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Sécurité

Washington, théâtre d’un nouvel avatar du régime de la peur de Paul Kagame

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L’incident survenu à Washington entre les services de sécurité rwandais et la délégation de la Première dame de la RD Congo a donné lieu à deux versions radicalement antagonistes. Selon Kigali, il s’agirait d’une simple méprise entre agents de sécurité dans un couloir d’hôtel, un accrochage banal rapidement résolu et suivi d’un changement d’établissement.

Mais cette version aseptisée se heurte à des accusations autrement plus graves : celle d’une possible opération d’intimidation, voire d’une tentative d’action hostile, visant Denise Nyakeru Tshisekedi alors qu’elle se trouvait sur le sol américain. Là où l’ambassade du Rwanda à Washington décrit un malentendu dans un espace commun, ses contradicteurs dénoncent l’illustration d’une méthode de pouvoir qui ne reculerait devant rien.

Y compris lorsqu’il s’agit de cibler l’épouse d’un chef d’État rival, au cœur même de la capitale des États-Unis. Ce qui transforme cet incident en affaire d’État, c’est la mémoire longue des assassinats qui jalonnent l’histoire de l’opposition rwandaise en exil. Les noms s’égrènent comme une litanie funèbre : Patrick Karegeya, ancien chef des services de renseignement, retrouvé étranglé dans une chambre d’hôtel à Johannesburg en 2013.

Seth Sendashonga, ministre de l’Intérieur limogé, abattu à Nairobi en 1998 ; André Kagwa Rwisereka, vice-président du FDU-Inkingi, retrouvé presque décapité dans le sud du Rwanda en 2010 ; Syldio Dusabumuremyi, poignardé en Afrique du Sud en 2019 ; Seif Bamporiki, ancien opposant devenu critique du régime, abattu au Cap en 2021. Cette liste, qui ne cesse de s’allonger, dessine le portrait d’un pouvoir accusé de traquer ses opposants bien au-delà de ses frontières.

Sans que les pays d’accueil – États-Unis, Afrique du Sud, Kenya – n’aient jamais véritablement pu ou voulu endiguer ces opérations. L’incident de Washington n’est donc pas, pour nombre d’observateurs, un simple accrochage diplomatique entre deux pays africains. Il est le révélateur d’une contradiction plus large : comment concilier l’image d’un Rwanda stable et rassurant, soigneusement entretenue par ses représentants à l’étranger, avec la réalité d’une opposition exilée décimée depuis près de trois décennies ?

La question dépasse désormais le cadre bilatéral entre Kigali et Kinshasa pour interpeller directement les États-Unis, partenaires historiques du régime rwandais. Alors que l’incident s’est produit dans leur capitale, les autorités américaines se trouvent confrontées à une mise en demeure implicite : jusqu’où peut-on fermer les yeux sur les méthodes d’un allié lorsque celles-ci viennent s’exposer, littéralement, devant la porte d’une chambre d’hôtel à Washington ?

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Sécurité

Journée de la révolution à Butembo : Moïse Kikondo salue l’engagement des FARDC dans le contexte sécuritaire actuel du pays

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À l’occasion de la Journée de la révolution et du soldat congolais, célébrée cette année le lundi 18 mai, Me Moïse Kakule Kikondo, doctorant et chercheur en droit, a rendu un vibrant hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il s’est exprimé au cours d’une émission radiodiffusée à Butembo, dans laquelle il a également abordé les questions liées à la révision de la Constitution, ainsi qu’au mandat et à la mission du président de la République.

Profitant de cette tribune, Me Moïse Kikondo a salué le courage et l’engagement des militaires congolais qui servent le pays dans un contexte sécuritaire difficile. « Aujourd’hui, je suis en train de rendre hommage à tous nos vaillants militaires, à tous les membres de nos forces armées qui commémorent cette journée. Je leur rends honneur, car ils sont au service de la Nation », a-t-il déclaré.

Pour ce chercheur en droit, intégrer l’armée congolaise malgré les conditions difficiles auxquelles les militaires sont confrontés constitue une preuve de patriotisme et de sacrifice pour la défense de la nation. Il estime néanmoins que des réformes profondes doivent être engagées afin d’améliorer les conditions de vie et de travail des soldats congolais.

« Quelqu’un qui accepte d’entrer dans les Forces armées de la République démocratique du Congo, avec tout ce que vous savez des situations que ces éléments subissent, des conditions et autres, il faut se dire qu’avant tout, c’est un patriotisme très élevé. Ce qu’il faut faire, c’est écouter ceux qui ont la décision finale pour réformer et réorganiser cette armée afin de la hisser sur l’échiquier international des grandes forces armées », a-t-il ajouté.

La Journée du 17 mai, renvoyée exceptionnellement au 18 mai cette année, est dédiée à l’honneur du « Soldat congolais ». Cette date fait référence à la prise de Kinshasa le 17 mai 1997 par les militaires de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par le défunt président Laurent-Désiré Kabila, surnommé à l’époque « le soldat du peuple ».

Dalmond Ndungo

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