Connect with us

À la Une

Tribune : 6 Propositions pour lutter contre le tribalisme en RDC ( Par Dr Daniel Tonduangu )

Published

on

Chers amis,

Voici ma petite contribution pour la lutte contre le tribalisme, fléau qui menace l’unité nationale en R.D. Congo.

En préambule, je voudrais dire que le tribalisme existe et perturbe la vie sociopolitique et économique de notre pays depuis son accession à l’indépendance.
J’ai contribué à la compréhension de la question dans une chronique que j’ai intitulée « le tribalisme, péché originel de la vie socio-politique congolaise (1). Beaucoup d’auteurs plus qualifiés que moi ont également planché sur la question.

La différence réside dans sa perception actuelle qui est amplifiée par la libération de la parole publique (conséquence positive da la démocratisation de la société congolaise) et de l’avènement des réseaux sociaux qui contrastent avec les us et coutumes de la deuxième République où l’espace public était fermé et le peu d’information était véhiculé par « la radio trottoir ».

Un autre point important à épingler est que cette pratique (tribalisme), énergiquement, condamnée par le grand nombre perdure à cause de l’état de paupérisation dans lequel les dirigeant de l’Etat congolais depuis l’indépendance à ce jour, ont cloitré les Congolais, sans distinction de leurs formations ou de l’endroit où ils résident. Cette situation maintient la majorité du peuple congolais au premier niveau de la pyramide décrite par le célèbre économiste « MASLOW ».

En effet les Congolais luttent presque tous pour la survie et se situent dans la quête de l’accomplissement des besoins physiologiques. Pour le congolais lambda, tous les moyens sont bons pour assurer ses besoins physiologiques que l’Etat n’arrive pas à mettre à la portée du grand nombre. C’est ainsi que le clientélisme politique et le sentiment d’appartenance tribale, viennent à la rescousse du grand nombre par raccourci, phénomène de Pavlov ou mimétisme.

Le cadre étant planté, je voudrais faire mes propositions pratiques que je partage avec Pierre-Kashadie BUKASA-MUTEBA ( 2 ) et le Dr Ilunga Félicien , premier médecin diplômé par la Faculté de médecine de l’UNIKIN en 1961 ( 3 ).

Première proposition

Ré instaurer le cours de civisme et morale dans l’enseignement des enfants congolais, en ré optant pour un ministère de l’Education nationale.
Le civisme pour apprendre aux citoyens dès le bas âge le devoir et les droits dans une société organisée. Il faudra que les enfants apprennent et dissertent les thèmes évoqués dans notre hymne national. On pourra également sélectionner quelques grands discours porteurs d’unité et de fierté nationale de nos dirigeants (Lumumba, Kasa-Vubu, Mobutu, L.D. Kabila, Joseph Kabila et Tshisekedi (père et fils), les disserter et les diffuser pour un grand nombre.

La morale car il faut dans un esprit œcuménique et laïque, amener le citoyen congolais à une valeur universelle qui est l’amour du prochain. Considérer son prochain comme un autre soi-même permettra de mettre fin à beaucoup de dérives qui ne font pas grandir notre nation.

Deuxième proposition

Inclure dans nos textes des lois (constitution et autres) la définition du tribalisme, considérer la pratique du tribalisme comme une infraction et prévoir les peines encourues.

C’est la justice qui est sagesse et vertu, dit-on.

Troisième proposition

Supprimer sur les documents d’identité des données relatives au secteur, collectivité, territoire et villages…ne retenir que les données essentielles et nationales qui sont le lieu et date de naissance ; les noms du père et de la mère et la province d’origine des parents.

Quatrième proposition

Promouvoir l’administration territoriale par des non originaires, qui seront issus d’une école d’administration publique ou reconnus compétents pour l’administration des territoires (par leur parcours ou expérience).

Cela mettra fin à des dérives auxquelles nous assistons de façon impuissante depuis quelques années. La majorité de nos entités provinciales ne pouvant pas fonctionner correctement.

Cinquième proposition

Encourager les mariages mixtes
Autant le brassage des étudiants dans l’université de Kinshasa et les instituts supérieurs , à partir des années 70 a eu comme conséquence très positive la naissance et l’entretien des relations fraternelles entre jeunes étudiants et futurs cadres du pays, venant de tous les coins et recoins du pays, autant les mariages mixtes entre les originaires des tribus et provinces différentes constituent des véritables alliances permettant l’amour, la connaissance , le respect des tribus et ethnies considérées comme étrangères ou différentes des celles de ses propres origines.

Sixième proposition

Encourager les associations culturelles cosmopolites.
Dans les grands centres urbains, ou à l’université, nous avons participé à des associations de ce genre, je cite en exemple les associations ou clubs « Wanted » ou « Point d’interro » dans les années 80 au campus de Kinshasa, associations culturelles où personne ne savait qui était originaire de quelle province, et où seul l’intérêt culturel primait.

Ce genre d’associations, sans référence tribale, sont appelés à corriger les effets pervers des associations tribales et ethniques crées pour de raisons justifiées à l’époque de l’indépendance (éloignement et solidarité) par nos premiers dirigeants (associations transformées d’ailleurs en partis politiques) mais non justifiées dans l’époque actuelle ou le monde entier est devenu un grand village.

Conclusion

Tous les hommes de bonne volonté doivent participer à la lutte contre le tribalisme, fléau qui détruit notre société. Il faut un discours constructif et fédérateur pour élever le débat et conduire le grand nombre vers des bonnes pratiques. Nos dirigeants doivent jouer un rôle de leader et canaliser tous les efforts du peuple vers l’unité nationale et le développement dans la justice, l’équité et le travail.
Ces propositions sont ouvertes au débat et pourraient être complétées et enrichies par vos bons soins.

Bibliographie

1.Tonduangu KD. Le tribalisme, péché originel de la vie socio-politique congolaise.

Le tribalisme, péché originel de la vie socio-politique congolaise ( Tribune de Dr TONDUANGU  Kuezina Daniel)

2.Pierre-Kashadile BUKASA-MUTEBA. Le tribalisme. Analyse des faits et comportements en République démocratique du Congo. Editions L’Harmattan, Paris, 2010.

3. Ilunga Bitokwela Félicien (premier médecin congolais diplômé par la RDC. Echanges commentant ma publication (1)

Fait à Rosoy, le 10/08/2021
Tonduangu KD

À la Une

Produits pétroliers : 43,7 millions USD de pertes certifiées, Daniel Mukoko Samba salué pour la stabilité du secteur énergétique

Published

on

Alors que le marché pétrolier international continue de subir les contrecoups des tensions géopolitiques mondiales, la RD Congo poursuit ses efforts pour garantir l’approvisionnement régulier du pays en carburants. C’est dans ce contexte que le Comité de Suivi des Prix des Produits Pétroliers (CSPPP) a certifié un montant global de 43,7 millions de dollars américains au titre des pertes et manques à gagner (PMAG) enregistrés par les sociétés pétrolières au cours du premier trimestre 2026.

Une facture lourde pour les opérateurs pétroliers

Réunis les 28 et 29 mai derniers à Kinshasa, les membres du CSPPP ont examiné la situation des entreprises pétrolières opérant dans les 4 principales zones de consommation du pays : Ouest, Sud, Est et Nord.

À l’issue des travaux, les pertes certifiées se répartissent comme suit :
– Zone Ouest : 35,4 millions USD ;
– Zone Sud : 3,95 millions USD ;
– Zone Est : 3,64 millions USD ;
– Zone Nord : 727.491 USD.

Selon les experts du secteur, ces contre-performances sont principalement liées aux turbulences observées sur les marchés internationaux des hydrocarbures à la suite des tensions entre l’Iran, Israël et les États-Unis, qui ont affecté les coûts d’approvisionnement.

Le Gouvernement mobilisé pour éviter une crise d’approvisionnement

Face à cette situation, le Gouvernement congolais a opté pour une approche visant à préserver la continuité de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Les discussions ont notamment porté sur les mécanismes permettant d’accorder des avances sur les pertes et manques à gagner, grâce aux recettes issues des stocks de sécurité. Cette mesure vise à maintenir la fluidité de la chaîne d’approvisionnement et à éviter toute rupture susceptible d’impacter les consommateurs.

Au cœur de cette dynamique figure le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.

Selon le Coordonnateur du Comité de Régulation des Prix (CRP), le ministre a renforcé les équipes chargées du suivi de la collecte des ressources parafiscales destinées au financement des remboursements des pertes et manques à gagner des sociétés pétrolières. Cette décision a permis d’améliorer la mobilisation des ressources nécessaires au fonctionnement du mécanisme de stabilisation des prix.

Depuis son arrivée à la tête du ministère de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba s’est illustré par plusieurs initiatives visant à renforcer la régulation des marchés, lutter contre les spéculations sur les prix des produits de première nécessité et améliorer le suivi des mécanismes de fixation des prix stratégiques. Son action s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver le pouvoir d’achat des ménages tout en garantissant la viabilité économique des opérateurs.

Le secteur privé satisfait

Les représentants des sociétés pétrolières et du secteur privé ont salué la qualité du travail réalisé durant le processus de certification. Le président de la Commission nationale des hydrocarbures de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Ali Mamina, a notamment mis en avant l’esprit de concertation qui a prévalu tout au long des échanges.

Cette reconnaissance traduit la confiance croissante entre les autorités publiques et les opérateurs économiques dans la gestion d’un secteur particulièrement sensible pour l’économie nationale.

Un enjeu stratégique pour l’économie congolaise

Dans un pays où le transport, l’industrie et une grande partie des activités économiques dépendent des produits pétroliers, la maîtrise des fluctuations du marché demeure un défi majeur. La certification régulière des pertes et manques à gagner, associée aux efforts de mobilisation financière entrepris par le Gouvernement, constitue un levier important pour préserver la stabilité du secteur et protéger les consommateurs contre les effets des crises internationales.

À travers ces mesures, l’exécutif entend maintenir l’équilibre entre les impératifs économiques des opérateurs et la nécessité de garantir aux Congolais un accès continu aux produits énergétiques indispensables à la vie quotidienne.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

Continue Reading