Environnement
New York : « Les communautés autochtones, actrices clés de la protection des forêts » souligne Marie Nyange
En marge de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, la République démocratique du Congo a réaffirmé son engagement en faveur des droits des peuples autochtones et de la protection de ses forêts.
La Ministre de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Professeur Marie Nyange, a pris part au dialogue de haut niveau sur les peuples autochtones et communautés locales, organisé par la Fondation Ford.
Lors de cette rencontre, la ministre a rappelé les avancées législatives récentes du pays, notamment l’adoption de la loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones ainsi que celle sur l’aménagement du territoire. « Ces instruments juridiques placent les peuples autochtones au cœur de la lutte contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité, car leur contribution à la préservation des écosystèmes est inestimable », a déclaré Marie Nyange.
La ministre a également évoqué les réformes en cours, notamment la réforme foncière et l’élaboration d’une nouvelle politique forestière. « La RDC ne compte pas s’arrêter là. Nous voulons bâtir un cadre qui intègre pleinement les communautés locales et autochtones comme des acteurs incontournables dans la gestion durable de nos forêts », a-t-elle ajouté.
Dans l’après-midi, la délégation congolaise a participé à la table ronde de la coalition J-REDD+ (Juridictional REDD+) en préparation de la COP30 à Belém. À cette occasion, Marie Nyange a insisté sur les valeurs qui doivent guider cette initiative. « Nous plaidons pour que l’équité et la justice soient au cœur de cette coalition, afin de garantir l’efficacité et la crédibilité des actions à mener », a-t-elle affirmé.
Avec la deuxième plus grande forêt tropicale du monde, la RDC confirme ainsi sa volonté de jouer un rôle moteur dans la gouvernance climatique mondiale, tout en défendant les droits des communautés locales et des peuples autochtones.
Dorcas Mwavita
À la Une
Peuples autochtones en RDC : Félix Tshisekedi à l’écoute d’une communauté encore marginalisée
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a récemment reçu des représentants des peuples autochtones pygmées, accompagnés notamment du professeur Jean-Robert Bwangoy, porteur du projet pilote REDD+ Maï-Ndombe.
Cette rencontre s’inscrit dans la volonté affichée du chef de l’État de renforcer la promotion et la protection des droits des peuples autochtones, longtemps victimes de discrimination et de marginalisation en République démocratique du Congo.
Près de 30 ans après les initiatives de l’ancien président Mobutu Sese Seko visant à valoriser ces communautés, la question de leur intégration socio-économique demeure un défi majeur.

Une discrimination persistante dans la cuvette centrale
Selon le professeur Jean-Robert Bwangoy, la situation des peuples autochtones pygmées reste préoccupante, particulièrement dans les zones forestières de la cuvette centrale, où vivent de nombreuses communautés.
« Il y a eu beaucoup de discriminations dans notre pays. Malgré certains progrès, les peuples autochtones pygmées continuent à être marginalisés, notamment dans les zones de la forêt équatoriale », explique-t-il.
Pour cet universitaire, la discrimination dont sont victimes ces populations est avant tout d’origine économique. D’où la nécessité d’améliorer leurs conditions de vie en leur garantissant l’accès :
– à l’éducation,
– à l’eau potable,
– aux soins de santé,
– et aux opportunités économiques.
Lors de leur rencontre avec le chef de l’État, les représentants autochtones ont plaidé pour une intégration réelle dans le système national, afin que ces communautés puissent bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens congolais.
Une loi pour protéger les peuples autochtones
La rencontre intervient dans un contexte marqué par la promulgation, il y a quelque temps, d’une loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées.
Le professeur Bwangoy salue cette avancée juridique et rend hommage à tous ceux qui ont contribué à son élaboration.
« Je voudrais remercier le chef de l’État, mais aussi l’ensemble des citoyens congolais qui ont participé à l’élaboration de cette loi. Elle reconnaît enfin les efforts et la dignité de nos compatriotes pygmées », souligne-t-il.
L’éducation comme clé de l’émancipation
Au-delà du plaidoyer politique, le professeur Poingoy mène également des initiatives concrètes sur le terrain, notamment dans le village d’Ikita, dans la province du Maï-Ndombe, où il a contribué à la construction d’une école favorisant la cohabitation et l’apprentissage commun entre enfants bantous et pygmées.
Pour lui, l’éducation demeure la clé de l’émancipation des peuples autochtones.
Il cite notamment l’exemple de Suzanne, une jeune fille pygmée qu’il a prise sous son encadrement afin de lui permettre de poursuivre ses études.
« Lorsqu’elle terminera ses études, elle pourra servir d’exemple à d’autres filles pygmées. Leur destin ne doit pas se limiter à rester au village sans perspective. Elles peuvent aussi s’insérer dans le système national », affirme-t-il.
Forêt, peuples autochtones et crédits carbone
Cette dynamique d’inclusion est également liée à la question de la conservation des forêts et des crédits carbone, un sujet de plus en plus présent dans les débats internationaux sur le climat.
Selon le professeur Bwangoy, les peuples autochtones jouent un rôle essentiel dans la préservation de la forêt équatoriale congolaise, et devraient bénéficier directement des mécanismes économiques liés à la protection de ces écosystèmes.
« Les populations qui vivent dans et autour de la forêt doivent profiter réellement de leurs efforts de conservation », insiste-t-il.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
