Provinces
Kasaï : l’Assemblée provinciale déchoit le ministre Jeannot Kazadi Kabumba à une voix d’écart
L’Assemblée provinciale du Kasaï a tenu une séance plénière ce vendredi 22 mai 2026, marquée notamment par des motions d’information et des séances de contrôle parlementaire. À l’issue des débats, le ministre provincial des Mines, de l’Énergie et des Hydrocarbures, Jeannot Kazadi Kabumba, a été déchu de ses fonctions à une seule voix d’écart.
Avant l’examen des matières inscrites à l’ordre du jour, le député provincial Djosteve Betshiondo est intervenu par une motion d’information concernant la taxation des citoyens dans le territoire de Dekese. Il a dénoncé certaines pratiques des services financiers, notamment de la Direction générale des impôts (DGI), accusés d’imposer des taxes à des personnes qui ne seraient pas légalement assujetties. Cette motion a reçu le soutien des députés Jean-Calvin Minga et Ferdinand Mposhampa.
S’agissant du contrôle parlementaire, la ministre provinciale de la Santé, interpellée par le député Jean-Pierre Kabengele Mantshumba, a présenté les réponses préparées par sa prédécesseure. Après examen, la plénière a décidé de clore le dossier en formulant plusieurs recommandations.
L’autre temps fort de la séance a concerné le ministre des Mines, de l’Énergie et des Hydrocarbures, Jeannot Kazadi Kabumba, interpellé par le député provincial Miller Milambu. Après une seconde série de réponses jugées non satisfaisantes par l’auteur de l’interpellation, les députés ont procédé au vote.
Le résultat a été particulièrement serré : sur les 27 députés présents, 14 ont voté en faveur de sa déchéance contre 13 opposés. Jeannot Kazadi Kabumba a ainsi été officiellement déchu de ses fonctions.
Quant au ministre provincial des Finances, également concerné par une interpellation, l’examen de son dossier a été renvoyé à une prochaine séance prévue le 17 juin.
Faustin Nkumbi
Provinces
« Le Haut-Uele ne peut pas supporter 30 ans de guerre » : Moïse Mahuka appelle les jeunes à rejeter les groupes armés
Face aux inquiétudes grandissantes liées à la situation sécuritaire dans le nord-est de la République démocratique du Congo, Moïse Mahuka, leader d’opinion du territoire de Watsa, appelle la jeunesse du Haut-Uele à faire preuve de responsabilité en refusant toute collaboration avec les groupes armés qui tenteraient de s’implanter dans la province.
Dans une interview exclusive accordée à CongoProfond.net dans la soirée du mercredi 10 juin 2026, il a lancé un message fort à l’endroit des jeunes, les exhortant à ne jamais céder aux promesses financières des mouvements rebelles.
« La situation est complexe. Je demande aux habitants du Haut-Uele et particulièrement aux jeunes du territoire de Watsa de ne jamais intégrer un mouvement rebelle, quel que soit le montant d’argent qui pourrait leur être proposé », a déclaré Moïse Mahuka.
Pour lui, l’expérience douloureuse vécue dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu doit servir d’avertissement aux populations du Haut-Uele.
« Depuis 1996, les populations des Kivu vivent dans un contexte de guerre quasi permanent. Est-ce que le Haut-Uele sera capable de supporter trente années de conflit ? Nous devons réfléchir sérieusement à cette question », a-t-il souligné.
Selon ce leader d’opinion, la province du Haut-Uele ne dispose ni des infrastructures ni des capacités économiques suffisantes pour faire face à une crise sécuritaire prolongée. Il rappelle que de nombreuses familles dépendent du commerce avec les territoires voisins ainsi qu’avec l’Ouganda pour leur survie quotidienne.
« Notre province dépend largement des échanges avec l’Ituri, notamment les territoires d’Aru et de Mahagi, ainsi qu’avec la ville d’Arua en Ouganda. Peut-on raisonnablement accepter d’insécuriser une province qui peine déjà à garantir sa sécurité alimentaire ? », s’est-il interrogé.
Moïse Mahuka a également dénoncé toute implication éventuelle de jeunes du Haut-Uele dans les réseaux de soutien aux groupes armés.
« S’il y a des enfants du Haut-Uele ou de Watsa qui ont déjà intégré ces mouvements ou qui collaborent avec eux, ils doivent comprendre qu’ils travaillent contre les intérêts de leur propre peuple et compromettent l’avenir de leur province », a-t-il affirmé.
Évoquant la présence de réfugiés sud-soudanais sur le sol congolais, il a rappelé que l’insécurité contraint souvent les populations à abandonner leurs terres et leurs moyens de subsistance.
« Les réfugiés sud-soudanais sont en RDC parce qu’ils ont fui l’insécurité dans leur pays. Si demain la guerre s’installe chez nous, où irons-nous ? Qui nous accueillera au Soudan du Sud ? », a-t-il questionné.
Le leader d’opinion a par ailleurs attiré l’attention sur les défis auxquels fait face la jeunesse locale. Selon lui, la prolifération de certaines pratiques destructrices au fil des années a contribué à fragiliser une partie de la jeunesse, au détriment de son engagement citoyen et patriotique.
« Nous avons besoin d’une jeunesse responsable, consciente de ses devoirs envers la nation. Une jeunesse capable de défendre les valeurs de paix, de travail et de développement. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans des aventures qui ne produisent que souffrances et destructions », a-t-il insisté.
Pour Moïse Mahuka, la préservation de la paix demeure aujourd’hui la principale condition du développement du Haut-Uele. Il invite ainsi les jeunes à privilégier l’éducation, l’entrepreneuriat et le travail communautaire plutôt que les voies de la violence armée.
« Le Haut-Uele a besoin de paix pour se développer. Nous devons protéger notre province et préparer un avenir meilleur pour les générations futures », a-t-il conclu.
Junior kasamba/Congoprofond.net
