Actualité
Assemblée Nationale : La session de mars s’ouvre le 16 mars au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale
Initialement annoncée pour le 15 mars, l’ouverture de la session parlementaire de mars à l’Assemblée nationale interviendra finalement le lundi 16 mars 2026. Ce léger report n’altère en rien l’importance de ce rendez-vous institutionnel qui s’annonce déterminant pour la vie politique et législative du pays.
Cette session s’inscrit dans la continuité des missions constitutionnelles du Parlement, avec au cœur des débats le contrôle de l’action gouvernementale, l’examen de nombreuses initiatives législatives ainsi que l’évaluation du fonctionnement des institutions d’appui à la démocratie.

Le contrôle de l’action gouvernementale en priorité
Parmi les priorités annoncées figure le contrôle parlementaire, un mécanisme essentiel permettant aux députés nationaux d’évaluer l’action du gouvernement. Les élus devront notamment analyser plusieurs rapports émanant des institutions d’appui à la démocratie afin d’apprécier leur fonctionnement, leurs performances et les défis auxquels elles font face.
Ce moment de reddition des comptes constitue un temps fort de la session, dans un contexte où les attentes de la population en matière de gouvernance et de transparence demeurent particulièrement élevées.
Près de 80 initiatives législatives à examiner
Sur le plan législatif, l’Assemblée nationale devra également se pencher sur près de 80 propositions et projets de loi. Ces textes, portés soit par le gouvernement soit par les députés, couvriront différents domaines de la vie nationale, allant des réformes institutionnelles aux questions économiques et sociales.
L’examen de ces initiatives devrait alimenter des débats nourris au sein de l’hémicycle, alors que plusieurs réformes sont attendues pour accompagner les politiques publiques et répondre aux préoccupations des citoyens.
Les institutions d’appui à la démocratie attendues devant les députés
La session sera également marquée par l’audition de plusieurs institutions d’appui à la démocratie, notamment la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) ainsi que la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Ces auditions permettront aux députés d’évaluer les actions menées par ces structures stratégiques, dont le rôle reste central dans la consolidation de l’État de droit et du processus démocratique en République démocratique du Congo.
Un débat d’orientation budgétaire en perspective
Autre moment attendu : le débat d’orientation budgétaire, étape clé dans la préparation du budget de l’État. Cet exercice vise à intégrer les attentes de la population et les priorités nationales dans l’élaboration des politiques publiques et dans la répartition des ressources financières de l’État.
À travers ce débat, les députés auront l’occasion d’exprimer les préoccupations de leurs bases respectives et d’influencer les grandes orientations budgétaires du gouvernement.
Une session délocalisée au Centre culturel
En raison des travaux de réfection en cours au Palais du peuple, siège habituel du Parlement, la session de mars se tiendra exceptionnellement au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, à Kinshasa.
Ce site provisoire accueillera ainsi les travaux parlementaires dans l’attente de la fin des travaux de modernisation du Palais du peuple, symbole de la démocratie congolaise.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
Politique
RDC : Andy Bemba évoque « La formation plus rapide du gouvernement et la réduction de sa taille » comme l’une des raisons principales de la réforme constitutionnelle
Le débat sur la révision constitutionnelle rebondit dans le paysage politique congolais. Pour Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), la question ne se limite pas à des ajustements techniques : il s’agit de repenser l’efficacité de l’État face aux urgences du pays.
« L’une des raisons pour lesquelles il nous faut revoir notre Constitution, c’est la nécessité d’une formation rapide du gouvernement et d’une réduction de sa taille », déclare-t-il. Selon lui, l’architecture actuelle ralentit la mise en place des équipes gouvernementales et alourdit le fonctionnement de l’exécutif.
Andy Bemba défend l’idée d’un « État plus léger, plus efficace et moins coûteux ». Dans sa logique, une équipe gouvernementale resserrée permettrait de réduire les dépenses de fonctionnement tout en accélérant la prise de décision. « Cela permettrait une meilleure gouvernance et des décisions plus rapides face aux défis du pays », insiste-t-il.
Le leader de Nouvelle Pensée pointe un problème récurrent : les longs délais de formation des gouvernements après les élections ou les remaniements. Ces périodes de transition, dit-il, bloquent l’action publique alors que les besoins en matière d’infrastructures, de sécurité, d’éducation et de santé restent urgents. Un exécutif plus restreint, avec des portefeuilles clairement définis, éviterait selon lui les chevauchements de compétences et les blocages politiques.
Au-delà de la taille, c’est la logique de gestion de l’État qui est visée. Andy Bemba estime qu’un gouvernement pléthorique génère des coûts inutiles qui pèsent sur le budget national sans garantir de meilleurs résultats. « Moins coûteux » ne signifie pas moins ambitieux, précise-t-il, mais plus rationnel dans l’allocation des ressources humaines et financières.
Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme des institutions. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile réclament depuis des années une rationalisation de l’appareil d’État pour le rendre plus réactif. Pour Andy Bemba, la Constitution doit encadrer ces changements afin d’éviter que la formation du gouvernement ne devienne un marchandage politique au détriment de l’intérêt général.
L’enjeu, conclut-il, est de donner au pays un exécutif capable d’agir vite et bien selon les besoins de la population. Dans un contexte où les défis économiques et sécuritaires s’accumulent, « La rapidité et l’efficacité ne sont plus un luxe, mais une nécessité ».
La proposition relance la question : la révision constitutionnelle doit-elle se limiter à des aspects politiques ou intégrer une réforme profonde du fonctionnement de l’État?
Blaise ABITA ETAMBE
