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La poésie au confluent des mondes avec Samy Manga et Caroline Despont

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Le poème aux confins de la vie pour sonder ses infinitudes et circonscrire, tant soit peu, sa vastitude. Le poème pour toucher l’essentiel de la vie, de sa dimension immatérielle et latente, qui draine toute l’existence dans une faisabilité multiséculaire pour révéler sa complexité.

 

Dans leur livre « Opinion poétique », Samy Manga et Caroline Despont, deux poètes issus de milieux différents, tentent de plonger dans la matrice de l’existence pour en dégager les apophtegmes. Chacun, avec la particularité de son environnement et de sa sensibilité, tisse sa compréhension du monde, pose les principes de sa liberté. On est comme dans une séance de philosophie, où la parole rappelle ce que disait le grand poète espagnol José Ortega Y Gasset par sa célèbre phrase : « La poésie est l’algèbre des métaphores. » Chaque texte interpelle le lecteur, sur lui-même d’abord, et sur l’état du monde dans lequel il vit, mettant en exergue la qualité des rapports entre les humains et les choses qui les entourent.

 

Les deux poètes explorent l’humanité, surtout l’universalité indéniable de cette humanité, pour se comprendre, pour jeter les ponts entre les crevasses que creusent les différences, et veulent se défaire de la charge que nous impose le conformisme social de notre époque. Dans ce livre, résonne aussi la condition de la femme, son désir de vivre pleinement sa vie, dans la liberté de ses imaginations, loin de ce carcan sociétal qui l’astreint à des modèles auxquels elle devrait se soumettre. Dans ce livre, il y a aussi des dessins, mis à dessein pour révéler l’invisible que seules peuvent sentir les âmes sensibles.

De ces dessins, selon l’éditeur, ils sont « dans leur dimension de troisième voix poétique-plastique, atteignent leur plein objectif de rendre selon M. Foucault visible l’invisible »  Ces illustrations sont décrites dans le synopsis du livre comme intuitives. Elles soutiennent l’imaginaire du lecteur en offrant une compréhension intime des textes. Organiques, elles dévoilent une parcelle des phénomènes ressentis par les auteurs dans leur processus de création.

Les circonstances de la co-écriture de ce livre sont décrites par Caroline Despont : « En quelques mots, nous étions en contact sur FB grâce à notre intérêt commun : l’écriture et la poésie, sans jamais nous être rencontrés, nous avons continué à parler sur whatsapp, et en racontant nos histoires de vie, nous nous sommes rendus compte que nous devenions la muse de l’autre, que chaque échange ouvrait spontanément le potentiel créatif de l’autre sans que ce soit planifié, c’est dans cette méditation poétique à distance qu’a été écrit Opinion Poétique. »

La nature qui nous entoure est aussi magnifiée, dans un appel à la communion avec la force de sa rhétorique muette que portent les ingrédients qui la composent.  C’est une réflexion face au désir de vie qui porte sur chacune de nos existences, devant les entraves que nous dessinent les circonstances sociales. C’est aussi un réquisitoire que le système fait contre la différence, de ces particularités sortant des sentiers battus. Dans ce livre, l’aspect littéraire est appelé pour une écriture libérée des contraintes formatées de la création littéraire.

On entend aussi à travers les lignes la femme avec son élan de liberté, en pensée et dans sa chair, face à toutes les formes de pouvoir cherchant à l’inféoder, à inféoder le monde, sans se priver de grandes interrogations autour de la légèreté dans laquelle se loge parfois la simplicité d’un bonheur recherché.  Un livre intense et profond pour aller au confluent des mondes que sondent les deux poètes. Il est disponible aux éditions Harmattan. D’ailleurs, Samy Manga définit le poème en ce sens : « Le poème est le lieu sacré par lequel l’humanité juste doit naître… Même si les Hommes du globe sont réduits à leur appartenance géographique, toutes ces douleurs se tiennent obligatoirement par la main… »

 

 

ALAIN TITO MABIALA

Journaliste et poète

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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