuivre qu’il y a un autre volet de l’affaire concernant cette même banque qui est déjà au Parquet général à travers la saisine de la ministre de la Justice, le 20 novembre dernier pour l’ouverture d’une enquête à des fins de poursuite. Les personnes qui sont concernées seront invitées pour répondre de leurs actes.
Patrick Muyaya insiste sur le fait qu’il faut faire la différence entre une enquête journalistique et une enquête judiciaire. Le ministre conclut en disant que lutte contre la corruption est un pilier essentiel de son gouvernement qui promeut la bonne gouvernance à travers un dispositif de contrôle, notamment l’Inspection générale des Finances, l’agence nationale de lutte contre la corruption, etc.
Rappelons que

Rappelons qu’avec plus de 3,5 millions de documents bancaires analysés pendant 9 mois par 5 ONG et 19 médias internationaux, Congo Hold-up est la plus importante fuite de données bancaires jamais réalisée en Afrique. Elle montre que, de 2013 à 2019, des sociétés appartenant à l’ancien président congolais Joseph Kabila et à son premier cercle, ont reçu au moins 138 millions de dollars d’argent public. Depuis vendredi 19 novembre 2021 et durant deux semaines, RFI vous dévoile tous les secrets de ces transferts douteux.
David Mukendi Kalonji / Congoprofond.net
À la Une
Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
