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Cour d’appel de Kinshasa/Gombe : Bukanga Lonzo, un fidèle de Matata condamné !

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Le Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, dont la mise en chantier, a donné lieu à des séries de détournements monstres, et pour lequel, de nombreux mandataires publics et industriels privés, tapis dans l’ombre, font encore l’objet de poursuites judiciaires, a ressurgi ce mardi à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe.

En effet, à l’audience publique du mardi 21 septembre 2021, cette juridiction d’appel vient de condamner le D.G Matondo Mbungu de la BCECO (Bureau Central de Coordination) à 10 ans de prison ferme, ainsi qu’à d’autres peines subsidiaires évoquées lors du prononcé de l’arrêt de cette juridiction d’appel. Il faut noter que ce prévenu actuellement en détention préventive à la Prison centrale de Makala, depuis son arrestation à la suite du mandat d’arrêt lancé contre lui, y demeurera le temps pour lui de purger toute la peine d’emprisonnement.

Le collectif de ses avocats, avec dans ses rangs des juristes chevronnés, avait pourtant saisi l’opportunité de ce procès pour tenter de démontrer que le D.G. de BCECO n’était nullement impliqué dans les différents détournements qu’on lui attribue. Sans y parvenir. L’accusation solidement articulée contre l’homme, brandissait deux détournements. Le premier est de 10.057.317 dollars opéré dans l’exécution des contrats des travaux de soutirage et de construction de deux postes d’alimentation en courant électrique du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo.

En effet, à l’issue d’un appel d’offres international restreint préparé par un bureau d’études allemand et lancé par le BCECO, désigné comme maître d’ouvrage délégué pour le compte du gouvernement congolais, les deux contrats avaient été gagnés par la société Africa Equipement and Engineering Power ( A.E.E.). Des inspecteurs de finances, qui ont fouiné dans ce dossier de Bukanga-Lonzo, ont relevé une surfacturation des travaux exécutés dans le cadre de la partie électrification du Parc. Ce qui a donné lieu aux détournements que l’on déploie.

A cela s’ajoute également le montant de 5.026.384 dollars qui représente la taxe de la T.V.A. pour les prestations attribuées à la société espagnole AEE POWER. Le moins que l’on puisse dire est que dans ce dossier de Bukanga-Lonzo, plusieurs prévenus sont mis en cause, aussi bien par l’Inspection Générale des Finances que par le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, certains continuent, toute honte bue, à clamer haut et fort leur innocence, s’évertuant à dénoncer ce qu’ils qualifient de « politisation de la justice congolaise ».

Aux yeux de nombreux observateurs, cette première décision judiciaire est un signal fort contre les mauvais gestionnaires des biens publics qui peuplent la classe politique congolaise et les rangs du Conseil supérieur du portefeuille.

Ils sont nombreux, ceux qui sont dans le même cas et qui roulent carrosse, se pavanant et narguant la justice, alléguant même que l’Etat de droit ne s’est pas encore enraciné dans notre pays. Il y a aussi ceux qui ont quitté le pays sur la pointe des pieds et qui croyent dur comme du fer qu’ils sont hors de la portée de la justice congolaise. Il y a en outre ceux qui s’affichent publiquement à Kinshasa et dans certains coins du pays, soutenant que leur fortune jouera pour arracher leur libération. Enfin, il y a ceux qui craignent leur déchéance par des condamnations judiciaires en règle et leur internement dans des établissements pénitentiaires à l’issue des procès dans lesquels ils perdront non seulement leur latin, mais aussi leur crédibilité.

L’affaire du D.G. Théophile Matondo n’est-elle pas un mauvais présage pour le sénateur Augustin Matata Ponyo dont le procès est annoncé pour le 25 octobre et qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive et alimenté la chronique. Attendons voir !

Le Phare

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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !

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Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.

Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.

De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.

Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?

Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.

TEDDY MFITU

Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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