Connect with us

Sécurité

La souveraineté par la force – pour une paix réelle, préparons la guerre assumée

Published

on

La RD Congo est à un tournant décisif de son histoire. Depuis des décennies, le pays fait face à des agressions récurrentes, à l’instabilité de ses frontières et à une érosion de sa souveraineté. Les discours, les sommets et les missions internationales n’ont pas suffi. Il est temps de passer des paroles aux actes. Comme le dit l’adage stratégique : “Si vis pacem, para bellum” – qui veut la paix prépare la guerre.

Pour la RDC, cela signifie une rupture totale avec les demi-mesures et l’adoption d’une vision claire, assumée et concrète : la construction, en moins de trois décennies, d’une armée nationale de 10 millions d’hommes, avec un premier cap à 1 million de soldats dès 2028. Cette militarisation assumée n’est pas une fuite en avant guerrière, mais la condition sine qua non de notre souveraineté, de notre développement et d’une paix durable. Malgré son immensité, ses ressources colossales et son poids démographique, la RDC reste un géant aux pieds d’argile.

L’Est du pays est le théâtre d’une guerre hybride permanente, nourrie par des groupes armés locaux et étrangers, avec des interférences régionales flagrantes. Notre armée, courageuse mais sous-équipée, sous-entraînée et souvent démoralisée, ne peut actuellement ni sécuriser l’intégralité du territoire, ni dissuader les agresseurs. Les partenariats sécuritaires, nécessaires à court terme, ne doivent pas devenir une tutelle perpétuelle. La vraie souveraineté ne se négocie pas, elle se construit. Elle commence par le monopole de la force légitime sur l’ensemble du territoire.

Or, aujourd’hui, ce monopole est contesté. Il faut y remédier par une ambition à la hauteur des enjeux. Notre proposition est simple dans son énoncé, révolutionnaire dans sa portée. Il s’agit d’atteindre un premier seuil de dissuasion et de contrôle territorial. Cette force doit être professionnalisée, bien équipée, mobile et capable de projeter sa puissance sur tous les fronts – de l’Ituri au Haut-Katanga, du Kongo Central à la Tshopo. Un service national obligatoire et formateur, combiné à un recrutement volontaire massif, en sera le socle.

L’accent sera mis sur la formation technique, le commandement et la loyauté à la nation. Objectif 10 millions de citoyens-soldats. Ce chiffre n’est pas une folie des grandeurs, mais une réponse proportionnée aux défis d’un pays-continent de 100 millions d’habitants (à cette échéance). Il s’agit de créer une armée à deux niveaux : une force régulière d’élite, hautement technologique, pour les missions offensives et de défense avancée et une force de réserve massive et territoriale, issue du service national, capable de se mobiliser pour la défense du territoire, les secours en cas de catastrophe et les grands projets de développement.

Cette militarisation assumée sera un puissant vecteur d’unité nationale et de développement. Les infrastructures militaires (routes, ponts, hôpitaux, réseaux de communication) bénéficieront aux civils. Les soldats et vétérans formés aux métiers techniques (génie civil, télécommunications, cybersécurité, logistique) seront un vivier de compétences pour l’économie nationale. L’industrie de défense, créée pour soutenir cet effort, stimulera la recherche, l’innovation et l’industrialisation du pays. L’armée redeviendra une école de la nation, inculquant discipline, civisme et esprit patriotique. Une telle ambition ne peut reposer sur du sable.

Ce projet doit transcender les clivages et être érigé en priorité nationale absolue, inscrit dans la Constitution et dans les plans stratégiques de l’État. Il nécessitera une ré-allocation massive des ressources (notamment une part significative des revenus miniers), une lutte acharnée contre la corruption, et potentiellement des emprunts nationaux dédiés, souscrivis par la population et la diaspora. Création progressive d’un complexe militaro-industriel congolais, avec des partenariats technologiques stratégiques (non-alienants) et la priorité au “made in Congo”.

Écoles militaires d’excellence, académies techniques, et une doctrine de défense claire fondée sur la dissuasion, la défense totale du territoire et la protection des ressources. Cette armée doit être au service exclusif de la nation et de sa Constitution. Son contrôle civil et démocratique, ainsi que son intégration vertueuse dans le tissu social, seront la clé de son acceptation et de sa force. La période de la vulnérabilité exploitée est révolue. Toute atteinte à notre intégrité territoriale se heurtera désormais à une force de dissuasion écrasante.

Nous apprécions les partenariats, mais dans le respect de notre autonomie stratégique. La RDC n’est plus un objet de la géopolitique, mais un acteur souverain. Le temps de la résignation est fini. Ce projet est le vôtre. Il incarne la reconquête de votre fierté, de votre sécurité et de votre avenir. Il offre un débouché, une formation et un rôle à la jeunesse. La RDC n’a pas le choix. Continuer dans la dépendance sécuritaire, c’est perpétuer le cycle de la violence et du pillage. Opter pour une militarisation assumée, massive et intelligente, c’est choisir la seule voie réaliste vers une paix durable.

C’est un projet de civilisation qui fera de l’armée le bouclier et le levier de la renaissance nationale. 1 million d’hommes en 2028, 10 millions en 2050 : ce n’est pas une menace, c’est une promesse. La promesse que la prochaine génération de Congolais vivra enfin dans un pays en paix, parce que fort, souverain et uni. Qui veut la paix prépare la guerre. La RDC, en 2024, décide enfin de se préparer. L’heure est à l’action.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Sécurité

Journée de la révolution à Butembo : Moïse Kikondo salue l’engagement des FARDC dans le contexte sécuritaire actuel du pays

Published

on

À l’occasion de la Journée de la révolution et du soldat congolais, célébrée cette année le lundi 18 mai, Me Moïse Kakule Kikondo, doctorant et chercheur en droit, a rendu un vibrant hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Il s’est exprimé au cours d’une émission radiodiffusée à Butembo, dans laquelle il a également abordé les questions liées à la révision de la Constitution, ainsi qu’au mandat et à la mission du président de la République.

Profitant de cette tribune, Me Moïse Kikondo a salué le courage et l’engagement des militaires congolais qui servent le pays dans un contexte sécuritaire difficile. « Aujourd’hui, je suis en train de rendre hommage à tous nos vaillants militaires, à tous les membres de nos forces armées qui commémorent cette journée. Je leur rends honneur, car ils sont au service de la Nation », a-t-il déclaré.

Pour ce chercheur en droit, intégrer l’armée congolaise malgré les conditions difficiles auxquelles les militaires sont confrontés constitue une preuve de patriotisme et de sacrifice pour la défense de la nation. Il estime néanmoins que des réformes profondes doivent être engagées afin d’améliorer les conditions de vie et de travail des soldats congolais.

« Quelqu’un qui accepte d’entrer dans les Forces armées de la République démocratique du Congo, avec tout ce que vous savez des situations que ces éléments subissent, des conditions et autres, il faut se dire qu’avant tout, c’est un patriotisme très élevé. Ce qu’il faut faire, c’est écouter ceux qui ont la décision finale pour réformer et réorganiser cette armée afin de la hisser sur l’échiquier international des grandes forces armées », a-t-il ajouté.

La Journée du 17 mai, renvoyée exceptionnellement au 18 mai cette année, est dédiée à l’honneur du « Soldat congolais ». Cette date fait référence à la prise de Kinshasa le 17 mai 1997 par les militaires de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par le défunt président Laurent-Désiré Kabila, surnommé à l’époque « le soldat du peuple ».

Dalmond Ndungo

Continue Reading