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Kinshasa, royaume de l’impunité sélective : Etienne Tshimanga suspendu pour avoir volé, Simon Siala Siala maintenu pour avoir empoisonné

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Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a joué les justiciers au mois de février 2026. Avec une fermeté toute républicaine, il a suspendu Étienne Tshimanga Mutombo, le DG de l’OCC, pour “fautes lourdes”. Le cahier des charges est impressionnant : installation d’un système informatique parallèle, usage frauduleux de fausses attestations, manque à gagner de millions de dollars.

Bref, un cas d’école du détournement de manuel scolaire. On applaudit la célérité, on salue le courage politique. Enfin, l’État montrait les muscles. On se disait que la tolérance zéro avait débarqué dans les couloirs du pouvoir. C’était sans compter le spécimen suivant, qui mériterait pourtant une médaille d’or aux Jeux olympiques de la délinquance administrative. Cet homme, multirécidiviste, est à lui seul le paradoxe de l’administration congolaise.

Car pendant que Tshimanga paie cash ses frasques informatiques, un certain Simon Siala Siala, DG de l’Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC), continue de siéger comme si de rien n’était. Lui aussi a pourtant un palmarès à faire pâlir un scénariste de série policière. En septembre 2025, fatigué de partager le pouvoir avec sa directrice générale adjointe Juliette Mbambu Mughole, il a tout simplement fait sceller son bureau.

Fermeture physique des locaux de la DGA, privant l’institution de sa hiérarchie légale. Un petit coup de force digne d’un seigneur de guerre local . Mais le DG Simon Siala Siala ne s’est pas arrêté à cette simple violation des textes. En février 2026, une note administrative révèle l’horreur : le bureau de la DGA est contaminé par une “substance végétale toxique”. Une tentative d’empoisonnement par inhalation, dans un musée ! Le ministère de tutelle exige une désintoxication d’urgence.

Simon Siala Siala ? Silence radio. L’ordre est ignoré, le poison continue de flotter, et le DG, imperturbable, observe la scène du haut de son immunité auto-proclamée. Ajoutez à cela un faux et usage de faux digne d’un faussaire de marché : le PV d’un Conseil d’Administration aurait subi une confection pour truquer et tenter de légitimer ses dérives. Ce même Simon Siala Siala, paraît-il, perçoit illégalement des fonds auprès de sociétés locataires des espaces de l’IMNC.

Il a donc transformé l’institution en caverne d’Ali Baba où tenez-vous bien aucun audit n’a jamais été réalisé. Non, vous ne rêvez pas. L’Institut des Musées Nationaux du Congo qui détient notre patrimoine culturel n’a jamais subi aucun audit. Et cela ne révulse pas personne. Il révoque, dégrade et mute les agents selon son humeur, ignorant le code du travail, et s’entoure d’une milice privée surnommée “les Pomba” pour intimider les récalcitrants.

Ajoutez à cela des licenciements abusifs, trois mois d’arriérés de salaire pour les agents, et la suppression pure et simple de deux musées en provinces. La liste, messieurs-dames, peut continuer jusqu’à demain. Mais où est la sanction ? Où est la suspension ? Pendant que Tshimanga est jeté en pâture pour ses millions volés, Simon Siala Siala, “l’empoisonneur présumé”, le faussaire d’un PV, le milicien en costume-cravate, reste en poste.

Christelle Mwabilu a été désignée pour assurer l’intérim à l’OCC. À l’IMNC, on cherche encore qui osera désintoxiquer le bureau empoisonné. La morale de cette fable est d’une clarté aveuglante : en RD Congo, il y a deux catégories de DG. Ceux qu’on suspend pour avoir volé, et ceux qu’on protège pour avoir tenté de tuer sa DGA. Après tout, un petit empoisonnement entre collègues, ce n’est que de la gestion chaotique des ressources humaines, n’est-ce pas ?

Pendant ce temps, l’éthique administrative vient de rendre l’âme, probablement asphyxiée par une substance toxique dans un bureau de la Culture.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

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Presse francophone mondiale : La Congolaise Marianne Mujing Yav décroche un poste historique à l’UPF

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Une nouvelle page s’écrit pour la presse congolaise sur la scène internationale. La journaliste congolaise Marianne Mujing Yav a été élue, vendredi 29 mai 2026, au poste de secrétaire générale de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF), à l’issue d’un scrutin qui marque un tournant majeur pour la représentation de la République démocratique du Congo au sein des grandes instances médiatiques francophones.

Avec 35 voix obtenues, elle devient la première femme congolaise à accéder à cette fonction stratégique au sein de cette organisation qui rassemble des journalistes, éditeurs et professionnels des médias issus de l’espace francophone mondial.

Une victoire qui honore la RDC

L’élection de Marianne Mujing Yav constitue bien plus qu’un succès personnel. Elle symbolise la montée en puissance de la presse congolaise dans les espaces internationaux de décision et de réflexion sur l’avenir du journalisme francophone.

Dans un contexte où les médias sont confrontés à de nombreux défis ( transformation numérique, désinformation, sécurité des journalistes et défense de la liberté de la presse ), la présence d’une Congolaise à un poste aussi influent est perçue comme une reconnaissance du dynamisme et du professionnalisme des acteurs des médias de la RDC.

Cette élection renforce également la visibilité du pays au sein de la francophonie médiatique, offrant à la RDC une voix plus forte dans les débats qui façonnent l’avenir de l’information à l’échelle internationale.

Zoom sur Marianne Mujing Yav

Figure respectée du paysage médiatique congolais, Marianne Mujing Yav s’est progressivement imposée comme l’une des personnalités les plus engagées dans la promotion du journalisme professionnel et de la coopération entre médias francophones.

Au fil des années, elle a développé une solide expérience dans le secteur de l’information et dans les réseaux professionnels de la presse, ce qui lui a permis de tisser des liens avec plusieurs organisations internationales œuvrant pour le renforcement des médias et la défense des valeurs de la francophonie.

Membre du Comité national de la presse congolaise ( UNPC), son élection à la tête du secrétariat général de l’UPF traduit la confiance placée en son leadership, sa capacité de rassemblement et sa vision pour une presse francophone moderne, indépendante et adaptée aux mutations du monde numérique.

Un symbole fort pour les femmes des médias

L’accession de Marianne Mujing Yav à cette haute responsabilité revêt également une portée symbolique importante pour les femmes journalistes de la RDC et d’Afrique.

Dans un secteur encore marqué par des défis liés à la représentativité féminine dans les postes de direction, cette élection envoie un signal fort sur la place croissante des femmes dans la gouvernance des médias et des organisations professionnelles internationales.

En tant que secrétaire générale de l’UPF, Marianne Mujing Yav sera appelée à contribuer à la coordination des activités de l’organisation, au renforcement de la coopération entre ses différentes sections nationales et à la promotion des valeurs qui fondent la presse francophone.

Son mandat s’annonce déterminant à un moment où le journalisme doit relever des enjeux majeurs liés à la crédibilité de l’information, à l’intelligence artificielle, à la transition numérique et à la protection des professionnels des médias.

Par cette élection historique, la RDC inscrit son nom dans les annales de la presse francophone mondiale et voit l’une de ses filles accéder à l’un des postes les plus prestigieux du secteur. Une consécration qui honore à la fois Marianne Mujing Yav, la profession journalistique congolaise et l’ensemble du pays.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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