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Analyses et points de vue

La sérénité et la clarté au service de la paix : Patrick Muyaya a éclairé la route de Washington vers la souveraineté

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Porté par la pédagogie implacable du ministre de la Communication, le briefing du 3 décembre élève la diplomatie congolaise à l’art de la transparence. Cette performance magistrale a donné sens et crédit à chaque étape du processus. Dans le théâtre souvent codé de la diplomatie internationale, un moment de rare limpidité s’est produit ce mercredi 3 décembre 2025.

La conférence de presse conjointe tenue à la veille de la signature historique de l’accord de paix a été bien plus qu’un exercice de communication : elle a été une leçon magistrale de gouvernance transparente. Et au cœur de cette pédagogie éblouissante, la figure du ministre Patrick Muyaya Katembwe s’est imposée, non comme un simple relais, mais comme l’architecte de la clarté.

C’est lui le garant d’une narration soutenue et rationnelle qui a guidé l’opinion mondiale avec une maîtrise remarquable. Aux côtés de Tina Salama, dont la précision sur la séquence “D’abord la paix, ensuite l’économie” a posé le socle philosophique de l’accord, Patrick Muyaya a incarné la force d’interprétation souveraine. Son rôle a été déterminant : il a permis à tous les observateurs avertis de comprendre la position de la RDC.

De Kinshasa à Bruxelles, tout le monde a suivi avec une confiance renouvelée le fil complexe des négociations. Chaque déclaration, chaque point de presse, chaque échange a été marqué par sa capacité à anticiper les questionnements et à dissiper les malentendus avec une constance qui a forgé la crédibilité même du processus. Sa contribution a été décisive sur deux fronts essentiels, où sa clarté a fait office de boussole.

Sa phrase, “L’accord de Washington ne doit pas être perçu comme une forme d’amnistie accordée à un groupe de terroristes » , a été un coup de force sémantique. Patrick Muyaya a refusé le récit facile et dangereux du pardon collectif. En offrant l’interprétation gouvernementale claire, il a replacé l’accord dans le cadre d’une stratégie d’État : la paix comme outil de démobilisation et de reconquête, non comme une abdication de la justice.

Son affirmation cristalline, “L’accord ne vise pas la vente des minerais aux États-Unis mais un contrôle de nos ressources pour des partenariats gagnant-gagnant”, restera dans les annales de la diplomatie économique congolaise. Ici, le ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du gouvernement Muyaya a transcendé son rôle de porte-parole pour endosser celui de défenseur pédagogique de la souveraineté.

Il a substitué au vieux réflexe de la méfiance une proposition structurée : la souveraineté (le contrôle) précède et conditionne le partenariat. Il a ainsi éclairé, une fois pour toutes, ce qui aurait pu rester la plus grande “zone d’ombre” du dialogue : l’intention réelle derrière l’engagement économique. L’éloge qui lui est dû ne porte pas seulement sur sa rhétorique, mais sur une méthode qui a érigé la transparence en instrument de puissance.

Alors que les processus de paix se perdent souvent dans les non-dits et les interprétations contradictoires, Patrick Muyaya a instauré un flux continu d’informations rationnelles et soutenues. Chaque clarification était un pavé posé sur la route de la compréhension publique, construisant un récit cohérent et inébranlable. Il a démontré que dans les affaires complexes, la lumière n’affaiblit pas la position nationale.

Elle la consolide en ralliant l’adhésion sur des bases saines. Le tandem Muyaya-Salama a ainsi incarné l’alliance parfaite entre la vision et l’exécution. Si Tina Salama a défini la destination – le remplacement de l’économie de contrebande par un ordre légal –, Patrick Muyaya a scrupuleusement cartographié le chemin pour y parvenir, en indiquant chaque tournant, en expliquant chaque pont, en sécurisant chaque passage.

Il a fait de l’opinion publique mondiale un témoin informé, et donc un partenaire potentiel, plutôt qu’un spectateur sceptique. L’héritage immédiat de ce briefing de Washington est double : un accord historique sur le point d’être scellé, et une masterclass en communication d’État dont Patrick Muyaya a été le maître d’œuvre. Par sa rigueur, sa constance et sa profonde clarté, il a offert au Congo bien plus qu’une défense de son accord.

Il a offert à la diplomatie africaine une nouvelle grammaire : celle de la transparence souveraine. La paix qui vient sera aussi celle des esprits, éclairés par la raison et la confiance qu’il a patiemment instaurées. C’est là l’œuvre d’un ministre pleinement conscient que, dans le monde moderne, la vérité bien dite est la première des forces.

TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR

Analyses et points de vue

Humaniser la rue : la dignité humaine au cœur de l’action sociale

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Dans les rues animées des grandes villes de la RDCongo, Kinshasa, Lubumbashi, Bukavu ou autres , certains visages passent inaperçus. On remarque la présence d’enfants dormant sous des kiosques, adolescents survivant de petits métiers, adultes errant entre marchés, carrefours ou autres places publiques.

Pour beaucoup, la rue n’est pas un choix, mais une nécessité. Pourtant, ces vies sont trop souvent perçues comme des images de désordre, de danger ou d’échec social. Face à cette réalité, une approche portée par des ONG locales et internationales propose un changement radical de regard: ” Humaniser la rue”

Edho Mukendi, Doctorant en travail social à Walden University, Minnesota (USA) a été abordé dans le cadre des études initiées par le CEPEF sous impulsion de Zagor MUKOKO – SANDA ,pour réfléchir ensemble sur le thème : « Comment Humaniser la rue”.

Le choix sur la personne de Edho MUKENDI n’est pas du au hasard. Il est le promoteur du travail social de rue moderne à Kinshasa. Effectivement, grâce à son esprit managérial, il a drainé plusieurs acteurs sociaux , experts en travail de rue venus de l’Occident , de l’Afrique de l’Ouest et de toute la RDC pour échanger sur les savoirs et pratiques professionnelles en matière de travail social de rue dans un séminaire en 2006.

Selon cet acteur social, membre actif du CEPEF et fondateur du CATSR, la rue est un espace de vie avant d’être un problème.

En République démocratique du Congo (RDC), les trajectoires vers la rue sont marquées par la pauvreté structurelle, les conflits armés, les déplacements forcés et l’éclatement des familles. Pour de nombreux enfants, les accusations de sorcellerie constituent également un facteur majeur de rupture. Une fois dans la rue, la survie devient quotidienne, mais exclusion sociale s’aggrave.

Pourtant, la rue n’est pas un vide social, estime Edho MUKENDI. Elle est un espace de relations, de règles informelles et de solidarités. « Fermer les yeux sur cette réalité, c’est souvent produire des réponses violentes », explique Rémy Mafu, le Coordonnateur du REEJER à Kinshasa devant les membres des communautés protectrices reunites pour la conference organisée par le CEPEF à l’occasion de la journée internationale de l’enfant de la rue.

Les rafles policières, placements forcés ou expulsions répétées brisent les liens, renforcent les traumatismes et éloignent durablement les personnes des services d’aide.

Aller vers, sans juger

C’est dans ce contexte que le travail social de rue joue un rôle central. Sa particularité  est d’ aller à la rencontre des personnes là où elles vivent, sans condition préalable, sans exigence immédiate de changement. La relation précède l’orientation, l’écoute précède l’action.

Humaniser la rue, c’est d’abord reconnaître la personne avant la situation. Apprendre un prénom, écouter une histoire, respecter un rythme, insiste Edho MUKENDI. Ces gestes simples deviennent des leviers puissants pour restaurer la confiance et l’estime de soi. Loin d’imposer une « sortie de rue » à tout prix, les intervenants accompagnent des parcours progressifs, choisis et sécurisés.

ENCADRER – Humaniser la rue, concrètement, c’est Reconnaître la dignité et l’identité des personnes en situation de rue, Intervenir sans coercition ni jugement, Agir dans l’espace public sans criminaliser la présence,Favoriser la participation et la parole des personnes concernées

Des droits humains au cœur de l’action

Pour Edho MUKENDI, humaniser la rue, ce n’est pas seulement faire preuve de compassion. C’est aussi adopter une approche fondée sur les droits humains. Les personnes en situation de rue sont des titulaires de droits : droit à la dignité, à la protection, à la participation et à la non-discrimination.

De nombreuses ONG en RDC défendent cette vision. Elles rappellent que vivre dans la rue ne devrait jamais justifier la violence ou l’exclusion. Au contraire, la reconnaissance des droits ouvre la voie à des politiques sociales plus justes et plus efficaces.

Des initiatives qui transforment les pratiques 

À Kinshasa ou ailleurs, des équipes mobiles, pédestres ou motorisées de travailleurs sociaux sillonnent les quartiers jour après jour. Leur mission: écouter, accompagner, faire la médiation en cas de conflits, référer lorsque les conditions sont réunies. La régularité de la présence et la cohérence des équipes font la différence.

À Kananga, Lubumbashi, Mbuji Mayi, Tshikapa, Kisangani ou à Bukavu (ou dans n’importe quelle ville du pays), des points d’écoute mobiles permettent aux enfants et adolescents de bénéficier d’un soutien psychosocial sans obligation de quitter immédiatement la rue. « La confiance ne se décrète pas, elle se construit », souligne l’Assistante sociale Karine BIABOLA.

Certaines initiatives vont encore plus loin en impliquant directement les personnes concernées. D’anciens enfants de la rue deviennent pairs éducateurs, médiateurs ou relais communautaires. Leur expérience devient une ressource, et leur rôle citoyen est reconnu.

Des défis persistants

Malgré ces avancées, humaniser la rue reste un combat quotidien. Les approches sécuritaires parfois agressives dominent encore trop souvent les politiques publiques. Les appuis financiers sont insuffisants, les équipes surchargées, et la reconnaissance institutionnelle fragile.

Surtout, cette démarche ne peut à elle seule résoudre les causes structurelles de l’exclusion. Sans politiques ambitieuses de lutte contre la pauvreté, d’accès à l’éducation, à la protection de l’enfance et à l’emploi, les parcours de rue continueront de se reproduire.

Vers une vie plus humaine 

Humaniser la rue, c’est finalement réapprendre à voir celles et ceux que la société rend invisibles. En RDC, cette approche portée par des ONG, des travailleurs sociaux et des communautés locales ouvre une voie essentielle : celle d’une ville ou chaque personne, quelle que soit sa situation, est reconnue dans sa dignité et ses droits. Parce qu’une société se mesure aussi à la manière dont elle traite les plus vulnérables, humaniser la rue, c’est déjà transformer la société.

Franck AMBANGITO 

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