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Assemblée nationale : Vital Kamerhe fragilisé, Mboso renaît en recours providentiel
Le Bureau de l’Assemblée nationale de la République Démocratique du Congo traverse une zone de fortes turbulences. Les menaces de destitution planent, et les députés nationaux paraissent résolus à renverser le président de la chambre basse, Vital Kamerhe, afin d’ouvrir la voie à une nouvelle équipe dirigeante. L’ancien « Pacificateur » de la politique congolaise ne fait plus l’unanimité : son image est ternie par des accusations de gestion solitaire et de négligence du social des députés. Des critiques qui rappellent les zones d’ombre de son passage sous Joseph Kabila, lorsqu’il avait déjà dû quitter le perchoir.
« Kamerhe navigue trop souvent à contre-courant du régime », lâchent certains de ses collègues, qui dénoncent une stratégie de court-circuitage et un désintérêt pour les préoccupations quotidiennes des élus et de leurs assistants. Beaucoup regrettent avec nostalgie « les temps Mboso », marqués par une plus grande attention au bien-être des parlementaires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le député Crispin Mbindule, cité par plusieurs médias, 131 signatures ont déjà été récoltées en faveur de la destitution de Kamerhe, largement au-delà du seuil requis. Et son cas n’est pas isolé. Le reste du Bureau est également fragilisé : la questeure Chimène Polipoli Lunda est ciblée par 119 signatures, son adjointe Grace Neema Paininye par 67, le rapporteur Jacques Ndjoli par 84, et Dominique Munongo, son adjointe, par 93. Seuls les deux vice-présidents, Jean-Claude Tshilumbayi (4 signatures seulement) et Christophe Mboso N’kodia Pwanga, sortent indemnes de ce tir groupé.
Le cas Mboso intrigue. Intouchable dans ce jeu de destitutions, il se révèle, paradoxalement, comme la figure la plus stable et rassurante. Ancien président de l’Assemblée nationale, il bénéficie d’une réputation forgée sur deux piliers : une gestion sociale jugée équitable et une parole franche dans les débats sécuritaires. Contrairement à d’autres, il ne caresse pas l’intrusion rwandaise ni ne s’abrite derrière des discours ambigus. Il condamne avec fermeté les agresseurs de l’Est et défend sans détour la position du pays.
Au-delà du Parlement, son appartenance au Kwango, « province des hommes intègres », nourrit aussi son crédit politique. Dans l’imaginaire national, cette province n’a jamais été associée ni à la corruption rampante ni aux rébellions contre les institutions. Ses fils, dit-on, incarnent une fidélité aux idéaux démocratiques et à l’État.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’un retour de Christophe Mboso au perchoir refait surface avec insistance. Le contraste entre son insignifiant nombre de détracteurs et l’hostilité croissante envers Kamerhe est frappant. Les députés, anciens comme nouveaux, semblent convaincus qu’il pourrait redonner à l’Assemblée nationale une stabilité et une légitimité en berne.
Reste désormais à savoir si l’Union Sacrée de la Nation, coalition au pouvoir, respectera ce mouvement interne et permettra aux élus d’exprimer librement leur choix. Le Palais du peuple n’a sans doute pas encore dit son dernier mot.
Émile YIMBU / CONGOPROFOND.NET