Sécurité
14 civils disparus, 4 atteints par balles… lors d’une nouvelle attaque des ADF à Mambasa : l’APDEF Ituri appelle les FARDC à passer à l’offensive
Une nouvelle attaque attribuée aux rebelles des ADF a plongé la cité de Mambasa dans la peur. Survenue dans la nuit du 5 au 6 avril 2026, cette incursion a visé les quartiers Arua et Daresalam, situés à environ trois kilomètres du centre de Mambasa, sur l’axe Mambasa–Nduye–Mungbere.
Selon les informations livrées ce mercredi 8 avril 2026 à CONGOPROFOND.NET par Ram’s Malikidogo, défenseur des droits humains de l’Association pour la Protection et la Défense des Enfants et des Femmes (APDEF Ituri), également acteur de la société civile dans le territoire de Mambasa, le bilan provisoire reste préoccupant. D’après cette source, au moins 14 personnes sont toujours portées disparues après l’attaque. Quinze boutiques ont été incendiées par les assaillants, tandis que quatre personnes ont été atteintes par balles.

Le défenseur des droits humains affirme également que trois bombes artisanales abandonnées par les rebelles ont été découvertes dans la journée du mardi 7 avril. Les engins, soigneusement dissimulés, auraient été abandonnés lors du repli des assaillants, faisant craindre un bilan plus lourd si leur présence n’avait pas été signalée à temps. « La population vit dans une psychose totale. Plusieurs familles ne savent toujours pas où se trouvent leurs proches disparus », a-t-il déclaré.
Déplacements massifs de la population
Cette nouvelle attaque a provoqué un important mouvement de déplacement des habitants. De nombreuses familles ont quitté précipitamment leurs domiciles pour chercher refuge dans des zones qu’elles estiment plus sûres.
Certains déplacés prennent la direction de Bunia, d’autres rejoignent des localités du Nord-Kivu, tandis qu’une partie de la population se disperse dans des villages environnants jugés moins exposés.
Faute de moyens et d’abris suffisants, plusieurs familles passent désormais la nuit à la belle étoile. Une situation qui les expose à de nombreux risques, notamment aux agressions, aux viols, aux maladies et à de nouvelles attaques.
Colère de la population contre la MONUSCO
Dans un climat déjà tendu, un convoi de la MONUSCO en mission de patrouille a été empêché de poursuivre sa route par des habitants en colère.
Selon plusieurs témoins, la population a barricadé la route au passage du convoi pour exprimer son mécontentement et sa perte de confiance envers la mission onusienne, accusée de ne pas assurer efficacement la protection des civils.
Pour plusieurs habitants, malgré la présence des forces internationales et des militaires congolais dans la région, les attaques des ADF continuent de se multiplier dans le territoire de Mambasa.
Appel à la vigilance et à une riposte offensive
Face à cette situation, RAm’s Malikidogo représentant de l’APDEF Ituri appelle la population à rester vigilante et à collaborer étroitement avec les services de sécurité en signalant tout mouvement suspect.
Il demande également aux autorités congolaises et aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) de renforcer les opérations militaires contre les ADF.
Selon lui, les militaires doivent désormais adopter une stratégie offensive plutôt que défensive. « Il est temps que les FARDC poursuivent l’ennemi dans sa profondeur afin d’anéantir durablement les groupes armés qui continuent à semer la terreur dans la région », a-t-il insisté.
Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte sécuritaire déjà très fragile dans le territoire de Mambasa, où les incursions répétées des ADF continuent d’alourdir le bilan humain et de provoquer des déplacements massifs de populations.
Junior Kasamba
Sécurité
Parc de Virunga : les éco-gardes pris pour cible, l’ACEDH dénonce un massacre répété
L’Alerte congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dit être profondément affectée par les récentes attaques armées visant les acteurs de la conservation dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon l’organisation, la dernière attaque s’est produite le 21 mai 2026 à Kamuhoro, sur la côte sud du lac Édouard, au cœur du Parc national des Virunga. Des hommes armés non identifiés ont tué deux éco-gardes, identifiés comme KASEREKA BARAKA VALIYA TIRE et MUNGU AKONKWA MIHIGO Jacques, tous engagés dans la protection de la biodiversité.
L’ACEDH indique que cette attaque intervient quelques jours après d’autres violences enregistrées depuis le 19 mai 2026 dans les zones de Kyavinyonge et autour du lac Édouard, où des biens de citoyens et de défenseurs de l’environnement auraient également été pris pour cible.
Face à cette situation, l’organisation condamne fermement ces actes et présente ses condoléances aux familles des victimes ainsi qu’à la communauté des agents de conservation. Elle exprime également sa solidarité avec les personnes ayant subi des menaces et des destructions de biens.
L’ACEDH appelle à une mobilisation nationale et internationale pour renforcer la protection des acteurs de la conservation en RDC. Elle demande un meilleur accès à la sécurité et à la justice pour ces agents, estimant que les risques qu’ils encourent sont devenus très élevés.
L’organisation s’inquiète également de ce qu’elle qualifie d’instrumentalisation de la violence par certains acteurs politiques et sociaux, ce qui aggrave les tensions et met en danger les communautés locales. Elle rappelle que les éco-gardes proviennent souvent de ces mêmes communautés.
L’ACEDH affirme que depuis janvier 2026, neuf agents de conservation ont été tués en République démocratique du Congo dans l’exercice de leurs fonctions, dont sept dans le parc national de l’Upemba, sans que des enquêtes judiciaires aboutissent à des procès.
Elle appelle les autorités compétentes à ouvrir des enquêtes sérieuses afin d’identifier les auteurs de ces attaques et de renforcer la sécurité dans les aires protégées.
Enfin, l’ACEDH réaffirme son soutien aux efforts de protection du Parc national des Virunga et des autres zones protégées du pays, ainsi qu’à tous ceux qui œuvrent pour la défense de la biodiversité.
Désiré Rex Owamba
