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Enfin, le cabinet du Gouverneur de la Ville-province de Kinshasa affiche complet
Gentiny NGOBILA MBAKA a signé officiellement, ce mercredi 17 juillet 2019, un arrêté portant mise en place des membres de son cabinet.
Dix conseillers au total ont ete nommé en appui au Directeur du Cabinet, YABUSELE MONZALI, pour aider le Gouverneur a achever son mandat dans l’exécutif provincial.
Bishop Mfundu
Retrouvez, ci-dessous, la liste complète de Conseillers du Gouverneur et Vice-Gouverneur de Kinshasa.
Article 1er : sont nommés Conseillers :
Conseiller Spécial :
BOPESO BOB MUNDEMBE
Conseiller Administratif :
Monsieur MEYA NGEMBA Anselme
Conseiller Financier :
Monsieur Félicien KULUTA NTULA
Conseiller Juridique :
Monsieur TSHIBOLA KWASA MUKWENU Yannick
Conseiller Technique :
Monsieur BONEYK KIMINA
Conseiller Politique et en Communication :
Monsieur TSAKALA NKILATAMBU Gratien
Conseiller en Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication :
BISWESE SELAYUM Junior
Conseiller en Développement :
MUTENDA VEKA Henry–Justin
Conseiller Socio-Culturel :
Madame ELEBE ma NDEMBO Yollande
Conseiller en Environnement :
Madame LUSAMBA KAJINGA Marie –Paule
Article 2 : Sont nommés Assistants avec rang de Conseillers, les personnes dont les noms suivent :
-Assistant auprès du Gouverneur :
Monsieur MPAYI DUEME LEVI
Madame MATUNGULU NSUNGANI LYDIA
-Assistants auprès du Vice-Gouverneur :
Monsieur LUYEYE NSUKA Blaise
Monsieur NZAU LEKO Pascal
-Assistants auprès du Directeur de Cabinet :
Madame SOLONYO KALEMA Cathy
Monsieur MONZEKE NDALA Melord
Monsieur ITUMA IZANSIE Maxime
Monsieur WENGE LINDONGI Elvis
Monsieur KIWEWA BOMBI Bobo
Article 3 : Sont nommés Chargés de Mission et Secrétaires Particuliers près le Gouverneur et près le Vice-Gouverneur :
Chargés de Mission près du Gouverneur :
Monsieur YABUSELE MONZALI John
Monsieur AGYMIDE IDAMBITO Vincent
Chargé de Mission près du Vice-Gouverneur :
Monsieur MONONGO Jerry
Secrétaire Particulier du Gouverneur :
Monsieur MODUA NDUITE Ernest
Secrétaire particulier du Vice-Gouverneur
Monsieur TATUKILA TSASA Denis
Article 4 : Sont abrogées toutes les dispositions antérieures contraires au présent arrêté.
Article 5 : Le Directeur de cabinet du Gouverneur de la Ville de Kinshasa est chargé de l’exécution du présent arrête qui sort ses effets à la date de sa signature
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Affaire des “Enfants Mushobekwa” : Le réquisitoire du Ministère public interroge la justice congolaise
Dès les premières audiences du procès dit des “Enfants chilleurs”, le dossier a révélé des fragilités structurelles qui auraient dû alerter tous les observateurs. La plainte initiale de Madame Marie-Ange Mushobekwa situe les faits au 21 décembre 2025, alors qu’il a été établi devant la Cour que l’intrusion et la rétention des enfants se sont déroulées le 22 décembre 2025.
Et que le prévenu principal, Philémon Mambabua, n’est rentré à son domicile qu’à 4h30 ce jour-là. Cette discordance de date n’a rien d’un détail technique : elle vicie le fondement même de l’action publique. Mais le dossier souffre surtout d’une absence totale de preuves matérielles et irréfutables. Les photos et vidéos produites à l’audience ont été prises par la plaignante elle-même, à son domicile puis à l’hôpital, soit loin du lieu présumé où les violences auraient été perpétrées. Une exploration corporelle a aussi été réalisée par elle-même sans aucune autorisation judiciaire.
Tandis que la liste impressionnante de noms d’autorités citées par la plaignante (VPM, MinÉtat, Généraux, Colonels, Auditeur général des FARDC, AG de l’ANR, Député honoraire…) et versée au dossier n’a été suivie d’aucun témoignage en faveur de l’accusation devant la Cour. Le certificat médical, quant à lui, ne révèle “rien de grave ni de particularité”, le médecin traitant Yenga Mbuta Dosh Junior a reconnu n’avoir constaté “rien de spécifique”, et le rapport médico-légal n’a jamais été signé par le praticien.
Les problèmes d’horodatage aggravent cette fragilité : la pièce maîtresse de l’accusation (une clé USB contenant des vidéos et photographies ) porte une date de “mutation” au 29 janvier 2026 pour des faits supposés du 21 décembre 2025, tandis que la chronologie du déroulé demeure confuse, jamais étayée par une reconstitution objective. L’accusation, qui évoque un groupe de cinq, six, sept ou huit policiers pour n’en poursuivre que deux, ironise par ailleurs sur la demande de 3,4 millions de dollars de dommages-intérêts, jugée “impossible à payer”.
Ces incohérences, loin d’être anecdotiques, minent frontalement la crédibilité du dossier. Malgré 12 audiences, des questions pourtant centrales pour la manifestation de la vérité sont restées sans réponse, et l’édifice accusatoire repose sur “les seules déclarations de Marie-Ange Mushobekwa”, qui n’a jamais été témoin oculaire des faits allégués. Une irrégularité particulièrement révélatrice est venue entacher la procédure : les procès-verbaux d’audition de 2 témoins, Claudien et Christopher, fils de la plaignante.
Ces PV sont rigoureusement identiques du début à la fin, mot pour mot, phrase par phrase, comme s’ils avaient été copiés-collés, ce qui contredit toute idée de témoignages spontanés et indépendants. Aucun des renseignants entendus ( Malaïka, Sakina, Christopher, Noah, Clément Kanku ) n’a par ailleurs déclaré avoir perçu un ordre explicite de frapper ou de torturer. Le verbe maîtriser des mots “maîtrisez-les”, que le Ministère public interprète comme l’instruction déclenchant les violences, est lui-même contesté : s’agit-il d’un ordre de violences ou d’une simple injonction de contrôle ?
La Cour militaire n’a pas tranché. L’accusation admet que les enfants “n’ont pas été inquiétés” en quittant la salle de bain et que “Dieu était avec tout le monde”. Plus troublant encore : les enfants présumés torturés pendant plus d’1 heure 30 par un groupe de 7 à 8 policiers auraient ensuite eu le temps de faire une sieste de 10h à 17h avant de se rendre à une consultation médicale ( et non aux urgences ) à 22h !
L’absence de constat médical de torture, le flou persistant sur le nombre réel d’auteurs impliqués et l’impossibilité de déterminer qui a fait quoi dans cette affaire laissent subsister un doute profond sur la matérialité même des violences alléguées. C’est dans ce contexte de fragilité accusatoire, marqué par l’absence de preuves matérielles irréfutables et un récit reposant sur les affirmations d’une personne qui n’a pas assisté aux faits, que le Ministère public (magistrat chargé, en droit congolais, de requérir l’application de la loi et de défendre l’intérêt général au nom de la société ) a prononcé son réquisitoire le 7 mai 2026.
Or, les faits reprochés tombent sous le coup de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, dont l’article 48 bis prévoit une peine de 5 à 10 ans de servitude pénale, et l’article 48 ter une fourchette de 10 à 20 ans lorsque la victime est mineure. Pourtant, le Ministère public a requis deux ans de servitude pénale avec sursis contre Philémon Mambabua, ainsi que des circonstances atténuantes, reconnaissant implicitement que les enfants ont “joué un rôle” et que le prévenu n’avait pas prémédité les faits.
Une telle clémence, dans un cadre légal qui prévoit des peines 4 à 10 fois plus lourdes, interpelle. En qualité d’avocat de la société, le Ministère public a la responsabilité de requérir une peine proportionnée aux preuves réunies. En l’espèce, sa décision de s’écarter aussi nettement du quantum légal semble acter, de facto, l’absence de preuves suffisantes pour caractériser la torture, et confirme le principe fondamental selon lequel le doute doit profiter à l’accusé. Reste à savoir si la Cour militaire de Ndolo, qui a instruit avec impartialité, suivra ce réquisitoire ou s’en émancipera pour affirmer une autre lecture du dossier.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
