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Les médecins ambulants à Kinshasa : Entre savoir populaire et défi sanitaire (Par Théophile Kifinga, séminariste à Kinshasa) 

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Kinshasa, mégapole foisonnante aux mille paradoxes, vibre chaque jour au rythme de ses marchés, de ses klaxons et de ses voix qui s’élèvent des rues poussiéreuses ou des avenues embouteillées. Parmi ces voix, il en est une qui intrigue, fascine et parfois fait sourire : celle des médecins ambulants, ces guérisseurs de fortune qui, micro à la main, promettent de soigner « bokono nioso » (toutes les maladies) .

Des praticiens populaires au cœur de la ville

On les rencontre partout : à Victoire, Masina, Matete, ou encore le long de l’avenue de l’Université. Leurs stands sont rudimentaires : une table de bois, quelques bouteilles remplies de liquides aux couleurs étranges, des sachets de poudre, parfois des comprimés importés d’Asie ou d’Inde. Mais ce qui attire la foule, c’est surtout le discours.

« Tozo traiter bokono nioso ! Sida, mbasu, apendicite, kiste, diabète, hernie, infections… », crie une voix amplifiée par un vieux haut-parleur. Les passants s’arrêtent, intrigués. Certains rient de la témérité de ces déclarations. D’autres, au contraire, tendent l’oreille avec sérieux, dans l’espoir de trouver un remède à une douleur qui les ronge depuis des mois.

Ces médecins de la rue ne reculent devant rien : ils s’autoproclament spécialistes de toutes les pathologies, du rhume banal jusqu’au cancer, de la stérilité jusqu’au sida. Leur assurance, parfois déconcertante, finit par convaincre ceux que la pauvreté ou la méfiance envers les hôpitaux officiels maintiennent à distance du système de santé classique.

Une médecine de survie

Pourquoi ces guérisseurs connaissent-ils un tel succès ? La réponse est simple : la pauvreté.

À Kinshasa, se faire soigner dans un hôpital ou une clinique privée coûte cher. Les examens médicaux, les ordonnances et les frais d’hospitalisation sont souvent hors de portée pour une majorité de la population. Beaucoup préfèrent tenter leur chance auprès de ces praticiens ambulants, où les prix sont négociables et les remèdes disponibles immédiatement.

En plus du coût, il y a aussi le temps. Dans une ville où tout est urgence, où la survie quotidienne prime sur la santé, il est plus facile de s’arrêter cinq minutes dans la rue pour acheter un sirop « miracle » que de passer des heures dans une salle d’attente.

Enfin, il y a la méfiance culturelle. Pour beaucoup de Kinois, la médecine moderne est perçue comme froide, distante, parfois inutilement compliquée. À l’inverse, le médecin ambulant parle la langue du peuple, emploie les mots du quotidien : « bokono ya mposo », « mbasu », « maladi ya nzoto nyonso ». Il rassure, il comprend, il fait rire, il promet.

Entre trésor et danger

Il serait facile de tourner ces hommes en dérision. Mais derrière leur spectacle ambulant, il y a un savoir empirique qui mérite attention.

Beaucoup utilisent des plantes médicinales héritées de la tradition, dont certaines ont prouvé leur efficacité à travers les siècles. Les guérisseurs connaissent les propriétés de certaines écorces, racines ou feuilles que la pharmacopée moderne commence à peine à explorer. En ce sens, ils représentent un trésor culturel et scientifique.

Mais il serait irresponsable d’ignorer les dangers. Car beaucoup de ces remèdes ne sont pas testés, dosés ni contrôlés. Certains patients retardent un traitement médical nécessaire et aggravent leur maladie en se fiant à ces « tout-traitants ». Derrière l’espoir, il y a parfois des drames : intoxications, complications, décès évitables.

L’opportunité d’une recherche nationale

Plutôt que de diaboliser ou d’interdire ces pratiques, l’État congolais gagnerait à les encadrer. Beaucoup de pays ont su intégrer la médecine traditionnelle dans leur système de santé. En Chine, l’acupuncture et les plantes médicinales font partie de la médecine officielle. Au Ghana et en Afrique du Sud, des instituts nationaux de recherche travaillent à valider scientifiquement certains remèdes traditionnels.

Kinshasa pourrait suivre cette voie :

– Recenser les praticiens ambulants et leurs préparations les plus populaires.

– Étudier en laboratoire les plantes et substances utilisées, afin d’en identifier les principes actifs.

– Former les guérisseurs aux notions de base d’hygiène et de dosage.

– Créer un cadre légal où leur savoir populaire rencontre la rigueur scientifique.

Ce serait un moyen de transformer ce phénomène de survie en véritable richesse nationale.

Une image de Kinshasa

Au-delà de la santé, les médecins ambulants sont un symbole de Kinshasa. Ils incarnent à la fois le désordre et l’ingéniosité, le risque et la débrouillardise. Ils prouvent que la ville ne dort jamais, qu’elle invente ses propres solutions, même au bord du chaos.

Entendre leurs voix résonner dans les marchés, c’est entendre le cri d’une population en quête de réponses. C’est voir que la médecine, à Kinshasa, n’est pas seulement affaire de diplômes et de laboratoires, mais aussi de confiance, de proximité et de spectacle.

Les médecins ambulants de Kinshasa ne sont pas qu’un détail folklorique : ils sont le miroir d’une société en lutte pour sa survie. Ils révèlent les failles du système de santé, mais aussi la force d’un savoir populaire qui persiste malgré tout. Plutôt que de les ridiculiser, il faut les considérer comme une ressource à explorer. Derrière leurs promesses parfois extravagantes, se cache peut-être la clé de nouvelles découvertes médicales.

Comme on peut le dire si bien : au fond, ces gens-là sont des trésors que l’État devrait aider à travers la recherche.

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Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »

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L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical

Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.

« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.

Une nouvelle classe politique pour la RDC

Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.

Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.

Le rôle central des citoyens

Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.

Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».

Une vision pour l’avenir du pays

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.

L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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