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Mesure sur les funerailles : vivement la fin d’un business macabre à Kinshasa !
La décision provisoire du Gouverneur de la ville province de Kinshasa, Gentiny Ngobila, consistant à acheminer les dépouilles mortelles directement de la morgue au cimetière enchante plus d’un Kinois. Surtout, au regard des coûts exorbitants des funérailles dans cette agglomération.
Mais cette nouvelle a sûrement rendu tristes ceux qui ont fait des morts un business à part entière dans cette mégapole à taux de mortalité très élevé.
Elle vient sûrement détruire un type de commerce qui se faisait au prorata du malheur qui frappait des familles et briser le mythe kinois d’enterrer leurs proches dans de « bonnes » conditions.
Organiser des funérailles à Kinshasa n’était pas à la portée de toutes les bourses. Il fallait débourser entre 2000$ à 5000$, voire plus de 10.000$ pour enterrer dignement votre proche.
Morgue, cercueils, salles funéraires, gerbe de fleurs, musique, corbillard, décorations, inhumation, bain de consolation, uniforme, accueil de la famille, tombe, cortège mortuaire, etc. : tout cela a un coût !
Et dans un pays où les gens vivent avec moins de 1$ par jour, les obsèques devenaient un poids de plus dans les calculs économiques pour ces familles qui étaient obligées bien souvent d’attendre des renforts venus des « professionnels » (des membres de la famille expatriés en europe ou en Amérique).
Là aussi, il faut les avoirs au risque de recourir aux cotisations dans toutes les branches sociétales (église, lieu de travail, association d’amis, députés, notables du quartier ou de la province d’origine, etc.) pour assouvir cette coutume dispendieuse.
Si la décision du Gouverneur se confirme définitivement, plusieurs business vont carrément cesser ou se muer en d’autres, sûrement moins rentables que le commerce des morts.
Des salles funéraires à 5000$ !
D’abord des salles funéraires ont pillulé ces derniers temps dans la ville comme des champignons.
Plus de 800 salles sont répertoriées et leurs coûts sont exorbitants. Elles vont de 700 $ pour les quartiers moins nantis à plus de 5000$ pour celles qui se retrouvent dans les quartiers au standard de vie élevé comme Gombe, Ma Campagne ou Mont Fleury, etc.
Les cercueils aussi sont devenus un commerce juteux avec des noms aussi saugrenus pour succer les pauvres sous de la famille endeuillée et calquée sur des noms des illustres personnages qui en ont usé. On retrouve des cercueils « Mzee Kabila », « Sikatenda », « Hugo Tanzambi », « Marie Misamu », « Papa Wemba », etc.
Leurs prix tout aussi saugrenus de 500 à 2000$, voire plus.
Hormis les cercueils, la famille éplorée doit aussi payer les frais de la morgue qui varient d’un hôpital à un autre et dépendent aussi du public et du privé. Il faut débourser près de 150.000 Fc pour la morgue de l’hôpital général de référence de Kinshasa contre plus de 200.000 Fc pour les privés. Et ces frais sont comptabilisés par jour !
Il faut à cela ajouter les frais d’embaumement et les habits neufs pour le défunt.
Avant l’enterrement, il faut louer un corbillard et des bus pour transporter le corps et une partie de la famille à la morgue. Ici, il faut compter entre 300 à 500$ lorsqu’il s’agit des bus « Transco » ou « Esprit de vie ». Les familles moins nanties devront cependant se contenter des dangereux bus dits » 207/Esprit de mort » dont les chauffeurs roulent eux-mêmes à tombeau ouvert.
Des tombes à 4500$ !
Une dépense tout aussi exorbitante est celle des cimetières. Si dans les cimetières municipaux tels que Mingadi, Mbenseke, Kinkole, etc., les prix vont de 100 dollars à 200$ pour un espace d’enterrement, il faut prévoir plus ou moins 100 dollars pour les fossoyeurs, plus une taxe obligatoire de 17.000 FC( 10 dollars) à verser aux éléments de la Garde Républicaine.
Dans les nouveaux cimetières de classe « Luxe » tels que « Chemin du paradis », « Mbenseke Nouvelle cité » et Nécropole « Entre Ciel et Terre », il faut débourser entre 1500 à 4500$ pour avoir une simple tombe.
Après l’enterrement, la fête !
Après l’enterrement, il faut compter avec l’obligatoire bain de consolation. Il s’agit de nos jours de plus qu’un rafraîchissement. Il faut donc aussi penser à des petits plats.
Le tout pour une assistance estimée à 200 voire 300 personnes.
Après le bain de consolation dans la salle, d’autres dépenses attendent chaque membre éploré aux bars, terrasses et même boîte de nuit. D’autres dépenses en perspective que chaque membre de la famille éprouvée devrait prendre en charge afin d’éviter une « humiliation ».
Un ouf de soulagement pour les familles pauvres
Toujours est-il que si le Gouverneur Gentiny Ngobila prend la décision de maintenir définitivement cette décision d’amener directement nos morts des morgues aux cimetières, ce sera un ouf de soulagement pour beaucoup des familles qui étaient obligées d’emprunter de l’argent pour enterrer les leurs. Celles-ci font fi des toutes les conséquences qui pourront s’en suivre : querelles, prisons, dettes, etc.
Cela va sûrement amener beaucoup des Kinois à changer des mentalités face à cette culture dispendieuse.
Une culture qui a amené beaucoup de personnes « à économiser de l’argent pour des obsèques en fanfare plutôt que de cotiser pour des soins médicaux » de leurs frères ou soeurs hospitalisés.
Pour les commerçants de la mort, il serait peut-être temps de réfléchir sur des formes plus humaines de gagner de l’argent. Il est question d’humaniser les funérailles.
Le gouverneur de Kinshasa ne doit pas s’arrêter en si bon chemin et doit faire de son mieux pour prendre des décisions comme le nettoyage des cimetières et arrêter la désacralisation de nos morts.
Il y a sûrement du travail à faire de ce côté là.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
Santé
Butembo : le président du conseil national des sages-femmes en mission pour amorcer le processus d’inscription au tableau de l’ordre
Le président du Conseil national de l’ordre des sages-femmes séjourne à Butembo depuis ce mercredi 6 mai 2026, dans le cadre d’une mission visant à amorcer l’inscription des professionnelles au tableau de l’ordre. Reçu par l’autorité urbaine à l’hôtel de ville, représentée par le chef du premier bureau, il a précisé que cette démarche vise à encadrer légalement l’exercice de la profession.
« Cette mission relève d’une loi signée par le Président de la République le 30 novembre 2023, qui a mis en place un organe régulateur de la profession des sages-femmes. Elles ne peuvent plus exercer sans être inscrites au tableau de l’ordre », a déclaré M. Ambroka Kabeya, soulignant l’importance de ce processus en cours dans plusieurs villes.
Encourageant les professionnelles locales, il a ajouté : « Nous demandons aux sages-femmes de Butembo de se présenter au conseil urbain pour un test, afin de répondre à cette exigence légale et travailler en toute conformité pour accompagner les femmes enceintes ».
Après une première étape à Beni, la mission du président du Conseil national se poursuivra dans d’autres villes de la République démocratique du Congo, dans le but de généraliser cette réforme à l’échelle nationale.
Dalmond Ndungo
