Politique
Rejet de la motion de défiance contre Kibassa : vives reactions de Mushobekwa, Tshiani, JC Katende et Jean Kimbunda
La motion de défiance initiée contre le ministre des Postes, télécommunications et Nouvelles technologies de l’information (PT-NTIC) a été rejetée ce mercredi par le bureau de l’Assemblée nationale dirigé par Christophe Mboso. Ce qui a provoqué des vives reactions à travers la toile.
La colère est venue des députés du Front commun pour le Congo (FCC), qui ont décidé de sécher la plénière consacrée à l’audition des réponses de Augustin Kibassa Maliba relatives à la question orale avec débats qui lui a été adressée par le député Claude Misare sur le registre des appareils mobiles (RAM).
L’ancienne ministre des Droits humains, Marie Ange Mushobekwa, a appelé à des manifestations pacifiques à travers toute la RDC pour exiger la suppression du RAM.
« Face aux tentatives multiples du bureau de l’AN de museler l’opposition et d’imposer la pensée unique au sein de l’hémicycle, le peuple congolais n’a pas d’autre choix que d’EXIGER la suppression du RAM à travers les manifestations pacifiques à travers toute la RDC, » a twité la Présidente du parti politique MCN, membre du FCC.
Auparavant, elle avait dénoncé le rejet de la motion de défiance contre le ministre des PTNTIC sur le dossier RAM comme une violation flagrante du Reglement intérieur de la chambre basse du parlement.
« Nous prenons nos concitoyens à témoin : Le bureau de l’AN, dans le but de protéger des INTÉRÊTS PARTISANS, SACRIFIANT AINSI CEUX DU PEUPLE CONGOLAIS, vient de rejeter la motion de défiance contre le ministre des #PTNTIC sur le dossier #RAM. Ceci, en violation flagrante du R.I., » a écrit Marie Ange Mushobekwa.
L’ancien candidat à la présidentielle de 2018, Noël Tshiani estime que le gouvernement Sama Lukonde a perdu toute crédibilité.
« Que reste-t-il comme crédibilité à ce gouvernement après le rejet de la motion de défiance contre un membre du gouvernement? Autre temps, mêmes méthodes ! Quelle différence y a t il entre USN et le @FCC_RDC de triste mémoire ? », a twitté Noël Tshiani.
Pour le président de l’ASADHO, Jean Claude Katende, le régime du président Félix Tshisekedi est sur les traces du régime de son prédécesseur Joseph Kabila.
« Le régime du Pdt Félix Tshisekedi sur les traces du régime de l’ancien Pdt Joseph Kabila. Ce qui se passe à l’Assemblée Nationale est une alerte. Les méthodes que les opposants ( Fatshi) condamnaient sous Kabila reviennent au grand jour., » Jean Claude Katende.
Le député FCC Jean Kimbunda parle de grave irrégularités.
« Le premier point était l’adoption de l’ordre du jour. Les deux points qui étaient inscrits concernent le contrôle parlementaire. Le président de l’Assemblée nationale, dans sa conduite, a fait mention d’une motion de défiance contre le ministre qui a été déposée hier. Elle l’a inscrite à l’ordre du jour avant de poursuivre les travaux avec les réponses du ministre », explique le député FCC Jean Kimbunda.
Qui estime que « cette façon de faire est entachée de graves irrégularités ».
Pour lui, « nous devrions attendre les réponses du ministre des PT-NTIC. Ensuite, l’interpellant allait intervenir pour donner sa conclusion. La motion de défiance a un délai de 48 heures, elle devrait être programmée demain (jeudi). Avec ces pratiques incongrues, vous verrez qu’il n’y aura aucune sanction contre le ministre ».
Face à ce rejet, les députés de l’Opposition espèrent donc obtenir la destitution de tout le gouvernement de l’Union sacrée, dirigée par Jean-Michel Sama Lukonde.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
Politique
RDC : pour un cycle électoral permanent, Andy Bemba appelle à une refondation profonde du système politique national
Dans une déclaration faite ce lundi 4 mai 2026, Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée (NP), a dressé un constat sévère de la vie politique congolaise. Selon lui, depuis 2006, le pays semble enfermé dans un cycle électoral répétitif qui freine son développement et met en lumière les limites du système en place.
« Depuis 2006, notre pays semble vivre dans un cycle électoral permanent », a-t-il affirmé, soulignant que tous les deux à trois ans, les mêmes dynamiques refont surface.
Alliances fragiles, oppositions de circonstance, tensions politiques croissantes, pressions avant les scrutins et contestations après les résultats deviennent, selon lui, une routine inquiétante. « Parfois même des rébellions », a-t-il ajouté, pointant les dérives les plus graves de cette instabilité chronique.
Pour Andy Bemba, cette répétition n’est pas anodine. Elle constitue plutôt un signal d’alarme. « Cette répétition ne révèle-t-elle pas les limites de notre système politique ? N’est-ce pas le signe d’un système politique défaillant ? », s’est-il interrogé, invitant à une réflexion collective profonde.
Le leader politique estime que le pays ne peut plus se permettre de consacrer autant de temps et d’énergie à des débats interminables autour des élections et de la constitution. « Nous ne pouvons pas continuer à perdre des années dans des débats sans fin », a-t-il martelé, appelant à un changement de cap immédiat.
Dans sa vision, la solution passe par une refondation ambitieuse du modèle politique congolais. Il plaide pour « de nouveaux textes », des « réformes courageuses », mais aussi pour « une administration forte et dépolitisée ». Il insiste également sur l’importance d’« une justice véritablement équitable » et du respect strict des lois par tous les acteurs, sans exception.
Pour Andy Bemba, l’avenir du pays dépendra de la capacité des congolais à dépasser les clivages actuels et à s’engager dans une dynamique de progrès réel. « Il est temps de repenser notre modèle politique et d’avancer avec ceux qui veulent réellement faire progresser le pays », a-t-il conclu. Dans un contexte politique souvent marqué par les tensions et les incertitudes, cet appel à la réforme sonne comme une invitation à rompre avec les pratiques du passé pour bâtir un avenir plus stable et plus juste.
Si les mots trouvent écho dans les actes, alors ce cycle répétitif pourrait enfin céder la place à une véritable renaissance politique. en République démocratique du congo, où les controverses ne cessent de susciter des déplaire à la souveraineté nationale.
Blaise Abita Etambe
