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Crawford Young, fin connaisseur de la crise congolaise, tire sa révérence ( Par Alain P.N Ngulungu, Politologue, Centre d’études Politiques Université de Kinshasa & ASCP)

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Auteur de l’Introduction à la Politique Congolaise (1968) & The postcolonial state in Africa (2012), ce Professeur émérite de sciences politiques à l’Université du Wisconsin – Madison fut l’un des plus grands spécialistes mondiaux de la politique africaine et de la RDC. Il est décédé le 22 janvier à Madison suite à des complications liées à l’insuffisance cardiaque congestive à l’âge de 88 ans.

Basé au Département de science politique de l’Université de Madison, il était une figure centrale dans la création du programme d’études africaines aux USA. On dit de lui que « son leadership et son soutien critiques ont aidé le programme à prospérer et lui ont fourni une communauté interdisciplinaire de chercheurs qui a nourri son travail. Il est resté activement engagé dans le programme jusqu’à sa mort ».

 

Grawford Young a servi deux mandats en tant que directeur du programme d’études africaines dans les années 1960. Plus tard, il a dirigé deux fois le Département de science politique et a été doyen intérimaire du College of Letters & Science en 1992-1993.

 

Auteur d’une douzaine de livres et édité ou contribué à des dizaines d’autres. Plusieurs de ses livres sont des textes et des classiques pionniers dans l’étude de l’État africain et de la politique de l’identité culturelle.

 

En 2012, l’African Politics Conference Group a nommé Young, « L’État postcolonial en Afrique: cinquante ans d’indépendance » (UW Press), co-lauréat du meilleur livre de 2012 sur la politique africaine. Dans son annonce de récompense, le groupe a déclaré ceci : «Peut-être que seul Young pourrait fournir cet aperçu complet; il met à contribution quelque cinq décennies d’observation attentive du continent en une seule analyse lisible, souvent brillante. »

 

«Il était un géant dans le domaine de l’étude de la politique africaine, écrivant des livres fondateurs sur l’ethnicité, l’État post-colonial en Afrique et l’histoire politique de la République démocratique du Congo», explique Scott Straus, professeur de Vilas Distinguished Achievement of Political Sciences et études internationales à UW – Madison. «À bien des égards, il a été l’un des principaux fondateurs de l’étude de la politique africaine aux États-Unis», a t-il enfin bronché !

 

Lors de sa mort, l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, ancienne secrétaire d’État adjointe des États-Unis pour les affaires africaines (2013 à 2017), et qui a étudié auprès de Young lorsqu’elle a obtenu une maîtrise en administration publique de l’UW – Madison en 1975, a déclaré dans un courriel que l’héritage de Young est évident dans «des centaines d’universités aux États-Unis et dans le continent africain».

 

En son honneur et d’autres politologues décédés récemment (Mulambu Mvuluya et les autres), des activités scientifiques d’hommage en leur honneur sont prévues dans les jours à venir en RDC. Elles seront co-organisées par l’Association Congolaise pour la Science politique(ACSP) & la Dynamique des Politologues (DYPOL) en collaboration avec le département de science politique de l’Université de Kinshasa et l’Ambassade des USA en RDC.

 

Pour votre gouverne, Crawford Young a été élu à l’Académie américaine des arts et des sciences en 1998, et il a été président de l’Association des études africaines en 1982-1983. Il a été professeur invité en études africaines à l’Université Makerere à Kampala, en Ouganda, en 1965-1966, et a été doyen de la faculté des sciences sociales de l’Université nationale du Zaïre à Lubumbashi de 1973 à 1975. Ce, après avoir obtenu un baccalauréat de l’Université du Michigan en 1953 et un doctorat de l’Université Harvard en 1964. Il a rejoint la faculté de l’UW – Madison en 1963.

 

 

 

 

CONGOPROFOND.NET

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395 millions USD pour désengorger Kinshasa : Judith Suminwa évalue l’avancement des rocades

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La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a effectué, ce mardi 12 mai, une visite d’inspection sur les chantiers des rocades Sud-Est et Sud-Ouest de Kinshasa, un ambitieux projet routier de 73 kilomètres destiné à transformer durablement la mobilité dans la capitale congolaise.

Ce vaste corridor reliera l’est et l’ouest de Kinshasa, depuis la commune de Kimbanseke et la zone de l’aéroport international de N’djili jusqu’à Kinsuka Pompage, dans la commune de Ngaliema, en passant notamment par Mitendi et la Route nationale numéro 1 (RN1).

Estimés à près de 395 millions de dollars américains dans le cadre du partenariat sino-congolais issu du programme SICOMINES, les travaux ont été lancés en juin 2024 sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, pour une durée prévisionnelle de trois ans.

Une visite de terrain pour mesurer l’état réel du projet

Accompagnée du Gouverneur de Kinshasa, du Ministre de l’Aménagement du territoire ainsi que de la Ministre déléguée en charge de la Politique de la ville, la Cheffe du Gouvernement s’est rendue sur plusieurs sites afin d’évaluer personnellement l’évolution des travaux.

Pour Judith Suminwa Tuluka, cette descente sur terrain était indispensable afin de confronter les rapports administratifs à la réalité du chantier.

« Il y a presque deux ans, en juin 2024, le Chef de l’État avait lancé les travaux de ces rocades. Il était important pour moi de venir voir personnellement comment les choses évoluent sur le terrain. Nous recevons régulièrement des rapports, nous suivons les images et les vidéos, mais rien ne remplace le constat de visu », a déclaré la Première Ministre.

Un périphérique stratégique pour décongestionner Kinshasa

Pensées comme un véritable périphérique urbain, les rocades Sud-Est et Sud-Ouest doivent permettre de désengorger les principaux axes routiers de la capitale, particulièrement la RN1, saturée par le trafic en provenance ou en direction du Kongo Central, du Grand Bandundu et de l’aéroport international de N’djili.

Au cours de sa visite, Judith Suminwa Tuluka a parcouru plusieurs tronçons déjà ouverts ou en cours d’aménagement, notamment entre le quartier Ndjoku et Mitendi, où un important échangeur est en construction.

« Cette rocade est conçue comme un périphérique qui permettra de désengorger Kinshasa. À Mitendi, la rocade passera sous la Nationale numéro 1 tandis que la RN1 passera au-dessus. Ce type d’infrastructure va profondément transformer la mobilité dans la ville », a expliqué la Cheffe du Gouvernement.

Des infrastructures modernes pour renforcer la connectivité

La Première Ministre a également salué les dispositifs techniques mis en place pour lutter contre les érosions et sécuriser durablement les infrastructures routières.

Murs de soutènement, importants travaux de terrassement et tracé en deux fois deux voies figurent parmi les aménagements prévus pour améliorer la fluidité de la circulation et les conditions de déplacement des habitants de Kinshasa.

« Nous avons vu les travaux de stabilisation ainsi que le tracé de cette future route à deux fois deux voies. Tout cela permettra d’améliorer durablement les déplacements des Kinois », a-t-elle souligné.

Judith Suminwa Tuluka a par ailleurs replacé ce projet dans la vision nationale de modernisation des grands corridors routiers portée par le Chef de l’État afin de renforcer la connectivité entre les provinces et les espaces économiques du pays.

Le défi des indemnisations au cœur des préoccupations

Malgré l’avancement des travaux, la Première Ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les opérations d’expropriation et d’indemnisation des populations concernées afin d’éviter tout retard dans l’exécution du projet.

« Le principal défi aujourd’hui reste l’expropriation et l’indemnisation des populations concernées sur certains tronçons. Nous nous sommes entendus avec notre partenaire chinois, dans le cadre du programme SICOMINES, pour finaliser ces opérations afin de permettre l’achèvement du projet dans les délais prévus, idéalement d’ici septembre 2027 », a-t-elle indiqué.

Le partenariat sino-congolais mis au service des infrastructures

La Cheffe du Gouvernement a enfin salué les retombées du partenariat sino-congolais revisité sous l’impulsion du Président de la République, estimant que celui-ci permet désormais d’accroître les investissements dans les infrastructures structurantes au bénéfice direct des populations.

« Aujourd’hui, les résultats commencent à être visibles. Les travaux ne concernent pas seulement Kinshasa. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de connexion des provinces et des grands corridors économiques du pays », a-t-elle conclu.

Le projet des rocades s’inscrit dans le troisième pilier du Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028 consacré à « l’aménagement du territoire national en vue d’une connectivité maximale », avec pour objectif de renforcer les infrastructures stratégiques et d’améliorer durablement la mobilité urbaine et interprovinciale.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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