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Gemena : impatiente face au blocage du chantier de modernisation, la jeunesse hausse le ton contre IMMO-SERKAS

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À Gemena, l’attente commence à peser lourd. Alors que les travaux de réhabilitation et de modernisation de la ville devaient redessiner le visage urbain, le ralentissement du chantier suscite une vague de mécontentement, particulièrement chez les jeunes.

Depuis plusieurs jours, des messages et vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour dénoncer le retard et la qualité perçue des travaux. « Certains individus récidivistes et instrumentalisés diffusent des messages et vidéos de désinformation et désorientation à des fins inavouées », dénonce un communiqué récent de l’entreprise adressé à la population. Mais pour une partie de la jeunesse, ces accusations ne suffisent pas à masquer une frustration bien réelle.

« Depuis l’existence de cette ville, il n’y a jamais eu un seul mètre de route asphaltée », rappelle Me Rufis Enyela, coordinateur du mouvement citoyen lutte pour le changement (LUCHA) dans le Sud-Ubangi. C’est précisément cette promesse historique qui alimente l’impatience. Les jeunes de Gemena, qui espéraient voir enfin des routes praticables, des caniveaux fonctionnels et un éclairage public digne de ce nom, voient le chantier piétiner.

Selon la société IMMO-SERKAS SARL en charge de l’exécution, la responsabilité ne revient pas à l’entreprise. « Les travaux d’assainissement, de pose des bordures et le début des travaux de la chaussée sont exécutés selon les règles de l’art », affirme-t-elle. Le blocage viendrait d’ailleurs : « Cela fait près d’une année que plus de 4 factures de l’entreprise déjà introduites et ayant reçues l’avis de non-objection du Ministre des Finances, ne sont toujours pas payées par le BCECO ».

Conséquence directe : le matériel est à l’arrêt. « Plusieurs camions bennes, 33 conteneurs chargés de bitumes, les engins complets destinés à l’asphaltage proprement dit de nos routes, sont déjà importés » et restent bloqués dans les entrepôts de l’ONATRA en attente de déblocage des fonds. Pour les jeunes mobilisés, cette situation est difficile à accepter alors que les routes comme Gemena-Akula et Gemena-Songo restent « totalement impraticables ».

La colère s’exprime de plus en plus ouvertement. Certains y voient un manque de considération pour la province et une incapacité des acteurs politiques à défendre les projets locaux. « Les mêmes individus sont muets sur ces réalités beaucoup plus graves », souligne le communiqué, qui appelle à la vigilance.

Face à cette tension, l’appel à l’apaisement se fait insistant. « Restons concentrés, ne cédons pas aux informations non vérifiées et sans fondement. Notre rôle est d’assurer un atterrissage en douceur pour que Gemena bénéficie enfin de routes durables », peut-on lire.

Le message se termine sur une note d’espoir : « Gemena mérite mieux. Cela passe par la patience, la vérité et l’unité de tous ». Reste à savoir si cette patience suffira à calmer une jeunesse qui attend des actes concrets, et non plus des promesses.

Blaise ABITA ETAMBE

Provinces

Sud-Ubangi : Zongo plongée dans le noir depuis le 23 mai, l’économie locale à l’arrêt !

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Depuis ce samedi 23 mai 2026, la ville de Zongo, situé dans la frontière de la province du Sud-ubangi avec Bangui, la capitale centrafricaine vit au rythme des groupes électrogènes et des bougies. Une coupure générale d’électricité, causée par un « dysfonctionnement des installations de la Société Nationale d’Électricité », plonge la ville dans une obscurité totale.

Les conséquences se font sentir dans presque tous les secteurs. « Les activités commerciales tournent au ralenti, tandis que de nombreux opérateurs économiques enregistrent déjà d’importantes pertes financières », rapportent des habitants.

Les médias locaux sont parmi les premiers touchés. Les radios de proximité, principales sources d’information pour la population, « éprouvent d’énormes difficultés à fonctionner faute d’énergie ». Même constat pour les cybercafés et centres de services numériques, à l’arrêt faute de courant. Des dizaines de jeunes et d’étudiants se retrouvent bloqués en pleine période de rédaction des travaux de fin d’études.

Dans les quartiers commerciaux, l’inquiétude monte. Bistrots, restaurants, chambres froides, salons de coiffure et scieries de bois fonctionnent au ralenti. « Plusieurs commerçants craignent déjà la détérioration des boissons et des denrées périssables conservées dans des réfrigérateurs désormais hors service ». La panne menace de se transformer en crise économique locale, avec un risque de « hausse des prix de certains produits sur le marché local ».

es ménages également ne sont pas épargnés. Certains parents disent être « confrontés aux plaintes répétées des enfants, privés de leurs programmes télévisés et séries de films habituels ». Un détail qui illustre à quel point la coupure bouleverse la vie quotidienne.

Face à cette situation, la population de Zongo lance un appel pressant. Elle demande aux autorités compétentes ainsi qu’aux responsables de la Société Nationale d’électricité(SNEL) à intervenir en urgence afin de rétablir l’électricité et d’éviter une aggravation de la situation économique et sociale.

Pour l’instant, aucune date de rétablissement n’a été officiellement communiquée. En attendant, Zongo reste plongée dans le noir, et avec elle, une partie de l’économie du Sud-Ubangi.

Blaise ABITA ETAMBE

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