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Sama Lukonde : 100 jours prometteurs… mais le plus dur reste à faire
26 avril – 04 août 2021 : le temps est passé si vite qu’on s’est à peine rendu compte que Jean-Michel Sama Lukonde, successeur du patriarche Sylvestre Ilunga, venait de passer 100 jours à l’un des postes les plus enviés mais aussi les plus stressants de la République.
En marge de cette « période probatoire », tout en confiant son mandat au Créateur lors d’une messe d’action de grâce organisée pour la circonstance, avec la participation du Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi, le nouveau chef du gouvernement de la République, n’a pu se priver de dresser un pré-bilan de son bref parcours.
Tout observateur averti avoue, au regard des chiffres ayant défilé sur les graphiques présentés à la presse par le Premier ministre, que ses cent premiers jours sont prometteurs dans la quasi-totalité des secteurs de la vie nationale. Comme c’est souvent le cas en pareilles circonstances, les premiers regards se sont singulièrement attardés sur les chiffres en rapport avec les finances publiques.

Et, sur ce terrain, Jean-Michel Sama Lukonde a paru fort à l’aise. Car, on note, à son actif, un retour évident du pays dans la voie de la croissance, avec un taux de 4,9 % en cette année 2021, alors qu’il était tombé jusqu’à 1,7 en 2020. En 2019, le taux de croissance avait affiché 4,4 %. Explication de la traversée du désert en 2019 : les effets néfastes du Covid-19 mais aussi la persistance des antivaleurs telles que la corruption, l’impunité, le coulage des recettes publiques, etc.
L’autre indicateur positif des 100 jours de l’équipe des « Guerriers », ces fameux « Warriors », concerne le taux d’inflation, noté à 14, 2% en juillet 2020 et réduit à 7,2%.
L’embellie est telle que le pays aligne actuellement des réserves de change de l’ordre de 1, 631 milliards de dollars américains à l’échéance d’avril 2021, contre 783, 7 millions de dollars américains à la même période, en avril 2020.
S’agissant des recettes publiques, elles sont passées du simple au plus du double, soit de 1.538 CDF au second trimestre 2020 à 3.538 milliards CDF au second trimestre 2021.
A ce jour, la RDC a quitté la zone de turbulence financière avec un déficit évalué à 212 milliards CDF au 2me trimestre 2020 pour celle de la stabilité à hauteur de 763 milliards CDF.
Pour ce qui est du taux de change, son évolution ne donne plus des maux de tête aux opérateurs économiques comme au commun des consommateurs. Le tableau affiché par Sama Lukonde indique, à l’officiel, 1.650 francs congolais pour 1 dollar américain en juillet 2019 ; 1977 francs congolais pour 1 dollar américain en juillet 2020 et 1989 francs congolais pour 1 dollar américain en juillet 2021, ce qui n’est pas loin du taux du marché parallèle qui est autour de 2000 francs congolais pour 1 dollar américain.
A tout prendre, l’équipe des « Guerriers » peut revendiquer la maîtrise de l’inflation, la stabilisation du taux de change, la reprise progressive de l’activité économique, l’augmentation sensible des réserves de change.
Le coup de pouce du FMI
Sous le mandat de Jean-Michel Sama Lukonde, la République Démocratique du Congo est rentrée dans les bonnes grâces du Fonds Monétaire International, grâce notamment aux réformes structurelles opérées au niveau de cadre macro-économique mais aussi au niveau de la Banque Centrale du Congo, désormais placée sous la responsabilité d’un staff qui rassure cette institution financière internationale. Comme « prime » à la bonne conduite de Kinshasa, un appui de 1,5 milliards de dollars américains est mis à disposition.
Ce fonds est perçu comme un catalyseur des financements attendus des bailleurs bi et multilatéraux.

Selon Sama Lukonde, 1,1 milliards de cette cagnotte est destiné au financement des secteurs prioritaires tels que ceux de l’énergie, des infrastructures de base, de la santé, de la gratuité de l’éducation de base (4 millions d’élèves remis à l’école), etc.
Entre retombées de l’appui financier du FMI, il convient de souligner le renforcement des capacités financières du gouvernement congolais à soutenir une croissance durable, à faire baisser les tarifs aériens, les prix des denrées de consommation courante, à améliorer la desserte des populations urbaines et rurales en eau potable et électricité, etc.
Plan triennal avec un budget prévisionnel de 36 milliards USD
Beaucoup de compatriotes ont sans doute perdu de vue le fait que lors de son oral devant l’Assemblée Nationale, le 26 avril 2021, le Premier ministre Sama Lukonde avait décliné un «Plan triennal » fondé sur 15 « piliers » et un budget prévisionnel de 36 milliards de dollars américains, soit 12 milliards de dollars américains par an.
Il a rappelé, à l’occasion de ses premiers jours à la Primature, que cette « feuille de route » est toujours d’actualité, en dépit des obstacles à sa réalisation tels que la pandémie du coronavirus, les catastrophes naturelles (cas du volcan Nyiragongo), l’état d’urgence dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’insécurité dans la partie Est, la corruption, les faiblesses de l’administration publique et de l’appareil judiciaire, etc.

Un des défis de ce plan triennal consiste à poursuivre la politique de grands travaux lancée l’année dernière par le Chef de l’Etat, notamment la construction d’un pont moderne sur la rivière Kasaï à Tshikapa, l’asphaltage des routes Kasindi-Beni-Butembo et Bunagana-Rutshuru-Goma, l’implantation de 30 ponts métalliques modulaires et de 300 écoles préfabriquées à travers le pays, l’entretien des pistes rurales, etc.
Ainsi qu’on peut le constater, le plus dur reste à faire pour l’équipe Sama, décidée à matérialiser la vision du Président de la République, à savoir celle d’un « Congo fort, prospère et solidaire », avec l’intégration économique de ses 145 territoires. Le chef du gouvernement sait, mieux que quiconque, que le temps lui est compté et que son bilan définitif sera jugé sur pied des actions concrètes. D’où, passé le temps des discours, il devrait se résoudre à une marche forcée pour convaincre d’ici 2023. Echec donc interdit.
Kimp/Le Phare
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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades
La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.
Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).
Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet
Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.
Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.
« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.
Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.
Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.
« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.
Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.
Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.
« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.
Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.
Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.
« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.
Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.
« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.
Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
